I. A Confiance, à quelqu'un de bonne foi
N*as-tu point d'yeux, ne vois-tu pas que celle Où tu ^scritz, ses nouvelles te cèle ! Si tes envoys luy fussent agréables.
Elle t*eust faîct responces aniyables.
Croy-moy, amy, (jue les choses peu plaisent Quand on les voyt, si les yoyanjP* se taisent. »
Ainsi disoit Doubte, plaine d'esmoy.
Mais Ferme-Amour, qui estoit avecq moy.
Me dit : « Amant, il fault que tu t'asseures;' Te convient-il doubter en choses seures? Sçais-tu pas bien qu'en cueur de noble dame Loger ne peult ingratitude infâme?
S' elle a de toy quelcque escript apperceu, Croy qu'à grand joye aura esté receu , Leu et releu , baisé et rebaisé , Puys mis à part, comme ung trésor prisé.
Et si pour toy ne mect lettres en voye , Craincte ne veult que vers toy les envoyé , Car bien souvent lettres et messagers Les dames font tomber en gros dangers.
Parquoy, amy, ne laisse point à prendre La plume en main , en luy faisant apprendre Que quand jamais elle ne t'escriroit, Jà pour cela t' amour ne périroit.
Si par amour le'fais, comme je pense, Mal n'en viendra, mais plustost recompense, Pource que chose estant d'amour venue Voulentiers est |)ar amour recongnue.
Recongnois doncq que celle où tii t'adresses.