‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 86 sur 340 · ADIEUX A LA VILLE DE LYON · texte numérisé non relu

ADIEUX A LA VILLE DE LYON

Adieu, Lyon qui ne mords point, Lyon plus doulx que cent pucelles, Sinon quand Tennemy te poinct.

Alors ta fureur point ne cèles.

Adieu aussi à toutes celles Qui embellissent ton séjour : Adieu , faces claires et belles , Adieu vous dy, comme le jour. *

Adieu, cité de grand valeur, Va citoyens que j'ayme bien.

Dieu vous doint la fortune et Theur Meilleur que n'a esté le mien.

J'ay receu de vous tant de bien , Tant d'honneur et tant de bonté Que volun tiers dirois combien:

Mais il ne peult estre compté.

Adieu les vieillardz bien heureux , Plus ne faisans la court aux dames ,

1. Je suis tcntt^ dv compnMidre claires et belles comme le jour; bien qu'on puiss(> voir uno locution provorbiale dans dire adieu comme le jour.

Toutesfoys tousjours amoureux De vertu , qui repaist voz âmes.

Pour fuyr reproches et blasmes,* De composer ay entreprins Des épitaphes sur voz lames,* Si je ne suis le premier prins.

Adieu, enfans plein de sçavoir.

Dont mort l'homme ne deshérite :

Si bien souvent me vinstes veoir, Cela ne vient de mon mérite.

Grand mercy, ma Muse petite, C'est par vous ' et n'en suis marry : Pour belle femme Ton visite A tous les coups un layd mary.

Adieu la Sône* et son mignon Le Rosne qui court de * vistesse :

Tu t'en vas droicten Avignon, Vers Paris je prens mon addresse.^ Je diroys : adieu, ma maistresse; Mais le cas viendroit mieulx à poinct Si je disols : adieu jeunesse , Car la barbe grise me poinct.

Va, Lyon, que Dieu te gouverne!

Assez long temps s'est esbatu

i . Les reproclies qui s'attachent aux écrits frivoles. ^

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