L-'^TONîTE (le fils de), Apollon
Latrialeiient, avec un culte de latrie.
Latrie, culte.
Laudateur, qui loue.
La vailles, eaux ménagères.
Lavaret, espèce de saumon.
Laved.\n, cheval du pays de ce nom, en Bigorre.
Laver la coiffe iiadasie, un des jeux de Gargantua; on ignore en quoi il consistait.
L.'vvE, route dans un bois, et par suite le bois ou la forêt.
Layz, lais, frères lais, serviteurs des couvents.
Le.vstjer, Léandre, amant de Héro.
LÉANS, là, là-dedans.
Lecanom.\ntie, divination à l'aide d'un bassin plein d'eau.
Lectiere, litière.
GLOSSAIRE ET NOTES
Lectde, la tue.
Lede, Léda.
Legiere, facile.
Legieremext, facilement.
Legiereté des pieds, légèreté, vitesse.
Legugé, prieuré du bas Poitou.
Lelapes, vent accompagné de pluie.
Le.movique, de Limoges, limousin.
Lémures, fantômes nocturnes.
Lexdole, nom qu'on donnait à Marseille à la chélidoine ou hirondelle de mer.
Lextisce, lentisque.
Lentules, nom d'une branche illustre de la ^ens Cornelia. Lentulus venait de lens, lentille.
Leox, lion.
Leonicus, Nicolo Leonico, Vénitien, auteur d'un livre intitulé Sannutus sive de liido talario, Paris, 1530; Lyon, Gryphe, 1532, 1542.
Leschar, gourmand, noceur.
Lecsiie, petite tranche, légère traînée.
Let.\xies, litanie?.
Lethe, fleuve infernal.
Letr.\ix, lutrin.
Leuce, blanc, du grec 'Kvjv.'jt.
Leucece, Lucece, Lutèce, Paris. — Voyez Blanchette.
Leur, régime, reçoit ou ne reçoit pas la marque du pluriel. On rencontre : « il leurs dit, il leurs adressa, etc. », aussi fréquemment que : « U leur dit, il leur adressa ».
Leutiier, laurier : « Souppe de leurier », soupe au lait, dans laquelle on faisait infuser quelques feuilles de laurier.
Leurre, forme d'oiseau pour rappeler le faucon, appât, tromperie.
Levain', locution proverbiale : « Qui au soir ne laisse levain, jà ne fera au matin lever paste ».
Levé, levé, au jeu de cartes : t Pour ce jeu, nous ne voulerons pas, car j'ay faict un levé ».
Le Vexei:-r (cardinal). « Le noble cardinal le Veneur », suivant Le Ducliat, c'est Jean le Veneur-Carrouges, évoque de Lisieux, fait cardinal en 1533 par Clément VII. — J. de La Bruyère- Champier dit au livre XV, chapitre xxxii. De rc cibaria, que, pour ne manquer jamais de perdrix, ce cardinal les faisait nourrir toute l'année en une de ses maisons de campagne.
Len'ER, se lever :
Lever matin n'est point bonheur; Boyre matin est le meilleur.
Rabelais modifie le dicton vulgaire :
Lever matin n'est point bonheur, Mais venir à point est meilleur.-
GLOSSAIRE KT \OTES
Lever guerre, faire la guerre, movire \ beilum.
Lexif, lessive.
Lez. près, auprès de.
Lheritier, musicien contemporain de Rabelais.
Lhormont (hermite de), entre Blaye et Bordeaux.
I4, forme ancienne de /f et de les ; * De par li bon Dieu et 11 bons homs ».
LiARD, monnaie.
LiBANOMAXTiE, divination par la fiunée de l'encens.
LiBENTissEMENT, très volontiers.
Libères (personnes), nobles, généreuses, bien nées.
Librairie, bibliothèque.
LIBtJR^^CQUES, bâtiments à rames des Libumiens (Dalmatiens).
LiCÉ, lisse, imi, nivelé.
LicENTiÉ, ayant licence, autorisation :
€ Licentié à faire ce qu'on veut ».
LlCENTlER, donner licence, permettre.
LiCHECiSSE, Icdie-casseroles, marmiton.
LiCHEFRETES, lècliefritcs.
LicT SANS CIEL, calembour ou homonymie, poiu" licencié.
LiEGÉ, garni de Hêge.
Liesse, joie, gaieté. ,
LiFRELOPRE, grand buveur, comme les Suisses et les Allemands, dont ce nom imite le baragouin. Pantagniel joue sur ce mot et sur le mot philosophe, au chapitre n du livre II.
LiGNADE, provision de bois.
LiGNÉAKE : a En forme lignéare », (livre V, chapitre xxrv') paraît signifier, comme l'entend M. Burgaud des Marets, en forme de potence, c'est-à-dire en passant une case et en sautant de côté.
LiGUOiiBE.\txx, espèce d'écrevisses.
LlcrRXE, la côte de Gênes.
LiGVSTiQUE (mer), golfe de Gênes.
LniAciALE (ligne), ligne spirale, tournée eu colimaçon.
Lm.'issox, limaçon.
LiiL\z, limasses, limaçons.
Limbe, bordiu^e.
LiMESTRE. • — Voyez Louchefs.
Limons, Limoux, station thermale.
LiMOSiN, Lymosin. Limousin. L« jargon de l'écolier limousin (cliapitre v, du livre II) est une satire amusante de l'abxis des mots latins francisés qui sévissait étrangement à cette époque.
H n'est pas probable que Rabelais ait visé un écrivain particulier; il a frondé iin travers général. On pourrait citer des morceaux écrits sérieusement qui sont à peine moins chargés que le ramage du Limousin. Biaise d'Auriol,
poète et prcsateur du temps, commence ainsi la Départie d'amours :
« Enclos dans mon secret repagule, sur celluy point que oppacosité noctiale a termine ses umbrages et Diane commencé ses rays illuminatifs, par le dinias universel espandre, etc. » Rabelais lui-même abuse des mots tirés du grec et du latin.
Lorsqu'il reprend son patois naturel, le Limousin s'écrie : « Vee dicou, gentilastre, etc. », c'est-à-dire : « Et dites donc, mon gentilhomme ! O saint IVIartial, à mon secours ! Ho ! ho !
finissez, au nom de Dieu, et ne me frappez pas ! »
LiNACER (Thomas), médecin du roi d'Angleterre Edouard V.
Lin CEUX, draps.
LiNE, Ugne.
Lingue, langue.
LiNOSTOLiE, robe de lin.
LiPOTHYiHE, défaillance de cœur, évanouissement.
LiRON, loir.
LiSAR, léazrd.
LiTHONTRiPON, remède qui rompt les pierres dans la vessie.
LiTiGER, plaider, être en procès.
LiviER, levier.
Li^TiÉE, rubans que l'on distribuait aux gens de la noce.
