ACTE III, SCÈNE IV
LISETTE
Tout simple. Le jeune homme entend vanter à tous Certaine tragédie en six actes, de vous, Que l'on dit fort plaisante, et qu'il brûle d'entendre. Sans qu'il sache par qui, ni trop comment s'y prendre.
Et n'a-t-il pas Tarai qui me l'a présenté ?
LISETTE
Monsieur de l'Empyrée? Il aura plaisanté, De caustique et de fat joué les mauvais rôles, Et parlé de vos vers, en pliant les épaules.
FRANCALEU.
J'en croirais quelque chose, à son rire moqueur.
Le serpent de l'envie a sifflé dans son cœur.
Oh! bien, bien, double joie, en ce cas, pour le nôtre!
Je mortifierai l'un, et satisferai l'autre;
L'autre aussi bien m'a plu, comme il plaira partout.
I! a tout à fait l'air d'un homme de bon goûtj
Et d'ailleurs il me prend dans mon enthousiasme.
Je suis en train de rire, et veux, malgré mon asthme.
Lui lire tous mes vers, sans en excepter un.
LISETTE
Vous me déferez là d'un terrible importun.
TRANCALEU.
Va donc me le chercher.
LISETTE
Faites-en votre affaire.
Je me vais occuper d'un soin plus nécessaire. Il faut que je m'habille.
FRANCALEU.
Et pourquoi donc si tôt?
LISETTE
Voulant représenter Lucile comme il faut,
J'ôte dès à présent mes habits de soubrette.
Pour être, sou? les siens, plus libre et moins distraite.
FRANCALEU.
C'est fort bien avisé. Va, je me charge, moi...