‹ Œuvres choisis avec une analyse de son théâtre et des notesChapitre 88 sur 221 · ACTE V, SCÈNE IV BALIVEAU · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV BALIVEAU

Apprenez de moi qu'on ne voit guère Les honneurs^ en ce siècle, accueillir la misère : Et que la pauvreté, par qui tout s'avilit. Faite pour dégrader, rarement anoblit.

Forgez- vous des plaisirs de toutes les espèces. On fait comme on l'entend, quand on a vos richesses ; Mais lui, que voulez-vous qu'il devienne à la fin ? Son partage assuré, c'est la soif et la faim. Et d'un œil satisfait, on veut que je le voie? Soit ! à vos visions, je l'abandonne en proie. Il peut se reposer de ses nobles destins Sur ceux qui, dites vous, se l'arrachent des mains. Qu'il périsse! il est libre. Adieu!

FRANCALEU,

Je vous arrête, En véritable ami dont la réplique est prêle; Et vais vous faire voir, avec précision. Que nous ne sommes pas des gens à vision. Si j'admire en Damis un don qui vous irrite, Votre chagrin me touche, autant que son mérite; Afin donc (juc son sort ne vous alarme plus, J(; Iji donne ma (ille, avec cent mille écus.

BALIVEAU

^ vpc cent mille écus?

Eh bien! est-il à plaindre?

'';ir elle a do i'espril. est luHlo, faite à peindre...

230 LA M ET ROM AN lE

Holà! Qiicliiu'ijii!... Vous-même en jugerez ainsi.

(a un v^lc-t. )

Que l'on cherclie Lucile, et qu'elle vienne ici.

(a part.) Aussi bien elle hésite, et rien ne se décide.

(a Baliveau.)

Qu'est-ce? Vous mollissez? Votre front se déride? Vous paraissez ému !

BALIVEAU

Je le suis en effet.

Vous êtes un ami bien rare et bien parfait ! Un procédé si noble est-il imaginable!

Ne me trouvez donc pas, au fond, si condamnable. Nous perçons l'avenir ainsi que nous pouvons. Et sur le train des mœurs du s'ècle où nous vivons. Quand, à faire des vers, un jeune esprit s'adonne. Même en l'applaudissant, je vois qu'on l'abandonne, Damis, de ce côté, se porte avec chaleur. Et je ne lui pouvais pardonner son malheur; Mais, dès que d'un tel choix votre bonté l'honore...

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