‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 297 sur 340 · Remuer · texte numérisé non relu

Remuer

Dès qu'il la veoit , il mitigue et pallie Son parler aigre, et en faincte doulceur Luy dit ainsi :

« Vien-ça, fais-moi tout seur.

Je te supply, d'ung tel crime et forfaict. Je croiroys bien que tu ne Tas point faict, Car ton maintien n'est que des plus gaillards ; Mais je veulx bien congnoistre ces paillards , Qui avec toy feirent si chaulde esmorche. * Dy hardyment; as-tu paour qu'on t'escorche? Quand tu diras qui a faict le péché , Plus tost seras de noz mains dépesché.

Dequoy te sert la bouche tant fermée, Fors* de tenir ta personne enfermée?

Si tu dys vray, je te jure et promects Par le hault ciel, où je n'iray jamais,^ Que des enfers sortiras les brisées,* Pour t'en aller aux beaulx Champs Elysées , Où liberté faict vivre les esprits Qui de compter* vérité ont appris.

Vault-il pas mieulx doncques que tu la comptes Que d'endurer mille peines et hontes?

Certes si faict.* Aussi je ne croy mye Que soys mentem-, car ta phizionomie Ne le dict poinct ; et de maulvais affaire ^ Seroit celluy qui te vouldroit meffaire!

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