Liz, LiZE, hsse, poli.
Liz.VRT, lézard.
LocuLES, bourse, cassette.
LocuPLETER, enrichir.
Locustes, sauterelles : « Multipliez comme locustes ».
LoDiER, LOUTiiER, couverture piquée.
LoGiCAL, logique : « Sens logical ».
LoGiCAXEMENT, logiquement.
LoiGS, LOix, lois : « Loix sont comme toilles d'araignes ».
LoLLLE. « ...lisdem consulibus, atrox odii Agrippina, ac LoUiae infensa quod secum de matrimonio principis certavisset, molitur crimina, et accusa torem qui objiceret Chaldaeos, magos, interrogatumque Apollinis Clarii simulacnun, super nuptiis imperatoris...
« ...In Lolliam mittiturtribunus, a quo ad mortem adigeretur. » (Tacite, .4n;i.XII, 22.)
Lombard (boucon), poison lombard, italien.
Londres : « Londres en Cahors et Bourdeaux en Brie ». Il y a en effet un Londres près de !ilarmande (Lot-et-Garonne) et un Bordeaux près de Ville- Parisis (Seine-et-Marne).
Longitude, longueur.
GLOSSAIRE ET NOTES
IvONGUET, un peu long.
I^ONGYS, nom d'un géant.
I,OQUETEUX, déguenillé, couvert de loques. ■,
I/)RDEMENT, lourdement.
I/as, louange.
I/)s, HOLOS, las, hélas !
I^LXHETZ paraît désigner ime étoffe de laine de fabrique anglaise. On entend louchetz de Luccstre ou de Limcsire, comme louchets de Leicester.
I/DUDCNOis, pays de Loudun : « Chapons de Loudunois ».
l,oupGAROU, chef des géants du roi Anarche.
Loups, ulcères aux jambes.
L,ocPS GUAROUS. — Voyez Guaroiis.
LouRCHE, combinaison du jeu de trictrac.
LouKDERiE, balourdise : « Licencié en lourderie ».
LouRDOis, LOURDOYS, lourdaud, naïf : c A mon lourdois », naïvement, sans cherclier finesse.
LouRPlDOX, vieille sorcière.
Lov.-UN, Louvain.
Loyer, récompense, salaire.
LoYSErr, musicien contemporain de Rabelais.
LuBiN (un frère), tm moine; le mot était mis à la mode par Marot dans les vers si coimus :
Pour faire plutôt mal que bien.
Frère Lubin le fera bien.
Mais si c'est quelque bonne affaire.
Frère Lubin ne le peut faire.
Le frère Lubin auquel Rabelais fait allusion est Thomas Walles, dominicain anglais, auteur d'un ouvrage intitulé Metamorplwsis Ovidiana moralitcr explanata. Paris, 1509, in-4<'.
LUBIN'E, poisson de mer.
Lubricité, qualité glissante : « Lubricité de l'eau de mer ».
Luc, luth.
LucESTRE, probablement Leicester.
LuciFlQUE, lumineux, porte-lumière.
LuciFUGE, qui fuit la lumière.
LucTER, lutter.
LrcuLLiAN, de Lucullus.
LuDiPiCATOYRES, trompeurs : « Phantasmes ludificatoyres », fantômes qui vous abusent.
I,UETXES, jeu de cartes.
LuiTON, lutin.
LuLLiE Pauline, que Pline déclare avoir vue smaragdis >• art;aritisque opertam, alierno textu fulgenlibus {Hist. natt, IX, 58).
Nous avons suivi le manuscrit de la Bilbiothèque nationale.
Dans toutes les éditions imprimées on lit à tort : Pompéie Plautine. qui était épouse de l'empereur Julien.
LULLius (art de), de Raymond Lulie.
LuMBRiQUE. ver de terre.
LuMTN'AlRE (des apothicaires), allusion à deux ouvrages : Luminare (majus et minus) apothecariorum, plusieurs fois publiés ensemble ou séparément, au commencement du xvi« siècle.
LuNARiA MAJOR, plante crucifère, ainsi nommée parce que la cloison qui sépare les valves de son fruit forme un disque d'un blanc brillant et comme argenté.
Lune : « Garder la lune des loups », locution proverbiale : prendre un soin inutile.
Lunettes des princes, titre d'im ouvrage de Jean Jleschinot, poète et moraliste du xv^ siècle.
Lunettier, luneteere, qui porte lunettes.
LuPANARES, lieux de prostitution.
LuPi, musicien contemporain de Rabelais.
Lustre, clarté, éclat.
Lut, petite barque.
Lycaon, loup; nom d'un roi d'Arcadie
métamorphosé en cet animal.
Lychnion, mèche de lampe, lumignon.
Lychnobiexs, peuples vivant de lumières, habitants du pays des Lanternes.
Lycisque orgoose, chienne en chaleur.
Lycoptalxie, œil de loup, pierre précieuse décrite par Pline.
Lyra (Nicolas de), commentateur de la Bible. Son nom appelait naturellement le jeu de mots : c Si de Lyra ne delyre ».
Lyripipié, en forme de lyripipion.
Lyripipion, chaperon des docteiu^ de Sorbonne. Rabelais a mis dans la bibliothèque de Saint- Victor un li%Te intitulé Lyripipii sorbonici Moralisaiiones, per M. Lupoldum, Moralités ou Moralisations sur le chaperon sorbonique. M. Lupold était un doctçur en théologie de Cologne^
GLOSSAIRE ET NOTES
Mabrun, nom d'un géant.
Macedoxes, Macédoniens.
>L4.CEDOXiCQra;, de Jlacédonien.
Macedonie, Macédoine.
Macle, vme sorte de poisson : t Plus
mutz que niacles ».
Macr-EON, JLiCRÉox, qui vit longtemps.
Macrobe, même sens que macréon.
Macule, tache; macula.
Ma Dia, serment de Jlaine, Touraine et
Poitou, tiré du grec ;j.à A!a. non par
Jupiter, comme Nenda ou Ne Dea,
vr, A!a, ouy par Jupiter (Alphabet de
l'auteur français).
Madourrez, fainéants, malotrus.
M.ENADES, niénades, baccliantes.
Magdaleine (taverne de la), une des
tavernes méritoires de Paris.
Magdaleon d'entraict, médicament en
forme cylindrique.
Mage (place), la grande place.
Magence (jambons de), Mayence, ville
d'Allemagne.
MAGISTRONOSTRAiEilENT, pOUr VMgis-
tralemcnf.
Magnès, Phrygien, aurait fait la découverte de l'aimant et lui aurait donné son nom.
Magnigoule, à grande gueule.
Magots, JL^goths, géants qui jouaient un grand rôle dans les contes populaires.
Maguelet (huile de), huile tirée dufruit de l'aubépine dit aussi senelle.
