mon Sauveur, pardonnez à mon ignorance/ à ma
» Lev. 26.
2 liebr. 7, 19; Gai. 3 et 4; llom. 4, il. 2, 2*.
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stupidité , à mon insensibilité Je ne connaissais point l'efficace de vos sacrements ; et parce qu'en les recevant je ne sentais rien d'extraordinaire, je les négligeais comme des éléments vicies de grâces et sans vertu. C'était la foi qui devait régler mes sentiments, il est \rai 11 me semble aussi qu'elle les a toujours réglés. Mais elle n'a guère réglé ma conduite. J'ai cru. du moins confusément, tout ce qu'elle propose à croire, mais je n'ai pas fait ce qu'elle ordonne de faire J'ai toujours été si stupide et si insensible pour tout ce qui regarde mon salut, que ce n'est que depuis que vous parlez à mon cœur que je me sens ému de mes désordres, et tout prêt à mener une autre vie. En effet , vous me parlez d'une manière si vive, que je sens bien que je vous suis cher, et que mes maux vous touchent infiniment plus que moi-même. Maintenant que vous êtes dans la gloire, devriez vous penser aux hommes? ÎNe devriez- vous pas être appliqué tout entier à contempler les per fections infinies de votre Père, et à jouir de votre bonheur ? Cependant vous pensez à nous , vous compatissez à nos misères *, vous sentez nos maux. 11 semble même à ceux qui jugent de la capacité des esprits par ce qu'ils éprouvent en eux-mêmes , que toute votre application tende à nous sauver. Car vous avez à tous moments mille désirs pour secourir ceux qui vous invoquent. Vous êtes averti de tous les besoins de vos membres et vous avez soin d'y pourvoir. Enfin vous conservez soigneusement dans votre âme des dispositions habituelles qui influent la grâce en plusieurs manières dans ceux qui s'approche des sacr e uents. 0 Seigneur î qu'il faut être aveugle pour s'égarer, vous ayant pour guide ; qu'il faut être misérable pour périr, vous ayant pour sauveur; qu'il faut être ingrat, abandonné, désespéré, pour vous connaître et vous offenser ! 0 mon unique maître, continuez de me parler de vos sacrements , et de l'usage que j'en dois faire pour obtenir et pour conserver la grâce sans laquelle je ne puis rien faire qui soit agréable aux yeux de Dieu.
41. Il y a, mon fils, sept sacrements : le baptême , la confirmation, la pénitence, l'eucharistie , l'extrême-onction , l'ordre et le mar iage. Je donne à l'homme un être tout nouveau par le baptême. Je lui communique mon esprit avec abondance par la confirmation. S'il tombe dans le péché , je
*Hebr. 4, 15; Act.9, 5.
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le relève par la pénitence Je le nourris d'une nourriture toute divine par l'eucharistie Je le délivre de ses infirmités par l'extrême-onction. Je donne par Tordre à mon Eglise des évêques , des prêtres , des ministres , pour la conduire en mon nom et par ma puissance Et j'unis l'homme avec la femme par le lien indissoluble du mariage, pour figurer sans cesse l'amour que j'aurai éternellement pour l'Eglise mon épouse, et afin que les chr étiens me fournissent les matériaux nécessaires à mon dessein , avec une intention d'autant plus pure et plus sainte, que l'union des corps est impure et brutale dans les autres hommes. Je ne veux pas, mon fils, te parler en détail des sacrements que tu as déjà reçus, ni de ceux qu'on ne reçoit que rarement: je m'arrêterai seulement à la pénitence et à l'eucharistie , comme étant les seuls dont l'usage t'est plus nécessaire pour te purifier de tes péchés, et pour fortifier ta charité contre les efforts continuels de la concupiscence.
12 Afin que tu conçoives bien l'effet principal du sacrement de pénitence, il faut que je t'explique la différence qu'il y a entre l'état de grâce et celui de péché, et comment on passe de l'un à l'autre Tu sais bien que l'homme est enétat de grâce lorsque la charité domine dans son cœur, et qu'il est en état de péché lorsque la concupiscence règne en lui; mais cela, mon fils, est si général que tu n'en peux rien conclure de reflet des sacrements Ecoute-moi donc . et consulte en même iempsle sentiment intérieur que tu as de ce qui se passe en toi.
