La comète
444 ŒUVRKS DE CLÉMKNT MAROT.
Chantez, mes vers, fresche douleur conceue. iNon, taisez-vous, c'est assez déploré : Elle est aux champs Elisiens receue, Hors des travaulx de ce monde esploré.
Là où elle est n'y a rien défloré,* Jamais le jour et les plaisirs n'y meurent: Jamais n'y meurt le vert* bien coloré.
Ne ceulx ^ avec qui là dedans demeurent.
(]ar toute odeur ambrosienne y fleurent,* Et n'ont jamais ne deux ne troys saisons, Mais ung printemps; et jamais ils ne pleurent Perte d'amyz, ainsi que nous faisons.
En ces beaulx champs et nayfves" maisons, Loyse vit, sans paour, peine ou mesaise; Et nous çii bas,** pleins d'humaines raisons. Sommes marriz, ce semble, de son ayse.
Là ne voyt rien qui en ri(»n luy desplaise: Là mange Iruict d'inestimable pris; Là boit liqueur qui toute soif appaise: Là congnoistra mille nobles espritz.
Tous animaulx plaisans y sont com|)ris, Et mille oysoaulx y font joye immortelle.