Mahom, Mahon, ]\L\ht.tmet, Slaliomet.
Mahumetistes, mahométans.
Maignans, maignins, chaudronniers ambulants.
Maigordo.me, majousdoihe, majordome.
Maigre, poisson de mer appelé aussi ombre.
Maillard (Olivier), prédicateur populaire du temps.
Maillart, musicien contemporain de Rabelais.
Maille, annelet d'un tissu métallique; locution proverbiale : « Maille à maille on fait les haubergeons ».
Maille, la plus petite monnaie valant un demi-denier.
Maille bourse au cul, jeu inconnu; l'un des jeux de Gargantua.
Mailuezais, ville du bas Poitou, évê-
ché, à 15 kilomètres de Fontenay-le- Comte.
Maillotins, Parisiens insurgés en 1382, sous Charles VI, ainsi nommés à cause des maillets de plomb dont ils étaient armés. — De ce mot Rabelais a fait maillotinier, enclin à la révolte, séditieux.
Mailly le borgne, un des domestiques de Guillaume du Bellay.
jMAEsf, locution proverbiale : « Il y a mis la main jusques au coulde ».
Maimten.^nce, action de maintenir :
t Pour la maintenance de la loy ».
Maiorici, un des domestiques de Guillamne du Bellay.
jMais, des si et des fnais, des difficultés, des objections.
Mais, bien plus; de magis. Au chapitre Lxn, du livre I\^.
JL\isoN (la), la Maison du roi.
Maison ni buron, maison ni cabane; on disait : i H n'a ni maison ni buron ».
Maistral, jlaistralle, vent nordouest : le mistraou des Provençaux.
Maistre Passé, prebstre Macé. Cette équivoque entre maistre Passé et prebstre Macé est très probablement à l'adresse du moine René Macé, continuateur de la chronique de Crétin.
En outre, nous ferons remarquer qu'au x\^'' siècle Jlacé était synonyme de simple, niais.
On lit dans Coquillart :
m;i Macé goguetu
Je un pauvre Jenin ou Macé.
Maixent (Saint-), ville sur la Sèvre mortaise, en Vendée.
Mal, JIale, adjectif; mauvais, méchant, funeste.
Mal acquis, locutions proverbiales :
e Les choses mal acquises mal dépérissent ». f Des choses mal acquises tiers hoir ne jouira ».
M.ALADERYE, maladreric.
Mal.use, mal fait, mal proportionné, embarrasse de sa personne.
Malandres, gale, crevasses qui viennent aux jambes des chevaux. Rabelais emploie aussi l'adjectif malandré.
Malautru (un), ou malotru, mal bâti, bélître, pauvre diable.
ItALCHus, malcus, couteau, sabre.
Mal des dents : « H n'est mal des dents
GLOSSAIRE ET NOTES
plus graud que quand les chiens vous ticniicnl aux jambes ».
MALEFiCQfE, malfaisant.
Mâle heure, heure funeste, maudite.
Male-mort, jeu indétenuiné.
Mal empolnct, qui est en misérable état, délabré, débraillé.
Mal'encontre, mauvaise rencontre, accident, malheur.
Malengrous', mauvaise humeur, mauvais vouloir.
Mâles avives, proprement : inflammation des glandes de la gorge.
ÎIalemaridade, sorte de danse.
^lALES MULES, engelure aux talons : « Les maies mules ! » C'est ime sorte d' imprécation alors en usage.
Malesuade, mauvaise conseillère; mot latin.
^lALHEUREUX, slmheureuse, Gargantua jouait « au malheureux >, et < à la malheureuse », jeux de cartes.
MAI.HEUSTÉ, infortime, disgrâce, malheur.
Malicorne, écuyer trandiant de Gargantua.
iLu-ivoLE, malveillant, malintentionné.
Malogranatum viiiorum, la Grenade des Vices, titre d'un livre imaginé ou caricaturé par Rabelais.
Mal saikt François, la pauvreté, dont les franciscains faisaient im vœu spécial.
Malvedi, maravédi, petite monnaie d'Espagne.
Malvesie, Malvoisie.
Mal vexer, vexer, maltraiter.
Mal vouloir, être malveillant.
JLiMiNOTIERS, comme dominoiicrs.
Mamjiallemexi, adverbe formé avec le mot mamina, mamelle; c'est-à-dire, par rapport aux mamelles.
Mammeluz, mamelouks, milice ottomane.
Mammote, déesse des ridiesses; Mammoiia.
Manant, habitant.
MAxancouRT, musicien du temps de Rabelais.
Manchon, manchette.
ilANCiPE, esclave; de inaitcipium.
Mancipé, approprié, saisi, rendu, esclave.
SlANTiEMENT, Convocation, action de mander, de faire venir.
Mandés, île d'Égypte.
Mandibules, mâchoires.
Mandousiaxe, épée très courte.
Mantjragore, plante somnifère à laquelle on attribuait des vertus magiques.
Mant>ucation, appétit : « îlanducation insatiable >.
Manduce. C'estoit mie efli!;ic qu'ancien nement les païens portoicnt en pompe pour faire peur, et rire quant et quant. Elle avoit un masque en façon de teste d'homme avec de grosses et amples maschoires, et de grandes dents qu'elle faisait peter l'une contre l'autre, ouvrant ime grande gueule, afin de faire fuir les spectateurs en riant. Plaute touche de cette solennité in Kudente, quand il introduit un Sicilien qui étant tout mouillé, trembloit de froid et faisoit craqueter ses dents. — Ch.
Quid si aliçtto ad ludos me pro inanduco locem? — Sa. Quaproptcr? — Ch. Quia pol clare crcpito dentibus. Juvénal quoque, sat. 3 :
Taoïlciuqiie vtrrit ai! pulpiunoliiin
Exuiliuai, l'um prrscau: paHculis hialuni
la grcmiti mitris foriiiilat rustirus inran^.
{Alphabet de fauteur français.)
Mantducité, appétit : « Barrage de manducité », jeu de mots sur manduciti et mendicité.
M.\XEQUIN, en architecture : panier de fleurs et de fruits.
Manequin, en musique : castagnettes ou ime espèce d'épinette : « Jouer des mannequins à Ixisses marches », c'est une métaphore erotique.
Mange.^ille, action de mançer.
JIangeailles, munitions de bouche.
>LVNGE0IRES au-dessus des râteliers :
€ Ces mangeoires, dit Johanneau, sont les bancs des jua:es, qui se trouvent plus hauts que le bureau des greffiers, et c'est ce bureau, couvert de tant de procédures, qui est appelé le râtelier de la justice grippeminaudière. n
Manger, locutions proverbiales : t Manger son pain blanc le premier ». i Manger sou bled en herbe ».
M.\NiACLES, maniaques.
Manillier, marguiilier.