13. La volonté de l'homme peut aimer un objet en deux manières différentes , d'un amour actuel et d'un amour habituel. L'amour actuel est un mouvement par lequel l'âme est transportée vers le bien Cet amour est naturel et nécessaire avant le consentement libre de la volonté ; et il est libre, raisonnable et méritoire, du moins d'une récompense médiocre et commune, lorsque l'esprit n'est poini porté invinciblement à consentir à ce mouvement naturel, et qu'il y consent avec choix et par raison. Màisilest méritoire d'un bonheur extraordinaire, lorsqu'on sacrifie à cet amour raisonnable quelque amour naturel que le sentiment du bien a produit dans l'âme. Lorsque l'esprit se conduit par raison , il mérite de jouir des droits dus à la nature raisonnable; mais, pour mériter un état plus heureux, il ne suffit pas de se conduire par raison,
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il faut offrir à Dieu quelque sacrifice. Il faut ou souffrir quelque mal en l'honneur du vrai bien, ou du moins se priver pour l'amour de lui de quelque bien dont on pourrait librement jouir si on le voulait. C'est pour cela que Dieu défendit aux premiers hommes de manger du fruit beau à voir et agréable au goût. C'est pour cela que la concupiscence même est très-Utile à mes desseins Car elle fournit aux hommes la matière de divers sacrifices, et plusieurs sujets de mérite et de récompense.
14. I/amour habituel n'est point un mouvement de l'âme, mais un poids, une inclination, une disposition à ce mouvoir. Cet amour ne peut s'exprimer que par des termes généraux et métaphoriques. Car, comme l'homme n'a point d'idées distinctes del'àme l, il n'est pas possible de lui marquer distinctement en quoi consiste la nature de ses habitudes. Certainement on ne peut pas expliquer clairement les manières ou les attributs des êtres dont on n'a point d'idée claire Si tu n'avais point une idée claire de l'étendue , tu ne pourrais jamais concevoir ce que c'est qu'un cercle, une sphère, un cube, un cylindre; ainsi on ne pourrait jamais te faire comprendre pourquoi une sphère est plus facile à remuer qu'un cube, pourquoi un cylindre ne peut pas se mouvoir facilement en tous sens , et d'autres choses semblables.
15. Lorsqu'on est agité de quelque amour actuel , soit naturel, soit raisonnable, on ne connaît point clairement ce que c'est «pie cet amour; mais on sent bien son action, car on a conscience ou sentiment intérieur rie tous ses sentiments et de tous ses mouvements actuels. Mais il n'en est pas de même de l'a nour habituel Toutes les dispositions de l ame lui sont entièrement inconnues, si ce n'est lorsqu'elles sont excitées Et alors , quoiqu'elle sente bien qu'elle est disposée à aimer certains objets, elle ne peut juger que fort confusément de la force et de la grandeur de sa disposition actuelle, elle ne peut la comparer avec celle qu'elle n'éprouve point en elle dans ce moment Et c'est pourcelaque l'homme ne peut s'assurer si c'est la charité ou la concupiscence qui règne en lui.
