‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 62 sur 340 · A UNU SIEN \U\. SUR CE PROPOS · texte numérisé non relu

A UNU SIEN \U\. SUR CE PROPOS

Puis que le roy a désir de. me faire A ce besoing quelcque gracieux prest, J'en suis content, car j'en ay bien affaire, Et de signer ne fuz oncques si prest.

Parquoy vous pry sçavoir de combien c'est Qu'il veult céduUe, affm qu'il se contente. Je la feray tant seure, si Dieu plaist, Qu'il n'y perdra que l'argent et l'attente.

AU ROY

Non que par iiioy «oit arrogance prinse, Non que ce soit par curieuse emprinse ' D'escrire au Roy, pour tout cela ma plume D'ardant désir de voiler ne s allume.

Mon juste dueil seulement Ta contraincte De faire à vous, et non de vous, complaincte. Il vous a pieu , sire , de pleine grâce , Bien commander qu'on me meit en la place Du père mien, vostre serf humble mort; Mais la fortune, où luy plaist, rit et mord. Mors elle m'a, et ne m'a voulu rire, Ne mon nom faire en voz papiers escrire ; L' Estât est faict, les personnes rengées, Le parc est clos et les brebis logées Toutes, fors moy le moindre du troupeau Qui n'a toyson, ne laine sur la peau.

Si * ne peult pas grand los Fortune acquerre, Quand elle meine aux plus foybles la guerre; Las, pourquoy donc à mon bon heur s'oppose? Certes mon cas pendoit à peu de chose,

î . A cause de Pontreprise glorieu«ic.

'1. Pourtant.

Et ne falloit, sire, tant seulement

Qu'effacer Jan et escrire Clément.

Or en est Jan par son trespas hors mis ,

Et puis Clément par son malheur obmis.

C'est bien malheur, ou trop granë ^bliaiice;

Car quand à moy, j*ay ferme confiance,

Que vostre dire est ung divin oracle,

Où nul vivant n'oseroit mettre obstacle.

Telle tousjours a esté la paroUe

Des roys, de qui le bruict aux astres voile.

Je quiers sans plus, roy de los éternel, Estre héritier du seul bien paternel ; Seul bien je dy, d'autre n'en eust mon père, Ains s'en tenoit si content et prospère Qu'autre oraison ne faisoit icelluy Fors que peussiez vivre par dessus luy : ^ Car, vous vivant, tousjours se sentoit riche, Et, vous mourant, sa terre estoit en frische.

Si est-il mort ainsi qu'il demandoit.

Et me souvient, quand la mort attendoit, Qu'il me disoit, en me tenant la dextre :

« Filz, puisque Dieu t'a faict la grâce d' estre Vray héritier de mon peu de sçavoir, Quiers en le bien qu'on m'en a faict avoir. Tu congnois comme user en est décent : C'est ung sçavoir tant pur et innocent Qu'on n'en sçauroit à créature nuyre.

Par preschements le peuple on peult séduire. Par marchander,* tromper on le peult bien. Par playderie , on peult menger son bien ,

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