Maniicore, jîexthickore, animal fantastique. — Voyez Pline, livre VIII, cliapitre xxs.
Manubies, coups de foudre. Ce mot signifie aussi la part du butin quirevient au général.
JIappe, nappe.
Maquerelle (ile), appelée ensuite ile des Cygnes.
ILaranes, marranes, Maures.
AlARBRiN, iiARBRiNE, de marbre.
AIarché, bordé, entremêlé.
Marches, bordures; frontières d'un État.
JLvRCON. — Voyez A venturer.
JI.\RC Pai^t.e, Jlarco Polo, célèbre voyageur du xm* siècle.
GLOSSAIRE ET NOTES
Ma»c Tulle, Cicéron.
Marelles, jeu.
ISlARFORii, ETC. — Voyez le cataloffue de Saint-Victor. Marforio était, comme Pasquin, une statue de marbre, représentant un fleuve couché, et qui servait de poteau aux affiches médisantes.
JlARGUERITE DE XAV.\RRE, SOEUT de
François I''"'. Le dizain « à l'esprit de la Reine de Xavarre », qui est en tête du livre III, a été écrit du vivant de cette princesse. On le trouve dans l'édition de 1546, et Marguerite ne mourut qu'en 1549.
Maiuage, jeu de cartes auquel jouait Gargantua et auquel on joue encore.
Marlanes (Fosses), en Provence, dans la Crau.
5L4RINE, la navigation, la mer.
aiARjOLET, damoiseau, jeune fat.
MiRLOTTE, mantelet d'été.
Marmiteux, piteux, dolent; et aussi marmiton.
Marmonner, marmotter.
Marmotrf.t. livre : Mainmctraclus, sive expositio in sùigulis lihris Biblia, auctore Marchesino. — Rabelais met ime parodie de cet ouvrage dans le catalogue de Saint-Victor.
!iL\RMOUZELLE, féminin de marmouzet.
JlARO, Virgile.
JL\ROT (Clément), contemporain de Rabelais.
Marotus du L.^c, nom d'im auteur imaginaire d'une histoire des Gestes des rois de Canarre.
Marpault, frippé.
M.\RPESL\N, Marpesia cautes (Virgile),
SIarques d'or aux patenôtres, ce sont les grains plus gros marquant les dizaines.
Marrabais, descendants des Maures en Espagne.
Marrabeise (bonnetz à la), à la mauresque.
Marre, M^rroche, marrochon, houe, instrument de jardinage ser^-ant à biner.
Marri, fâché, chagrin affligé.
Marrons, ceux qui portent à hxas les voyageurs dans les mauvais chemins des Alpes.
Marroufle coquin, maraud.
Marry, fâché, chagrin, affligé.
Marsdpie, bourse.
Marsy.^s, rival d'Apollon dans l'art de jouer de la flûte, écorché vif.
Martin (sainct) : a Les maladies fuyoient la venue de sainct Martin à Ouande. »
Allusion à une scène comique du Mystère de la vie de sainct Martin par
personnages, réimprimé dans la collection Silvestre, 1841.
L'aveugle et le boiteux (l'cspette) s'enfuient, l'aveugle emportant le boiteux sur son dos, afin d'éviter la rencontre du corps de saint Martin, qui les guérirait malgré eux et les empêcherait de vivre désormais de gueiKerie.
Cours tost, cours tost, sans arrester.
— Je ne te puis plus soutenir.
— Tu as grand envie de guarir, Je le voy trop bien maintenant.
— Non ay, sire, par mon serment.
Guarir ne voudroye jamais !
MaiS l'aveugle n'a pas fui assez vite : ils se trouvent tous deux sains; ils se désole:it, et se font tous deux des reproches.
Ha ! maugré bieu, je voy tout clair.
— De mes pieds je puis bien aller.
De par le diable ! je suis guary.
— Tu l'avois bien vcu venir cy, Ordoux paillard, villain truant, Bellistre, villain et mexhanl!
Martin B.\ston, personnification du bâton, dont La Fontaine a fait usage.
Martin de Cambray, jaquemart ornant le carillon de Cambray.
M^rtiner, boire.
MiRTiNGUALLE (chausses à la), dont le pont était placé par derrière et formait, comme dit Rabelais, un « pontlevis de cul ».
JL\RTRES, jeu d'osselets.
JLis, bâtiment, grange, métairie.
Mascarer (se), barbouiller, salir, machurer.
Maschecroutte, image grotesque, analogue à la Manduce antique dont on vient de parler tout à l'heure.
M^SCHEF.AIN, mâche-foin, appétit insatiable.
Mascherable, mâche-rave ou navet; sobriquet donné aux Limousins.
Mascon (Mgr de), ambassadeur de François !"■ auprès de Charles-Quint.
MASCI.TLANT, faisant les fonctions de mâle.
:MASCULrN.\NT, même sens.
Masse, masse d'armes; arme offensive.
MiSSlTERES, massiers, porte-masses; officiers de la Quinte-Essence.
Massoretz, philologues et érudits hébreux.
M\SSUAU (Claude), un des domestiques de Guillaume du Bellay, et traducteur d'un ouvrage latin de Rabelais, qui n'est point parvenu jusqu'à nous.
Masuel, le même probablement que Massuau.
GLOSSAIRE ET N'OTES
Mat, fou; de l'italien tnatto.
Matabrl'n-e, personnage du roman du
Chevalier au Cygne.
Matachcjs, danseurs comiques.
Matafain ou matefaim, pâte lourde et rassasiante.
Mat.\got, vieux singe, vieux fou.
Matagraboliser, mot burlesque ayant le sens de se donner beaucoup de mal pour rien, de s'ennuyer et d'ennuyer les autres.
^L•VTÉ0LOGIE^"S, instruits de choses vaines et oiseuses.
Matéotechne, nom d'un port du royaume d'Entélécliie, signifiant :
vaine science, enseignement futile.
Matéotechxie, même sens.
JlATiscoxES, Màcon, en Bourgogne.
Mattons, briques, pierres qu'on lançait sur les eimemis.
JlATRATZ, MATRAZ, Mathelats, matelas.
^L\TROx.AiE, de matrone : « Pudicité matronale. »
Matute, MAxrTiNAi,, du matin.
SlAU, mal : t Jiau de terre, bous bire. . . le maulubec vous trousque... le mau fin feu de ricqueracques, etc ». Que le mal de terre (en provençal l'épUepsie) vous retourne... que l'xilcère vous trousse... que le fie vous puisse entrer, etc.
JtAUCONTEXT, (mal content), jeu de cartes.
JtlAUGis, l'enchanteur, personnage de la Geste des quatre fils Ayinon, resté longtemps populaire.
Maujoin-, m.4i:joixct, mal joint; il mozzo, comme disent les Italiens. Rabelais plaisante sur ce mot et sur le mot benjoin, substance aromatique :
« Parfums de maujoinct ».