16. Or l'amour habituel, aussi bien que l'actuel, se divise en
1 Rech. de la f éritè, chap. 7 de la seconde partie du liv. III, et dans ['Éclaircissement sur ce même chapitre.
deux espèces : en amour habituel naturel, et en amour habituel raisonnable ; j'oppose ici naturel à raison nable Le naturel est produit en l'homme par des senti nenls qui préviennent sa raison , qui remplissent la capacité qu'il a de penser, et qui le portent ainsi d'une manière invincible à aimer l'objet qui les cause ou qui semble les causer. Le raisonnable au contraire est produit en l'homme par des mouvements médiocres, qui naissent de la lumière, ou qui ne sont point invincibles. Car l'amour actuel produit naturellement un amour habituel de même espèce
17. Or l'amour habituel, quoique nécessaire et naturel, est bon lorsqu'il a Dieu pour objet, et il est mauvais et déréglé lorsqu'il se rapporte aux objets sensibles Mais , pour être bon ou mauvais, il n'est pas pour cela digne de punition ou de récompense ; un entant qui vient au monde avec un amour habituel naturel et nécessaire , qui le dérègle et qui le dispose à préférer à Dieu les objets sensibles, est fils de colère. Dieu le hait , car son cœur est déréglé , et Dieu ne peut aimer que Tordre II sera donc damné et prrvé de l'héritage des entants. Mais il ne sera pas pun, de la peine qui est due au mauvais usage delà liberté De môme un enfant qui reçoit par le baptême la charité habituelle, ou un amour dominant de l'ordre et de la justice, mais naturel et nécessaire, est certainement chéri de Dieu; car son cœur est réglé, et Dieu aime Tordre 11 sera donc sauvé , il aura part à l'héritage des enfants. Mais ce ne sera que par pure grâce qu'il recevra la récompense qui n'est due qu'au bon usage qu'un fait de sa liberté par le secours de la grâce.
18 Lorsque dans un cœur il y a deux amours habituels de différente espèce , je veux dire Tun naturel et nécessaire, et l'autre raisonnable et méritoire, Dieu a toujours plus d'égard au raisonnable qu'au naturel. Ainsi, quoique la concupiscence soit plus vive que la charité, et que les justes mêmes aient plus de disposition au mal qu'au bien, néanmoins ils ne laissent pas d'être agréables à Dieu ; supposé que leur concupiscence soit naturelle et nécessaire; car si elle règne en eux parleur faute, ils sont pécheurs devant Dieu. Un homme est donc juste lorsque son amour habituel et. libre est plus fort pour le bien que pour le mal, et que son cœur est plus disposé par cette espèce d'amour habituel à aimer Dieu que les créatures.
19. Or il faut; mon fils, que tu remarques avec soin que l'homme n'agit pas toujours par la force de son amour dominant , et que celui qui est plus ambitieux qu'avare agit souvent par un mouvement d'avarice. La raison de ceci est que, l'amour habituel n'agissant que lorsqu'il est excité, si l'amour habituel des honneurs dort, pour ainsi dire, lorsque l'amour des richesses est éveillé , celui qui est plus ambitieux qu'avare aimera actuellement les richesses plus que les honneurs . quoique habituellement il soit plus disposé à J'amour des honneurs qu'à celui des richesses Ainsi celui qui aime habituellement l'ordre et la justice par-dessus toutes choses peut commettre une injustice ; et, au contraire, celui qui a plus de disposition habituelle pour s'enrichir que pour rendre justice peut, sans changer de disposition dominante , agir par amour pour la justice
20. Le pécheur dont l'amour habituel des taux biens est plus grand que l'amour habituel de l'ordre et de la j istice peut donc , par le secours de la grâce, qui excite l'amour habituel, quoique faible , qu'il a pour l'ordre, préférer actuellement Dieu à toutes choses. Or, comme un acte d'amour de Dieu ne change pas d'ordinaire l'état de l'âme, elle demeure encore habituellement disposée, par une habitude acquise avec liberté , à préférer l'objet de sa passion à tout autre. Le pécheur qui a formé cet acte d'amour ne devient pas pour cela juste devant Dieu, puisqu'il n'a pas encore la charité; mais si ce pécheur , qui forme ou qui a formé par le secours de ma grâce un acte d'amour de Dieu sur toutes choses, s'approche du sacrement de pénitence avant que de l'avoir rétracté, sache, mon fils, qu'il reçoit, par l'efficace de ce sacrement , la charité dominante ou la grâce justifiante *. Ainsi la préparation nécessaire au sacrement de pénitence renferme quelque amour de Dieu sur toutes choses; et néanmoins ce sacrement n'est pas inutile à la justification : nonseuiement parce que tout amour actuel ou virtuel de Dieu sur toutes choses ne justifie pas le pécheur , mais encore parce que ce sacrement augmente la charité dans les justes qui s'en approchent avec les dispositions nécessaires.
