‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 22 sur 296 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

loy fit un restrinctif * si horrible que tous ses larjfys ^ tant furent oppilés ^ et reserrés qu'à grand peine^ avec les dents^ vous les eussiez eslargis ; qui est chose bien l^orrible à penser. Mesmement ^ que le diable ^ à la messe de saint Martin 5, cscrivant le caquet de deux guf^loises, à belles dents alongea bien son parchemin ^.

Par ccstinconf cnient, fure^it au dessus relaschés les cotylédons ^ de la matrice^ par lesquelz sursaulta Tenfant, et entra en la vene creuse *; et gravant^ par le diaphrago^e jusques au dessus des espaules, où ladite vene se part en deux , prit son chemin à gauche, et SQgtilpar rpreille, senestre. Soudain qu'il fut né, ne cria, comme les autres encans, JMieSy mies, mies : mais, à haute voix, s'escrioit, A boire, à boire, à boire! comme invitant tout le monde à boire, si bien qu'il fut ouy de tout le pays de Beusse et de Bibarois *«,

Je me double que ne croyez asseurement ceste estrapgo nativité. Si ne le croyez, je ne m'en soucie; mais un homme

Duchat, désigner une débauchée.

Villon a dit:

Filles sont très belles et gentes, Deniourantes à Sainet Genou.

' Médicament astringent, Popposé de clystère. Dans Y Ane. Th.

firanç. (t. I, pag. 1 52) , deux maris discutent quel remède il convient de donner à une femme, l'un prétendant que c'est un clystère, et l'autre un restrinctif. L'un des deux s'exprime ainsi :

Tu nous dis que le hiult se perd , Si le bas n'est tousioors ouvert; Et puis tu dis qu'il lu| faut prendre Un restrinctif.

^ Les membranes du vagin.

^ Bouchés.

^ De même que.

^ Pendant une messe qne disait saint Martin.

^ Allusion à une légende ,' ainsi racontée par Pierre Grosnet dans les Mots et Sentences dorées de Cathon, (Lyon et Paris, 1533.)

. En l'Ecclise de Dieu

Femmes ensemble caquetovent, Le diable y estoit en unç lieu , EscripTant ce qu'elles disoyent.

Son roUet plein de point en pQint • Tire aux dents pour le faire croistre.

Sa prinse eschappe et qe tient point.

Au pilier s'est heurté la teste.

' « Ce sont les abouchements et mamelons des veines et artères dedans la matrice, par lesquels se perd le sang menstrual , et se porte la nourriture de l'enfant dans la grossesse. »

( Tbévenin , méd. du roy, Dict.

de mots- grecs servant a la médecine. ) Le nom moderne est pla-tenta.

^ Appelée aujourd'hqi la veine cave.

^ Grimpant. Graver se dit encore en plusieurs de nos patois.

*^ Beusse, bourg et rivière du Loudunois.

Bibarois , c'est le Vivarais prononcé à la gasconne. Ces deux mots rappellent l'idée de boire.

de bien^ un homme de boa sens croit tousjours ce qu'on luy dit, et qu'il trouve par escrit. Ne dit Salonjon, Prof?erbiorum XIV? Innocens crédit omni verbo ^, etc. Et saint ?m\,prim. Corinthior. XIU : Ckaritas omnia crédit *. Pourquoy ne le croiriez vous? Pour ce, dictes vous, qu'il n'y a nulle apparenee. le vous dis que, pour ee»te seule cause, vous le devez croire, en foy parfeicte. Car les Sorbonistes disent que foy est argument des choses de nulle apparence. Est ce contre riostre loy, nostre foy, contre raison, contre la sainte Escriture? De ma part, je ne trouve rien escrit es Bibles saintes qui soit contre cela. Mais, si le vouloir de Dieu tel eust esté, diriez vous qu'il ne Teust peu faire? Ha, pour grâce, n'emburelucoquez jamais vos esprits de ces vaines pensées. Car je vous dis que à Dieu rien n'est impossible. Et, s'il vouloit, les femmes atiroient dorénavant ainsi leurs enfans par l'oreille. Bacchus ne fut il pas engendré par la cuisse de Jupiter? Rocquetailiade nasquit il pas du talon de sa mère ? Croquemouche , de la pantoufle de sa nourrice ? Minerve nasquit elle pas du cerveau par Toreille de Jupiter ? Adonis , par l'escorce d'une arbre de mirrhe ? Castor et Pollux, de la cocque d'un œuf, pont^ et esclos par Leda? Mais vous seriez bien davantage esbahis et estonriés, si je vous exposois présentement tout le chapitre de Pline, auquel parle des enfantemens estranges et contre nature. Et toutesfois je ne suis point menteur tant asseuré comme il a esté. Lisez le septiesme de sa Naturelle Histoire, chap. 3, et ne m'en tabustez plus l'entendement.

* L'innocent croit toute parole; ^ pondu. Pont est enoere usiié

' La charité croit tout. eu plusieurs patois.

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