‹ Œuvres, collationées sur les meilleurs textes (volume 2)Chapitre 132 sur 219 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Explication particulière de tous les changements qui arrivent au corps et à l'âme dans les passions.

On peut distinguer sept choses dans chacune de nos passions, excepté dans l'admiration, laquelle aussi n^est qu'une passion imparfaite.

La première chose est le jugement que l'esprit porte d'un objet, ou plutôt c'est la vue confuse ou distincte du rapport qu'un objet a avec nous.

La seconde est une actuelle détermination du mou\ement de la volonté vers cet objet, supposé qu'il soit ou qu'il paraisse un bien. Avant cette vue, le mouvement naturel de Tàme ou était indéterminé, c'est-à-dire qu'il se portait vers le bien en général; ou il était déterminé ailleurs parla connaissance de quelque autre objet particuhei*. Mais dans le moment que l'esprit aperçoit le rapport que cet objet nouveau a avec lui, ce mouvement général de la volonté est aussitôt déterminé conformément à ce que l'esprit aperçoit. Vkme s'approche de cet objet par son amour, afin de le goûter et de reconnaître son bien par le seTitiment de douceur que l'auteur de la nature lui donne comme une récompense naturelle de ce qu'elle se porte au bien. Elle jugeait que cet objet était un bien par une raison abstraite et qui ne la touchait pas ; mais elle en demeure convaincue par l'efficace du sentiment, et plus ce sentiment est vif, plus elle s'attache au bien qui semble le produire.

Mais si cet objet particulier est considéré comme mauvais ou comme capable de nous priver de quelque bien, il n'arrive point de nouvelle détermination au mouvement de la volonté, mais seulement une augmentation de mouvement vers le bien opposé à cet objet qui paraît mauvais, laquelle aug-

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