‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 268 sur 340 · Reste · texte numérisé non relu

Reste

Mais quand les ans t'auront faict homme fort. Plus ne sera de guerre aucun eiïort; Plus voille au vent ne fera la gallée^ Pour tralliquer dessus la mer sallée.

Ghascune terre à chascune cité Apportera toute commodité.

Arbres croistront d'eulx mesmes à la ligne; Besoing n'aura plus de serpe la vigne; Et ostera le laboureur champestre Aux bœufs le joug, plus ne feront que paistre. La laine plus n'aura besoing d'apprendre A fainctement diverses couleurs prendre ; Car le bélier en chascune saison De cramoisi portera la toison, Ou jaune, ou perse;* et chacun aignelet Sera vestu de pourpre violet.

Ce sont pour vray choses déterminées Par rimmuable arrest des destinées.

Commence, enfant, d'entrer en ce bon heur;

Reroy desjà et riiommage et l'honneur Du l)i(*n futur. Voy la ronde machine Qui souhz le poids de ta grandeur s'encline: Voy connne tout no se peult contenir De s'esgiiyor pour le siècle advenir.

0 si tant vivre en ce monde je peusse Qu'avant mourir loisir de chanter j'eusse Tes nobles fairts, ny Orphéus d(» Thrace, \y Apollo (pii Orphéus ellace

'i. Bl.'uAtrc.

Ne me vaincroit; non pas Clio la belle, Ny le dieu Pan, et Syringue y fust-elle!

Or vy, enfant, vy, enfant bien heureux, Donne à ta mère un doux ris amoureux , D'un petit ris commence à la congnoistre , Et fais les jours multiplier et croistre De ton ayeul, le grand berger de France, Qui en toy void renaistre son enfance.

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