‹ Œuvres, collationées sur les meilleurs textes (volume 2)Chapitre 55 sur 219 · CHAPITRE XVÎI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVÎI

L Autre exemple tiré de la morale , lequel fait voir que nos sens ne nous offrent que de faux biens. — II. Qu'il n'y a que Dieu qui soit notre bien. ~ ni. Origine des erreurs des épicuriens et des stoïciens.

On a rapporté des preuves qui font, ce me semble, assez voir que ce préjugé, que nos sensations sont dans les objets. est un principe très-fécond en erreurs dans la physique. Il en faut maintenant apporter d'autres tirées de la morale, dans laquelle ce même préjugé joint avec celui-ci, que les objets de nos sens sont les véritables causes de nos sensations ^ est aus«i très-dangereux.

1. 11 n'y a rien de si commun dans le monde que de voir des personnes qui s'attachent aux biens sensibles : les uns aiment la musique, les autres la bonne chère, et d'autres enfin sont passionnés pour d'autres choses. Or voici à peu près de quelle manière ils doivent avoir raisonné pour s'être persuadé que tous ces objets sont des biens. Toutes ces saveurs agréables qui nous plaisent dans les festins, ces sons qui flattent l'oreille, et ces autres plaisirs que nous sentons en d'autres occasions, sont sans doute renfermés dans les objets sensibles, ou tout au moins ces objets nous les font sentir, et nous ne pouvons les goûter que par leur moyen. Or il n'est pas possible de douter que le plaisir ne soit bon , que la douleur ne soit mauA aise : nous en sommes intérieurement convaincus ;

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