‹ Œuvres. Collationnée sur les meilleurs textes, et prédédée d'une introdChapitre 48 sur 117 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De la rétention.

i; 1, 2. Philalèthe. L'autre faculté de l'esprit, par laquelle il avance plus vers la connaissance des choses que par la simple perception, c'est ce que je nomme rétention, qui conserve les connaissances reçues par les sens ou par la réflexion. La rétention se fait en deux manières : en conservant actuellement l'idée présente, ce que j'appelle contemplation, et en «aidant la puissance de les ramener devant l'esprit, et c'est ce qu'on appelle mémoire.

Théophile. On relient aussi et on contemple les connaissances innées, et bien souvent on ne saurait distinguer l'inné de l'acquis. Il y a aussi une perception des images, ou qui sont déjà depuis quelque temps, ou qui se forment de nouveau en nous.

>j 2. Philalèthe. Mais on croit chez nous que ces images ou idées cessent d'être quelque chose dès qu'elles ne sont point actuellement aperçues, et que dire qu'il y a des idées de réserve dans la mémoire, cela ne signifie dans le fond autre chose si ce n'est que l'âme a, en plusieurs rencontres, la puissance de réveiller les perceptions qu'elle a déjà eues, avec un sentiment qui la puisse convaincre en même temps qu'elle a eu auparavant ces sortes de perceptions.

Théophile. Si les idées n'étaient que les formes ou façons des pensées, elles cesseraient avec elles; mais vous-même avez reconnu, monsieur, 'qu'elles en sont les objets internes, et de cette manière elles peuvent subsister; et je m'étonne (pie vous vous puisnez toujours payer de ces puissances ou facultés nues, que vous rejetteriez apparemment dans les philosophes de l'école. Il faudrait expliquer un peu plus distinctement en quoi consiste cette faculté et comment elle s'exerce, et cela ferait connaître qu'il y a des dispositions qui sont (\c> restes des impressions passées dans l'âme aussi bien que dans le corps, mais dont on ne s'aperçoit que lorsque la mémoire en trouve quelque occasion. Et si rien ne restait des pensées passées aussitôt qu'on n'\ pense plus, il ne serait point, possible d'expliquer comment on en peut, garder le souvenir; ci, recourir pour cela à celle faculté nue, c'est ne rien dire d'inteligible.

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