Mais
Et mon esprit se trouble Grandement et au double, En extresme soucy.
0 Seigneur plein de grâce, Jusques à quand sera-ce Que me lairras ainsi?
Hélas, Sire, retourne, D'en tour de moy destourne Ce merveilleux esmoy!
Certes grande est ma faulte.
Mais, par ta bonté haulte.
De mourir garde-moy.
Car en la mort cruelle Il n'est de toy nouvelle Mémoire ne renom.
Qui penses-tu qui die, Qui loue et psalmodie En la fosse ton nom!
Toute nuict tant travaille Que lict, chalict et paille.
En pleurs je fais noyer ; Et en eau goutte à goutte S'en va ma couche toute.
Par si fort larmoyer.
Mon œil pleurant sans cesse De despit et destresse, En un grand trouble est mis ; 11 est envieilly d'ire
386 OSUyRBS DB CLÉMENT MAROT.
De veoir entoar moy rire Mes plus graos ennemis.
Sus, sus, arrière, iniques.
Deslogez, tyranniques, De moy tous à la foys; Car le Dieu débonnaire De ma plaincte ordinaire A bien ouy la voix.
Le Seigneur en arrière N*a point mis ma prière, Exaulcé m'a des deux; Receu a ma demande.
Et ce que luy demande Accordé m'a et mieulx,
Doncques honteux deviennent.
Et pour vaincuz se tiennent Mes adversaires tous; Que chascun d'eulx s'esloigne, Subit, en grand vergoingne, Puis que Dieu m'est si doulx !