‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 231 sur 340 · J(î vois · texte numérisé non relu

J(î vois

A ANNE

L*heur ou malheur de vostre congnoissance Est si doubteux en mon entendement Que je ne sçay sMl est en la puissance De mon esprit en faire jugement; Car si c'est heur, je sray certainement Qu ung bien est mal quand il n'est point durable; Si c'est malheur, ce m'est contentement De l'endurer pour chose si louable.*

!. (A'tto «'i)igrammo ost aussi attrihurc à M<.'llin do Saint-Gelais , avoc ce changonu'iit dans les quatre derniers vers :

L'iiear «.«st si graml que j'y crains chanpemont , Et riiour est mal, quan-l il n'est point durable. Au mal aussi y a cont«;ntemeiit D«î l'oiiduriT ptmr cli'»s(> si louablo.

KPIGRAMMES. S85

A UNE DAME POUR L'aLLER VEOIR.

Endormez bien Argus qui a tant d'yeux Et faictes tant que Dangier* se retire; Duisans* ne sont, mais par trop ennuiyeux A qui aller vers sa dame désire.

Là vous pourrez de bouche à loysir dire Ce, dont Tescript ung mot n'ose parler. Qu'en dictes-vous, ma dame, y dois-je aller? ^on, je y courray, mes emprises' sont telles. Comment courir! je y pourray bien voiler Car j'ay d'Amour avecques moy les aesles.

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