€ Barbier de maujoinct, » barbier qui rasait cet endroit-là.
^L\ULGOUVERT, qui se gouverne mal.
Maulvais, mauvais.
Maul\'y, mauviette.
ilAL-NETTES : c Non Maimettes, mais Monette ». Non mal nettes, mal propres, mais donnant avis, comme Junon surnommée moneta, de monere.
Mausolus, ilausole, mari d'Artémise.
Mautalext, incapacité, mauvais vouloir.
Maydenbourg, Magdebourg.
Mebin, mot hébreu : intelligent, prudent, les MEBiNS sont parmi les officiers de la Quinte- Essence.
MECHERO>fS, mèches.
JlECREDY, mercredi.
MED.\iiOTHi, qui n'existe nulle part; nom que Rabelais donne à un pays imaginaire. D'autres interprètent :
île des Re^emblances; de damah, semblable, en hébreu.
Meden, n'existant pas, autre nom de
contrée imaginaire.
Medere, île de Madère.
MEDL\STrN, MÉDWSTDîE, Continuation
de la plève; anatomie.
MEDICAL (doigt), le doigt du milieu.
Medicec, médecin : € Medicin d'eau douce. » On a dit d'abord : marin d'eau douce; puis cette expression de mépris a été étendue à d'autres professions.
On trouve dans le Pathelin ; advocat d'eau douce.
Medicine, femme sachant la médecine.
Medicin-er, traiter, dans le sens médical.
Medcxare (os), à moelle.
^Iedulle, moelle.
Mec^u-aotes, sorte de reptiles.
Megiste, grand, du grec [AE^ar. Le roi
Mégiste, c'est le roi de France.
Meillieu, milieu.
Me j axe, la voile et le mât que noias nommons misaine.
Mel.\ncholie, proprement : bile noire.
MEL.\xcHOLrEusE, mélancoUque.
Meliflue, melliflue, coulant comme
du miel : « Paroles melliflues ».
Melin'de, royaume d'Afrique : t Ainsi (conquesta) philosophie Melinde. » Philosophie est ici dans le sens d'habileté, adresse. Les Portugais, pour s'assiirer la possession de Mélinde, firent boire aux natiu'els du pays du vin et des liqueurs fortes.
3IELI.USIXE, Mélusine, fée, personnage
des légendes populaires.
Melze, mélèze; arbre.
Memxon, Men-nox : t Le bruit sempiternel du colosse érigé sur la sépiJture de Meimon. »
Strabon et Pline parlent de cette statue de Memnon et du bruit que ce colosse faisait entendre; mais ils ne le donnent pas le moins du monde comme sempiternel.
€ Quem quotidiano solis ortu contractum radiis crepare dicunt. »
Memor-VBLE, dont on se souvient.
Mémorial, digne qu'on s'en souvienne.
Memoriallement, adverbe de l'adjectif
précédent.
SIemphitique, de Memphis.
Mex emy, pour mon ami; prononciation
poitevine.
MÊxER, déterminer.
Menixge, la pie-mère, l'enveloppe du
cer\-eau.
Mexteries, mensonges.
Mexxulb, du latin mentula.
si».
GLOSSAIRE Et NOTES
Mentulé (bien), bien pour\'u de mentule.
Menu, petit : « Menus suffraiges. » « Menus plaisirs. »
Menuail (duc de), un des conseillers de Picrochole. Menuaille avait le sens de canaille.
Mephitis, nom d'une divinité antique présidant aux exhalaisons sulfureuses, aux vapeurs malsaines. Rabelais semble en faire le nom d'un gouffre ou d'un marais.
Meratre, marâtre.
Merci, pitié, grâce : « Ayez de moy mercy. » « Prendre à mercy. » « Vostre mercy «, votre grâce.
Mercier : « Je tuerois un pigne pour un mercier », au lieu de : tuer un mercier pour un peigne; par une de ces interversions de mots qui sont liabitixelles à Rabelais.
Mercy, voir merci.
Merdallle, nom d'un des capitaines de Picrochole.
Mer Dé (par la), par la Mère-Dieu! en patois.
Merdigues, juron populaire, ayant, dit de l'Aulnay, le sens de : Jlerci Dieu. La racine de ce mot pourrait bien être tout autre.
MEREFAiULLES, mater familias.
Merencolie, pour mélancolie.
Meretricules, courtisanes.
Méridional, méridien.
MÉRIR, mériter.
Merlin le prophète, personnage de la ms'thologie galloise, célèbre dans les légendes du moj'en âge.
Merlin Coccaie, pseudonyme de Théoph. Foleiigo, qui écrit des Macaronées que Rabelais connaissait bien.
Merluz, merluche, morue sèche : « A queue de merluz n.
Mesantere, MESENTERE, replis du péritoine qui maintiennentlesdiverses parties du canal intestinal dans leur situation respective.
Mesaraiques (veines), du mésentère.
Mesarims, de mesarceum, le milieu des intestins, où sont contenues le plus souvent les causes des maladies du ventre inférieur, ex Fernel., lib. VI, cap. \1I. Patholog. Voilà pourquoi les maîtres qui enseignent le moj'en et les remèdes pour guérir ces affections, Rabelais les appelle Mesarims, ne plus ne moins qu'on appelle oculistes ceux qui s'appliquent aux maladies des yeux, livre IV, chapitre xliv {Alphabet de l'auteur français).
Meschant, misérable; mauvais.
T. II
Meschantement, MEaUNTEMENT, méchamment.
Mesembrine, nom d'une tour de The-
lème Méridionale.
Mesescrivant, écrivant mal, comme mcsdisant: diffamant par écrit.
Mésiiaigner, chagriner, affliger, importuner, estropier.
Mesilmm, meshaing, chagrin, affliction, tourment, mutilation.
Mesle, nèfle.
Mesmement, particulièrement.
Mesnagerte, ménage, économie domestique.
JLesnagier, mesn.uger, qui ménage, qui vit économiquement.
Mesnaice, ménage, économie.
Mesou.'Usi, de cette année.
Mesprendre, se tromper : a Pardonnezmoi si je mesprends », c'est-à-dire si je me trompe ou si je commets ime faute; c'est une formule de politesse, quand on va contredire ouvertement son interlocuteur.
Messieurs : • Il y a donc des messieurs céans? On y vendange à ce que je voy '•. Le Duchat voit là une équivoque entre messieurs des comptes, et messiers, « comme on appelle ces hommes qui gardent les vignes dès que le raisin commence à mûrir ».
Mestier, menue pâtisserie, faite en cornet; oublie.
ilESTiVALES, fêtes, Tcpas des moissonneurs.
JlESTlviERS, moissonneurs.
Met, pétrin; les conduits d'un pressoir par où s'écoule le vin.