21. 11 y a, mon fils, cette difteren ce entre un acte de contrition et un acte d'attrition, que le premier renferme un acte
1 Conc, rWcf., sess. 14, çgp. 4.
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d'amour de Dieu assez fort pour changer la disposition habituelle de l'âme , car les actes forment et changent les habitudes; et que le second renferme bien quelque amour de Dieu, mais trop imparfait et trop faible pour vaincre l'habitude qui lui est contraire. Après un acte de contrition, le pécheur devient juste, puisqu'il se trouve habituellement disposé à préférer Dieu à toutes choses. Le sacrement ne le justifie pas, mais il augmente sa charité et le droit qu'il a aux secours nécessaires pour la conserver. Mais après un acte d'attrilion, le pécheur demeure encore pécheur Quoique actuellement il préfère le Créateur à la créature , il est toujours habituellement disposé à préférer la créature an Créateur. De sorte que s'il meurt sans recevoir la grâce du sacrement , Dieu , qui juge l'âme selon la disposition habituelle et constante qu i! trouve en elle, et non pas selon les dispositions actuelles, qui changent à tous moments, ne peut qu'il ne la condamne comme criminelle et digne des peines de l'enfer.
22. Ainsi , mon fils, comme tu ne peux pas t'assurer si tu as la charité , tu négliges fort ton salut si tu négliges de Rapprocher souvent du sacrement de pénitence pour te purifier de tes péchés. Prends garde, néanmoins, à ne pas abuser de ma bonté; prépare-toi à une action si sainte par la prière et par un sincère repentir ; lave tes péchés de tes larmes avant que de les laver dans mon sang; car ce sang , qui apaise la colère de Dieu, crie vengeance contre .eux qui le répandent et qui le profanent. C'est moi, mon fils, qui baptise, qui confirme, qui absous le pécheur de ses péchés Ne t'imagine pas que tu te confesses à un homme sujet à l'erreur; pense que c'est à moi même que tu as afi'aire : ne me déguise d ne rien; humilie-toi , repens loi de l'état misérable où le péché te réduit, et je romprai les liens qui te tiennent captif sous la domination du démon.
0 mon Jésus! vous me faites peur! je crains de paraître devant vous et de vous découvrir mes ulcères! Si je touche seulement par derrière la frange de votre robe, je serai guéri. Pourquoi paraître devant votre face? Vous savez mes désordres : pourquoi vous les déclarer? Je crains de profaner votre sang; je crains...
23. Tu crains mon fils, de me reconnaître pour ton sauveur et de me découvrir tes maux comme à ton médecin ?
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Est-ce que tu veux m'éprouver pour ton juge? Si je na te lave point dans mon sang tu n'auras point de part à mon héritage,- et si tu ne me déclares point tes péchés en la personne de mes ministres, je ne t'en donnerai point par eux l'absolution. Mes prêtres me représentent : ils ne doivent pas agir comme des aveugles ; ils doivent savoir ce qu'ils font. Ils sont juges, ils sont médecins : peuvent-ils agir sans connaissance? Prends garde, mon fils, que ta paresse et ta négligence ne soit le principe de ta crainte, et que la honte de dire à un homme ce q\ e tu n'as pas honte de faire aux yeux de Dieu ne t'empêche de découvrir tes désordres. Écoute-moi : voici comment tu dois te préparer à recevoir l'absolution de tes péchés dans le sacrement de pénitence.
