ÉPIGRAMME A PHILIS
Le jour de l'An.
elle Philis, pour raesétrennes Ne me donnez rien dans les aines.
ODE Sur l'Hiver.
I a campagne a changé de face ; La neige couvre les guérets , Va les arbres de nos forêts Tremblent sous sa pesante masse.
Les peuples des fleuves glacés
Dans le cristal sont enchâssés ;
Et , parmi la terre déserte ,
Les animaux sans mouvement ,
Après la faim qu'ils ont soufferte ,
Se refont un nouveau tourment,
Et , tristes , regrettent la perte
Des jours de l'automne charmant.
Si parfois le soleil se montre Et nous paroît étinceler, Ses rayons d'or semblent geler Ce qui sous leurs feux se rencontre.
Tout l'air se distille en glaçons, Et, jusqu'au coin de nos tisons, Il répand une âpre froidure; Les plantes en sont à mourir; Et, si l'agréable verdure
178 OElVRES DIVERSES.
Ne vient bientôt les secourir, On craint que toute la nature Ne soit sur le point de périr.
Pour adoucir un peu la peine Où nous tient ce temps rigoureux, Nous buvons d'un vin savoureux Soir et matin à tasse pleine .
Les repas sont fournis de mets Meilleurs qu'on n'en servit jamais Aux tables les plus délicates.
On garnit les appartements De doubles châssis et de nattes ; Et , les grands foyers s'allumants , On sacriâe aux dieux pénates Des victimes à tous moments.
RONDEAU
De l'abbé de Cbaulieu
A Chapelle
Au nom de Monsieur de Jussac.
n jugement vous remportez le prix;
Chacun vous cède, et les meilleurs esprits ^ ^¥j{|^ Auprès de vous semblent baisser la lance
■ ■ Et se sauver dans un profond silence ,
Tant de vos dits ils se trouvent surpris.
Ce que nature ici bas a compris , Ce qu'elle enserre au céleste pourpris , Vous est connu par le don d'excellence En jugement.
D'un long savoir votre génie épris Aux plus savants a doctement appris A réveiller les beaux-arts d'indolence ; Et donne à tous si juste la balance, Qu'on ne sera d'aucun censeur repris En jugement.
RONDEAU
A Monsieur deJussac
En réponse au précédent.
uste Jussac, plus dévot qu'un bon prêtre ; Plus ennemi du méchant et du traître Que le prévôt qui les met en prison ; Toi qui du pauvre as, sans comparaison, Plus soin que ceux qui nous peuplent Bicétre,
Point n'est besoin à ton cœur de fenêtre Pour le juger et pleinement connoître En toute chose et en toute saison Juste.
Tel cependant tu ne te fais paroître En jugement quand tu me dis grand maître ; Et je n'en vois aucune autre raison , N'est que le saint chaque tour d'horizon Pèche sept fois , et ne laisse pas d'être Juste.