‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 111 sur 296 · LIVRE 1, CHAPITRE LVin · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE LVin

(dist le moine) telle n'est mon exposition : le stille est de Merlin * le prophète : donnez y allégories et intelligences tant graves que voudrez; et y ravassez, vous et tout le monde, ainsi que voudrez. De ma part, je n'y pénse^* autre sens enclos qu'une description du jeu de paulme sous obscures paroles. Les suborneurs des gens sont les faiseurs de parties , qui sont ordinairement amis. Et , après les deux chasses faites, sort hors le jeu celuy qui y estoit, et l'autre y entre. On croit le premier qui dit si Testeuf est sus ou sous la chorde. Les eaux sont les sueurs. Les chordes des raquettes sont faites de boyaux de moutons ou de chèvres. La machine ronde est la pelotte ou l'esteuf. Apres le jeu , on se refraichit devant un clair feu, et change l'on de chemise. Et voluntiers banquette l'on , mais plus joyeusement ceux qui ont gaigné. Et grand chère.

mais il est à présumer que Gbderan étant présenté par les traditions de Maillezais comme un saint homme, Rabelais ne se sera fait aucun scrupule de le canoniser.

* Rabelais joue ici sur le nom de Merlin. Le poète Saint-Gelais , contemporain de Rabelais^ était appelé Mellin et Merlin de Saint- Gelais. Cette pièce de vers, qui lui est empruntée, étant écrite dans un style prophétique, notre auteur sembleà dessein le confondre avec le prophète Merlin, qui vivait an v*' siècle.

^ Cette fin est beaucoup plus courte dans Tédit. ant. à 1535 et dans, celle de 1535. Voici ce que nons lisons dans ces deux anciennes éditions :

« Je pense que c^est la description du jeu de paulme, et qu^ la machine ronde est Vesteuf^ et ces nerfs et 6àf/attx de besies innocentes saut les raquettes, et ces gens eS' chauféset debatans sont les joueurs»

La fin est que^ après avoir Men travaillé ^ s'en vont repaistre et grand chiere. >»

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