JlET.-iLEPSis, métalepse : figure de rhétorique dans laquelle on prend l'antécédent pour le conséquent, ou vice versa.
ilETAPIIRENE, le doS.
Metelln : « Lorsqu'on alla à Metelin en la maie heure. » Allusion à une petite croisade qui eut lieu en 1502 contre les Turcs. — Voyez Chroniques de J . d' Autan, troisième partie, chapitres xx\'u et xxvm.
MÈTES, bornes, limites.
Methanensiens, habitants de Methène ou Méthane, aujourd'hui Modon, ville du Péloponèse, près de Trézène.
îiIÉTOPOJi.AN-TiE, divination par l'inspection des lignes du front.
Métoposcopie, partie de la physionomie.
Mètre, mesure, vers.
Meu, mû, part. pass. de mouvoir.
Meudon (cardinal de), Antoine de Sanguin, dit le cardinal de Meudon.
Meuilles, meuillets, poissons de mer.
Meur, meure, mûr; adjectif.
GLOSSAIRE ET NOTES
Meurdrir, meurtrir, tuer.
Meurk, mûre, fruit.
JIEURIR, mûrir.
MEtTTE, par syncope, pour minute.
M.\ZEAtiLX, lépreux.
Miche, pain.
MicQi-ELOTZ, sncHELOTS, petits garçons qui vont en pèlerinage à Saint-Michel, et qui gueusent le long du chemin.
AIicRAiNE, grenade, petit boulet creux.
Microcosme, petit monde.
MiDY, musicien du temps de Rabelais.
MiE, pas du tout, nullement.
MiGNE ^aG^•E bœit, l'un des jeux de Gargantua.
Mignon, coquet, joli.
JUGNOXNEMENT, joliment, coquettement.
JIiGNOTiZE, gentillesse, caresse.
Migraine, grenade, fruit.
Migraine, teinture écarlate, à peu près de la couleur des pépins de la grenade. I^a migraine était moins précieuse que la véritable écarlate, tirée de la cochenille, et que l'on appelait graine.
Migraine de feu, charbon ardent.
Mih, millet : o PiUe à mil », mortier à piler le mil.
MiiJ.-URE, mille, mesure de distance.
MiLi.\RES, miUe-pieds ou perce-oreille, insecte.
>In.i,E, mesure de distance.
MiLLESOui-DlERS, Soldats blessés, invalides, à qui Ton donnait mille sous de pension.
Millet : « Pas plus qu'im grain de millet en la gueule d'un asne », locution proverbiale.
Millet, musicien du temps de Rabelais.
MiLO, Milon de Crotone.
JliLOL-RT, milord. Panurge qualifie ainsi un Turc.
MI^L■\LLONES, bacchantes, ainsi nommées du mont Mimas, dans l'Asie Mineure.
MniALLONiDES, même sens que le mot précédent.
Minere, minière, mine
SIiNEfRS ET MINIMES, Hom dcs rcllgieux des ordres fondés par saint François d'Assise et par saint François de Paule.
JIiNISTRER, ser\-ir, prêter son ministère.
JIiNORATlF, purgatif doux.
MiNTJTULE LESCHE, très petit morceau, lambeau.
Ml-PARTIR, partager en deux, par moitié.
;Mir.\ch, partie extérieure du ventre, contenant la peau, la graisse et huit muscles; mot arabe.
MiRACLiFlQVE, faisant des miracles.
MiRALLlER, faiseur de miroirs.
MiREBALAIS, MIREBAIOTS, paj'S du Poi-
tou, formant aujourd'hui les arrondissements de Poitiers et de Loudtm, dont Mirebeau était la capitale.
5IIRELANGACLT, nom d'un géant.
MmELARDDAiNE, refrain de clianson.
MiRELiFiCQUES, rarctés, curiosités.
MiRELiNGiES, pays où l'on parle mille langues. C'est probablement Paris que Rabelais désigne de la sorte.
JIlRiFICQrE, admirable, merveilleux.
MIROBAL.4NS, MYROBOLANS, Sorte de fruits desséchés apportés de l'Amérique.
iliROVER, iUROCOiR, miroir : « >rirouers ardens », « mirouoir crystallin i>.
MISERERE : « Du Miserere jusques à vituhs », c'est-à-dire d'im bout à l'autre. l,e psaume Miserere finit par le mot l'itulos.
SIisSA AD MENS.VM (de), de la messe à la table.
MissAiRE, MISSAYRE, mcssirc : ï ^lissairc Bougrino y.
MissiCQUE, de la messe.
MiSTlONNL, mixtioimé.
Mitaine : « Le cœur me bat dedans le corps comme une mitaine ». Le Duchat prétend que mitaine est là poitf misaine, voUe toujours agitée par le vent, puis il ajoute que Rabelais a dit mitaine plutôt que misaiy\e, par allusion à im ancien usage du Poitou, où les gens d'une noce se donnaient entre eux, après avoir ganté leurs mitaines, d' inoffensifs coups de poing.
Nous avons entendu diie : battre la mitaine, pour exprimer un amusement des enfants qui consiste à se frapper par im mouvement croisé l'extrémité des épaules avec la paume de la main, comme les marins le pratiquent.
Ce mouvement régulier et très précipité nous semble, mieux que les coups de poing des gens de noces, donner ime idée des pulsations fréquentes du cœiu:. (B. des M.).
Mitouard, chat, matou, et par extension hypocrite.
JMlTOLTLÉ, empaqueté, enveloppé emmitouflé.
MiXARCHAGEV.\s, nom que les Argiens donnaient à Castor.
JlNADIES, bonjour, par corruption pour bona dies.
Mocitelle, hoche-queue, oiseau.
MocQfE, mocquerie.
MocQL'E Dieu, moquerie de Dieu : < Non oraison, mais moque-Dieu ».
Mocquette, moquerie, plaisanterie.
MoDis siGNiFiCANDi {de), ouvTage de Jean de Garlande.
Moine : « A ceste heure avons-nous le
CiLOSâAlRE ET NOTES
Inoine ». Expression populaire alors pour dire : nous sommes attrapes; nous sommes bassinés, dirait-on aujourd'hui. On appelait moine un ustensile de ménage équivalant à la bassinoire.
On trouve « bailler le moine par le cou », pour signifier : pendre. — Voyez Bailler.
:\IoiNE, sorte de toupie ou de sabot; l'un des jeux de Gargantua.
MorxERiE, état de moine.
MoiNETOx, petit moine.
Mony-s DE MON PLUS (le), tout Ce que je puis faire de moins.
MoissoNxiERS (dievraubc), chevreaux de lait.
Moitié, milieu : «Ferir par la moitié, » frapper au milieu du corps.
MoLARES, (dents), molaires.
Mole, meule; s. f. — • Jetée en maçonnerie pour fermer un port et mettre les vaisseaux à l'abri; s. m.
