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d'important caché sous cette manière d'énigme. La substance en
grosses lettres pourrait faire soupçonner qu'il conçoit la production de la matière comme celle des accidents , qu'on ne fait point, de difficulté de tirer du néant : et distinguant sa pensée singulière de la « philosophie qui est présentement fondée dans le monde . » ou dans cet endroit de la terre, » je ne sais s'il n'a pas eu en vue les platoniciens, qui prenaient la matière pour quelque chose de fuyant et de passager, à la manière des accidents , et avaient une tout autre idée des esprits et des âmes.
§ 19. Philalèthe. Enfin, si quelques-uns nient la création, par laquelle les choses sont faites de rien, parce qu'ils ne la sauraient concevoir, notre auteur, écrivant avant qu'il ait su votre découverte sur la raison de l'union de l'âme et du corps , leur objecte qu'ils ne comprennent pas comment les mouvements volontaires sont produits dans les corps par la volonté de l'âme et ne laissent pas de le croire, convaincus par l'expérience; et il réplique avecraison à ceux qui répondent que l'âme, ne pouvant produire un nouveau mouvement , produit seulement une nouvelle détermination des esprits animaux; il leur réplique, dis-je, que l'un est aussi inconcevable que l'autre. Et rien ne peut être mieux dit que ce qu'il ajoute à cette occasion , que vouloir borner ce que Dieu peut faire à ce que nous pouvons comprendre , c'est donner une étendue infinie à notre compréhension, ou faire Dieu lui-même fini.
Théophile. Quoique maintenant la difficulté sur l'union de l'âme et du corps soit levée à mon avis, il en reste ailleurs. J'ai montré a posteriori, par l'harmonie préétablie, que toutes les monades ont reçu leur origine de Dieu et en dépendent. Cependant on n'en saurait comprendre le comment en détail; et dans le fond , leur conservation n'est autre chose qu'une création continuelle, comme les scolastiques l'ont fort bien reconnu.