METAMORPHOSES D'OVIDE
L'aage doré sur tout resplendissant Fut le premier, au monde fleurissant, Auquel chascun , sans correcteur et loy, De son bon gré gardoit justice et foy. En peine et paour aucun ne souloit vivre. Loix menaçans ne se gravoient en cuivre Fisché en murs. Povres gens sans refuge Ne redoubtoient la face de leur juge; Mais en seurté se sçavoient accointer, Sans qu'il fallust juge à les appoincter.*
L'arbre du pin, charpenté et fendu, N'estoit encor des haultz montz descendu Sur les grans eaux, pour flotter et nager, Et en pays estrange voyager.
Hommes mortelz ne congnoissoient à l'heure' Fors seulement le lieu de leur demeure.
1. Nous extrayons ce passage de la traduction du premier livre des Métamorphoses, dont Marot, nous l'avons dit, traduisit deux livres.