Le roman de Lancelot du Ijic; cycle de la Table Ronde
5. Par G. de Lorris et J. de Meun , fin du xiii* siècle. 0. Valère Maxime, historien romain, sous Tibère.
7. Paul Orose, historien espagnol, v*" siècle api^ès Jt^us-Chnst.
ÉLÉGIES. io
Je y ay trouvé suite de bons propos.
Avec un g mot qui â mis en repos
Mon cueur estant travaillé de tristesse,
Quand me souffrez* vous nommer ma maistresse.
Dieu nous doint donc, ma maistresse tresbefle (Puis qu'il vous plaist qu'ainsi je vous appelle), Dieu nous doint donc amoureux appétit.
De bien traicter vostre servant petit.
0 moy heureux d'avoir maistresse au monde, En qui vertu soubz grand beaulté abonde ! Tel est le bien qui me fut apporté Par vostre lettre où me suis conforté ; Dont je maintiens la plume bien beurrée,* Qui escripvit lettre tant désirée.
Bien heureuse est la main qui la ploya, Et qui vers moy, de grâce, l'envoya.
Bien heureux est qui apporter la sceut. Et plus heureux celluy qui la receut.
Tant plus avant ceste lettre lisoye En aise grand , tant plus me déduysoye.; Car mes ennuis sur le champ me laissèrent, Et mes plaisirs d'augmenter ne cessèrent. Tant que j'euz leu ung mot qui ordonnoit Que ceste lettre ardre me convenoit.
Lors mes plaisirs d'augmenter prindrent cesse ; Pensez adonc en quelle doubte et presse Mon cueur estoit. L'obéissance grande Que je vous doy, brusler me la commande; Et le plaisir que j'ay de la garder.
i . Lp mot par lequel vous me permettez de vous nommer, etc. *2. Hounuise.
i6 ŒUVRES DE CLÉMENT MAROT.
Me le deffend et m'en vient retarder.
AulcunesfoLs au feu je la boutois Pour la brusler, puis soubdain l'en ostois : Puis l'y remis, et puis l'en recullay.
Mais à la fin, à regret, la bruslay En disant : « Lettre (après l'avoir baisée), Puis qu'il luy plaist, tu seras embrasée; Car j'ayme mieulx dueil en obéissant.
Que tout plaisir en désobéissant. »
Voylà comment pouldre et cendre devint L'ayse plus grand qu'à moy oncques advint.
Mais si de vous j'ay encor quelcque lettre. Pour la brusler, ne la fauldra que mettre Près de mon cueur ; là elle trouvera Du feu assez , et si esprouvera (Combien ardente est l'amoureuse flamme Que mon las cueur pour voz vertus enflamme.
Vumoins en lieu des tourmens et ennuyz ()ue vostre amour me donne jours et nuictz. Je vous supply de prendre, |)Our tous metz, Lng crystallin miroyr que vous transmetz. En le prenant, grand joye m'adviendra.
(lar, comme croy, de moy vous souviendra. Quand là dedans mirerez ceste face Qui de beaulté toutes aultres elliice.
Il est bien vray, et tiens pour seureté Qu'il n'est miroyr, ne sera, n'a esté.
Qui sceust au vif moiistrer parfaictement Vostre beaulté; mais croyez seulement.
Si voz yeulx, clers plus que ce crystallin. Veissent mon cueur féal et non maling, Hz trouveroient là dedans imprimée
ÉLÉGIES. il
Au naturel votre face estimée.
Semblablement , avec vostre beau I té.
Vous y verriez la mienne loyaulté ; Et la voyant, votre gentil courage Pourroit m'aymer quelcque poinct d'advantage. Pleust or à Dieu , doncques , que puissiez veoir Dedans ce cueur, pour un tel heur avoir ;* ^ C'est le seul bien où je tends et aspire.
Et, pour la fin, rien je ne vous désire Fors que cela que vous vous désirez, Car mieulx que moy vos désirs choisirez.