24. Lorsque tu sens ta conscience chargée de quelque péché, c'est moi, comme ta raison , qui te fais déjà sentir ce poids, et qui excite, pour ton bien , les remords qui te troublent et qui t'inquiètent. Pense donc d'abord à la sainteté de Dieu, crains sa justice, et dis-toi souvent à toi-même que c'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! La mort est incertaine, et l'éternité la suit. Souvienstoi ensuite que je suis le sauveur des pécheurs, et que tu as en ma personne un puissant intercesseur auprès de Dieu. Pleure gémis, humilie-toi, méprise-toi dans l'état misérable où le péché t'a réduit , et invoque moi avec confiance et avec joie : tu honoreras mes qualités, et je me ferai un plaisir de te délivrer des maux qui t'accablent. Je récompenserai ta foi, et tu seras convaincu que j'ai véritablement la qualité que tu me donnes. Viens donc dans le mouvement d'amour que je t'inspire pour récompenser ta confiance ; viens te prosterner à mes pieds en la personne du prêtre , et me confesser tes désordres avec humilité, sincérité, repentance. Sers-toi du mouvement actuel que je te donne pour obtenir, par l'efficace du sacrement, la charité justifiante, l'amour dominant de l'ordre et de la justice que tu as perdu. Ne remets point ta conversion , n'endurcis point ton cœur, ne te rends point plus criminel par une indift'é: ence mortelle et par une nonchalance fort périlleuse. Ecoute-moi dans la peisonne du prêtre, comme ton juge aussi bien que ton sauveur; ne résiste point à la pénitence qu'il t'impose; compare les peines qu'il t'ordonne avec celles dont il te délivre et avec la grâce inestimable qu'il te communique par le sacrement*; grâce qui te met au
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nombre des enfants de Dieu et qui te donne droit aux biens éternels. Ne pense pas à chercher d'autres prêtres plus indulgents, car je ne te ferai peut-être pas demain la grâce que je te ferais aujourd'hui Je suis d'autant plus indulgent que mes ministres sont sévères; et les pécheurs, qui veulent trouver des prêtres indulgents, ne trouveront pas toujours en ma personne un sauveur incessamment appliqué à les délivrer de leurs misères. Enfin, mon (ils, lorsque tu as reçu l'absolution, n'oublie pas aussitôt tes offenses et ma bonté. Souviens-toi que tu as été délivré des peines éternelles et que tu as été lavé dans mon sang. Conserve avec soin ta charité ; ne laisse point éteindre l'esprit qui t'anime; les rechutes sont dangereuses; il faut plus de grâces, et 'j'en donne moins. Veille , prie , évite les occasions du péché, et n'attends pas à te relever que ta chute t'ait donné la mort ou fait rendu insensible à la perte que tu as faite Prends pour directeur une personne qui ait de l'expérience, de la piété , de la science; examine bien pour faire un bon choix, mais ne change plus. Tu ne changes pas volontiers ton mé leein lorsque tu es persuadé qu'il connaît bien ton tempérament et tes infirmités. Prends garde, néanmoins, à ne pas le croire sur sa parole s'il te donne des conseils opposés aux miens. Lorsque je te parle clairement dans le plus secret de ta raison , tu ne dois plus consulter personne : ton confesseur est sujet à Terreur, il te peut tromper; il a de la complaisance, il est sensible à l'amitié, il te peut flatter Préfère néanmoins à ton sentiment celui de ton directeur, lorsque tu peux le suivre sans remords et sans inquiétude : tu dois me préférer à ton directeur; mais, dans le doute, tu ne dois jamais te préférer à personne.
25. Je vous rends grâce . mon Sauveur et mon unique maître, des remèdes excellents que vous apportez à nos maux et des instructions salutaires que vous me donnez pour m'en servir utilement. Hélas! en combien de manières appliquezvous aux pécheurs le prix de votre sang! et que ne faites-vous point pour me faciliter le chemin qui me doit rendre éternellement heureux ! Seigneur, que notre salut vous est cher! mais que l'homme est ingrat, qu'il est insensible ! 11 ne sent point ses maux, il ne reconnaît point vos bienfaits ! Semblable à un malade insensé qui insulte aux médecins et qui, tout moribond qu'il est, s'imagine avoir assez de force pour vaquer à ses affaires, il ne sent point, Seigneur, son impuissance
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pour le bien et méprise fièrement les ordonnances que vous lui prescrivez 0 sage médecin de mon àme! je veux suivie humblement vos consei s el me servir de vos remèdes avec tous les sentiments possibles de reconnaissance! Lavez-moi, purifiez moi dans votre sang, rendez-moi la vie par votre mort; ne permet'ez point que je m'égare et que je r tombe dans mes désordres; donnez-moi enfin un conducteur fidèle qui me conduise dans vos voies, qui me soutienne dans mes faiblesses, et qui me relève promptement et charitablement de mes chutes !