POUR LA PETITE PRINCESSE DE NAVARRE. A MADAME MARGUERITE
Voyant que la Royne, ma mère, Trouve, à présent, la ryme amère.
Ma dame, m'est prins fantasie De vous monstrer qu'en poésie Sa fille suis. Arrière prose, Puis que rimer maintenant j'ose.
Pour commencer donc à rimer :
Vous pouvez , ma dame , estimer Quel joye à la fille advenoit, Sçachant que la mère venoit; Et quelle joye est advenue, A toutes deux à sa venue.
Si vous n'en sçavez rien, j'espère.
Qu'au retour du Roy, vostre père.
Semblable joye sentirez , Puis des nouvelles m'en direz.