‹ Œuvres choissiesChapitre 43 sur 232 · BOSSUET A M. CONRART, MEMBRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

BOSSUET A M. CONRART, MEMBRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

A Saint-Germain-en-Laye, 22 mai 1671.

Plusieurs de mes amis de la Cour, qui sont aussi de rAcadémie, m'ont témoigné souhaiter me voir remplir la place qui y vaque par la mort de M. l'abbé Chambon ; et m'ont voulu persuader qu'on me raccorderait volontiers, si je faisais connaître que je la désire. Vous pourrez mieux que personne répondre de mes sentiments là-

dessus, vous, Monsieur, qui êtes le plus ancien ami que j'aie dans cette compagnie et à qui j'ai fait tant de fois paraître Testime que j'ai pour elle. Je sais aussi que vous m'avez fait l'honneur de parler de moi, en cette occasion, d'une manière très obligeante. Ces raisons et la considération où je sais que vous êtes dans ce corps illustre, m'invitent à vous supplier de vouloir bien accepter le pouvoir que je vous donne, de dire en mon nom ce que vous jugerez nécessaire et convenable. Je serai aise de marquer à une si célèbre compagnie toute l'estime possible; et à la réserve de l'assiduité que mes attachements ne me permettront guère, je m'acquitterai avec joie de tous les devoirs qui pourront satisfaire le corps et les illustres particuliers qui le -composent. Je ne vous disrien pour vous-même, puisque vous savez il y a longtemps combien sincèrement je vous honore et avec quelle passion je suis votre très humble serviteur.

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