‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 34 sur 340 · Mignonnes, délicates · texte numérisé non relu

Mignonnes, délicates

Mais je sç^y bien comme il ne croistra point Et ne poindra par moy, non plus qu'il poinct. Tant seulement fault que plus ne croyez Qu'il vient de moy; car certaines soyez Que si ma plume endroict vous * se courrousse , Il n'y aura blanche, noire, ny rousse, Qui bien ne sente augmenter son angoisse Et qui au doigt et à l'œil ne congnoisse Combien mieulx picque ung poëte de roy Que les rimeurs, qui ont faict le desroy.* Non que ce soit de picquer ma coustume. Mais il n'est boys si vert qui ne s'allume.

Tant plus me suis par escript excusé, Tant plus m'avez de parolle accusé.

Usant en moy de menasses follettes; Puis quand sentez voz puissances foiblettes. Allez quérant aux hommes allégeance, En leur chantant : Faictes-m'en la vengeance I

0 foible gent, qui ne se peult, en somme, D'honime venger sinon par secours d'homme ! Bon est l'ouvrier, qui ne feit pas égale Vostre puissance à la volunté maie, Puis qu'en tout cas et en toute saison, Vostre appétit surmonte la raison.

Ces motz ne vont jusques aux vertueuses; Mais dictes-moy, vous aultres bien fascheuses. Quand des Adieux j'eusse advoué l'affaire Sans m'excuser, qu'eussiez-vous sceu pis faire ? Vous me tenez termes plus rigoreux

\, Contre vous.

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