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Oeuvres

'ose vous adresser ce petit pamphlet : il est né ; comme naît un enfant du peuple, souffreteux et jrelotant; pour berceau, il n'a eu qu'un peu de ;^^^^;^P^. paille; les grands journaux n'ont point tinté à son entrée dans la \ie; les éditeurs de renom ne sont point venus lui présenter des dragées et lui offrir pour langes une couverture azurée, toute décorée de vignettes; la renommée l'a laissé tomber, tout meurtri, de ses genoux. J'ai eu souvent III 1

II LF.TTRK DE TILLIER A TIMOX.

la pensée de Ini chercher, pour l'aider à faire son chemin dans le monde, un illustre parrain. Mais trouver ce parrain n'était pas un petit embarras pour mol, qui, sauf M. Dupin que j'ai quelquefois entrevu, n'ai jamais connu de plus grand person- -jagc qu'un inspecteur d'écoles primaires. Enfin, après bien des hésitations, je me suis décidé à m'adresser à vous. Je me suis dit sans façon : « Timon et moi nous sommes

confrères confrères autant que le sont un soldat et un

maréchal de France. Timon est, avec Paul-Louis Courrier, presque le seul écrivain que je connaisse; ses petits livres composent toute ma bibliothèque, bi!)Iiothèque très portative et dont j'ai toujours au moins la moitié dans ma poche. Il ne dédaignera pas, pour peu que j'en vaille la peine, de me venir ne aide , et de tracer de son doigt une petite , toute petite auréole autour de mon nom. Je suis déjà son débiteur pour tous les bons jeudis qu'il m'a fait passer, pour les excellents modèles qu'il m'a fournis, pour les éclairs d'inspiration qu'il a fait luire dans mon obscure eelhile. Lui devoir un peu plus, lui devoir un peu moins, ce n'est pas une affaire. 11 y eu a tant d'autres qui lui doivent ! Et , d'ailleurs , Dieu nous fait payer ici-bas le loyer des avantages qu'il nous a départis. Comme ses avantages, la gloire a ses charges, et Timon a moins que tout autre le droit de s'y soustraire. Les écrivains d'autrefois dédiaient leurs ouvrages aux grands seigneurs et aux princes. Nos grands seigneurs à nous , hommes du peuple d'aujourd'hui, ce sont ces grands citoyens qui prennent nos libertés sans leur garde, et dont la plume est notre épée; nos princes, ce sont ces hommes d'élite <iui portent à leur front, au lieu d'une couronne d'or, une couronne de chêne et de lanrier. »

J'ose donc meltie mon petit pamphlet sous votre patronage. Je sais qu'il est bien indigne de vous être offert! Pauvre maître

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