Moleste, fâcheux : « A molestes enseignes ».
Molestesient, fâcheusement, importunément.
MoLixET, l'un des jeux ou des jouets de Gargantua.
MOLITION, entreprise, effort.
JIollice, mollesse, souplesse.
MoLLiFiCATiON, ramollissement.
ilOLOSSicQL'E, danse ancienne.
MoLLTRES, sorte de reptiles.
MoMiiERiE, mascarade.
MoNACHus, moine. Monachus in claustra, etc. I^ivre I, chapitre li. Traduction :
Un moine dans son cloître Ne vaut pas deux œufs, Afajs, lorsqu'il est dehors.
Il en vaut bien trente.
liloNAG.^ux, nom burlesque formés du mot moine.
MONAGESSES, féminin de monagaux.
Mo>rDANlTÉ, urbanité, science du monde.
Monde (petit), l'homme.
MoNTSE (l'aultre), l'homme.
MoNETiES. — Voyez Manuelles
MoNGAS, danse.
MoNOCHORDioN, instiiimcnt à ime seule corde.
MoNoaiORDiSER des doigts, c'est promener les doigts vivement, comme ceux qui jouent de cet instrument.
MoNOJiACHiE, combat seul à seul, d'homme à homme.
MoNOPE, animal fabuleux à un seul pied.
Monopole, faction, révolte.
JIONOPOLÉ, irrité, soulevé, révolté.
MONORTicuLER, mot forgé par Rabe-
lais, signifiant : accuser, calomnier.
MoNSLEiiERY, Moutlhérv, en Hurcpoix.
MoNSSERRiVT, Montferrat.
MONSTIER, couvent.
Monstre, revue, parade.
MoNSTREusE, monstrucuse.
MONSTRIBLE : « Pont de Monstrible », Mantrible. Montrible, Mons terribilis. C'est le pont fantastique sur lequel Ferragus soutient son fameux combat dans le roman de Fierabras.
Il reposait sur vingt arches de marbre blanc, d'après les romanciers du moyen âge.
MoNT.\GU, collège de Montaigu, à Paris.
Mont talent, Gargantua jouait à k mon talent »; jeu inconnu.
Mont-joye, monticule, monceau.
MoNTouER (côté du ), côté par lequel on monte sur le cheval.
MoR.\LES, musicien du temps de Rabelais.
Morcrocassebezassevezassegrigueli- GUOSCOPAPOPONT3RILLÊ, mot forgédont on devine le sens, mais qu'il est impossible d'analyser.
JIorderecrippipiotabirofreluchamburelurecoquelurinthipanemens, de même.
Mordicantes, fréquentatif de mordantes.
Mords, mordu.
Moresqlte, morisque. Mauresque; danse des Mauresques.
Moret, sorte d'encre.
MORTLAILLER, manger, baffrer.
3I0RGANT, MORGUAN, il Morgante, chanté par Pulci, etc.
MORGL^E, Slorgain, fée des légendes bretonnes.
Morgue, grimace et fière mine. Ce mot signifie proprement un certain pli des lèvres exprimant l'orgueil et le contentement de soi.
JIORNÉ, émoussé, mouclieté; en parlant d'une arme dont on se sert pour les combats fictifs.
MoRosoPHE, mot composé de deux mots grecs et signifiant : Fou-sage. Il existe tm ouvrage de Guillaume de la Pereisc, la Morosophie. Lyon, 1553, in-8".
MORPAIN, musicien contemporain de Rabelais.
MoRPiAiLLE (vicomte de), un des capitaines de Picrochole.
MoRQUAQUOQUASSÉ, mot forgé par Rabelais.
MORR AMBOUZE VE ZENGOUZE QUO QUEMOR- GATASACBACGL'EVEZINEMAFFRESSÉ, de
même.
Mortier, coiffure des magistrats.
Mortifié, faist en forme de mortier.
GLOèSAIRÈ ET NOTES
MosES, Moïse.
Mouche (maistre) : « Plus fin que maistre Mouche ». « Il fera plus que maistre Mouche... » C'est le type de l'escamoteur.
MoucHET, instrument à t esmoucheter », à chasser les mouches.
MocÉE, foule, grand nombre d'individus qui se meuvent; vol nombreux d'oiseaux.
MofELLE, moelle.
MOLFFLES, mitaines : • A belles moufiles d'im bas de chausses ». En me servant d'un bas-dc-chausses comme de mouffles ou mitaines. Au figiiré, balivernes, niaiserie: tireur sapience n'estoit que moufHes ».
MouFLiN MOUFLART, nom forgé par Rabelais.
Moule (busche de). Xa moule était une mesure pour le bois, valant une demicorde.
Moule (chandelles de), chandelles moulées.
Moule, pour môle.
Moule du bonnet, la tète : « MotJe de mon gippon », l'estomac et le ventre.
MouLLE, lettres moulées : i Imprimé en moulle ».
Moult, très, beaucoup.
Moulu, musicien du temps de Rabelais.
Moulues, moules, coquillages.
JIOURION", morion, armet de la tète, casque.
MouRRE, jeu qui consiste à lever autant dedoigtsqu'en indiqueceluiquidirige le jeu.
MouRRE, museau.
MouRRix, insecte qui dévore les grains.
MOUSCH.UIT, jeu inconnu.
MouscHouoiR, mouchoir.
MouSQUE, mouche; — sorte de danse; — mousque, jeu qui consiste à se poursuivre autour d'ime meule de gerbes.
Mousserons, champignons; peut-être mouron.
Moussines, branches chargées de raisins.
MouST.ARDOis, pays de la moutarde, imaginé par Rabelais.
MOUT, pour moult.
Mouton, musicien contemporain de Rabelais.
Moutonniers, gardiens de moutons.
Moutons, moimaie d'or. Rabelais dit :
t Sloutons à la grand'laine », en jouant sur le mot.
Mouvoir, remuer, émouvoir.
5Io\'EMENT, mouvement.
Mo\"ENTE, remuante.
Moyennant, au moyen de.
Mo\'ENS, médiateurs.
MoYEL-x d'œutfz, jaunes de l'œuf.
MOYN-E, voir MOINE.
MoYNEAUX, guérites ambulantes, montées sur des roues et parfois doublées en fer.
Moynerie, état de moyne.
MoYNETON, petit moine.
Mucer, cacher.
Ml^e, grande cage à mettre la volaille que l'on veut engraisser.
Muer, changer.
Mugu'eter, conter fleurette, courtiser.
MuGL"ET, MUGUETE, galautin, coquette.
5IULES EN PONTIFICAT, mules icvétues de leurs plus magnifiques harnais.
MuLiEBRE, de femme.
MuLiEBRiTÉ, condition de femme.
Ml^xde, pur.
MuNic\N, Monaco, ville de I,igurie.
