‹ Œuvres choissiesChapitre 83 sur 232 · BOSSUET PRÉCEPTEUR DU DAUPHIN LA PRÉDICATION · texte numérisé non relu

BOSSUET PRÉCEPTEUR DU DAUPHIN LA PRÉDICATION

Tout entier à ses fonctions de précepteur, Bossuet, depuis 1670, avait renoncé à la prédication. Il reparut en chaire en 1675, dans une circonstance particulièrement délicate. Mlle de La Vallière, qui avait perdu la faveur du roi depuis 1667, était restée à la cour, par la volonté expresse de Louis XIV. En 1674 elle put enfin réaliser un projet déjà ancien et entrer aux Carmélites pour y faire pénitence. Ni Louis XIV, ni la Montespan ne voyaient avec plaisir cette retraite qui semblait être pour leur conduite un vivant reproche. Bossuet soutint la pénitente de son crédit et de ses conseils; il ne put pas parler le jour de sa vêture, mais il prononça le sermon de sa profession.

Toute la cour était au pied de sa chaire. On savait que Bossuet avait joué dans l'atïaire La Vallière un rôle important et intime ; on attendait un récit piguant ou du moins des allusions. Toute la cour fut dêçufe. Bossliet, prêtre avant tout, dédaigna le succès facile qu il aurait pu remporter, et à Toccasion de Mlle de La Vallière pénitente, il prononça un éloquent et austère discours sur la pénitence. On le trouva, dit IMme de Sévigné, « moins divin » qu'on ne l'espérait. C'est le jugement des mondains. Lamartine, au contraire, affirme « qu'aucune parole ne peut pénétrer plus avant dansle vif de Tâme ni retentir plus haut, au-dessus des sanglots humains ».

A la suite des extraits de ce sermon, on trouvera ici un passage du sermon pour le jour de Pâques prononcé par Bossuet à Saint-Germain, le 6 avril 1681. Bossuet avait particulièrement soigné ce discours, dans lequel, disent les contemporains, il se surpassa.

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