JIUNIR, fortifier.
Mus.^Fiz, JIus.vPHiz, docteurs mahométans. Rabelais se sert de ce mot pour désigner les moines.
Musou)E.\u-LX (raisins), raisin mu-scat.
MusER.\iGNES, petits rats.
MusmoN'Es, béliers de Sardaigne, ayant le poil de chèvre au lieu de laine.
MuT.\TioNS, changements.
MuTL'E, mutuelle.
MuY", muid.
My, moi.
My, demi, milieu; tmy-jour; my-aoust».
Myagre, cameline, plante férulacée.
Myopes, sorte de reptiles.
Myrallier, miroitier.
JlYRELiMOFLE, jeu inconnu; l'un des jeux de Gargantua.
Myrian^dre, quicontient dix mille hommes.
Myst.4GOGU"e, servant dans les mystères.
Mystère, représentation dramatique d'un sujet religieux.
Mystes, prêtres.
Mythologes et mythologiens, hommes instruits dans les mystères.
GLOSSAIRE ET NOTES
Nabuzardan, maître cuisinier du roi Nabuchodonosor.
Ce nom se trouve dans une facétie en vers : « Sermon joyeulx de la vie de sainct Ong^on, comment Nabuzardan, le maistre cuisinier, lefitmartirizer. »
Nacelles, pièces d'argenterie de table.
Nacquetz, valets des jeux de paume, marqueurs.
Nageade, naïade.
N'a guères, n'a guyeres, naguère.
Naïf, naturel.
Naphe (eau de), ou eau de naffe, eau de fleurs d'oranger.
Napleux, qui la le mal de Naples.
Nappées, nymphes des ruisseaux et des fontaines.
Nappes FiotmÉES, nappes où des figiu-es sont dessinées.
N.\RGUES, nargues ! mot et geste dérisoire, dont on a fait le verbe narguer. Rabelais a imaginé deux îles portant le nom de Nargues et de Zargucs, termes équivalents.
Narré, relation, récit.
Narsay, bourg du Chinonnais.
N.\siTOR, cresson alenois.
Nason et Ovide, Rabelais fait deux personnages avec le nom d'Ovidius Naso.
Nasse corbeille d'osier servant à prendre les poissons.
Nasselles, même sens que nacelles.
Natatoire, lieu pour nager.
Nate, né; natus.
Nature Quite. Cette signature de l'épigramme placée en tête du cinquième livre est généraleemnt considérée comme l'anagramme de Jean Xurquet, poète obscur de ce temps.
Nau, nau, nau ! Noël ! cri de joie.
Nauchiers, nautonniers, matelots.
Nauf, navire.
Naumachie, combat de vaisseaux.
Nausiclete, riche en vaisseaux. « (i>o'.viy.£ç vaja:/.)vJTOi àv'jp£ç, » dit Homère dans l'Odyssée.
Naute, prix du passage sur rm bateau.
Navarre (la royne de). — Voyez Marguerite.
Navé, navire.
Naveau, navet.
Navette, jeu inconnu; l'uo des jeux de Gargantua.
Naviger, naviguer.
Naviguaige, navigation.
Navire, substantif du genre féminin.
Navré, blessé.
Nay, né.
Nayer, noyer, se noyer : « Naye » ! exclamation : je me noie !
N.vz.ARDES, jeu analogue au jeu des croquignoUes et au jeu des chiquenaudes.
Nazdec\bre, nom imaginé par Rabelais et signifiant : nez de chèvre.
Ne, ni ou pas.
NÉ .\, au lieu de né pour ; t Né à paix, non à guerre ».
NÉADES, bêtes fabuleuses dont parle Euphorion.
NÉARES, bêtes fabuleuses.
NÉARINS, officiers de la Quinte-Essence.
Nebulon, vaurien, affronteur, mauvais sujet.
NÉCEPSOS, roi d'Egypte, homme juste et grand astrologue, qui a écrit de l'invention des remèdes contre les maladies, enseignant le moyen comment on peut connoître de loin et prévoir les maladies causées par la constellation des figures et astres célestes, qu'il divisoit en trois dizaines ainsi qu'enseigne Jul. Firmic. (Lib. I Mathes.) Galien parle de ce roi et de ses jaspes au neuvième livre des Simples, et touclie en brief ce que l'auteur en dit au chapitre vin du livre I. [Alphabet de l'auteur fratiçois.)
Necromantie, divination par l'évocation des morts.
Nectarique (liqueur), vin.
Nedibins, officiers de la Quinte-Essence.
Neemanests, de même : mots hébreux voulant dire puissants, fidèles, assidus.
Nephelibates, qui cheminent siu: les nuées; peuple imaginaire.
Nephrocatarticon, remède pour les maux de reins.
Nercins, adolescents, serviteurs de la Quinte; mot tiré de l'hébreu.
Néric, eaux minérales dans le Bourbonnais.
Nestorien, de Nestor.
Netti, nettoyé, propre.
Nettre Dene, pour Notre-Dame,
Neu, nœud.
Neuf-mains , jeu indéterminé ; c'est peut-être, ocmme on l'a supposé Iç jeu du pied de bœx^JE.
GLOSSAIRE ET NOTES
NiCATiSME, danse.
Nice, naïf, joli.
NiCHiLAUDOS, vêtement dont les devants étaient fort riches, et dont le derrière, caché par d'autres habits, était d'étoffe très commune; de nihil ad dorsum : gilet.
NiCQUENOCQUE, cliiquenaudc, croquignole ; — nom de l'un des jeu.^ de Gargantua ; on ne sait en quoi il consistait on a émis l'hypothèse que ce pouvait être le trictrac.
Nid de la brondée, un des jeux de Gargantua; on ignore en quoi il consistait.
NiEBLL, frappé de la nielle, gâté, corrompu.
Niés, niais.
NiPHi.ESETH, nom de la reine des Andouilles. C'est un mot hébreux signifiant membrum virile.
Nisi IN- PONTiFic\LiBUS, sinon en habits pontificaux.
Noble a la rose, monnaie d'or d'Angleterre. Sur l'une des faces de ces pièces était une rose.
Noël xcuvellett, refrain des chants de Noël.
NoiRETTES, jeimes noyers.
Noise, querelle, dispute, bruit.
Noisettes, petites noises, petites querelles.
NoiziLLES, petites noix, noisettes.
NoNACRis, ville et fontaine de l'ancienne Arcadie.
NoNANTE, quatre-vingt-dix.
NoNCHALOiR, insouciance, paresse.
NoPCES, NOCES : « Aises comme s'ilz f eussent de nopces. »
NosocoME, infirmerie, hôpital.
Notable, substantif : dit notable, sentence digne d'être notée.
Note, pour rien : « Je n'y entends note. »
Notice, connaissance; notUia.
Notre Dame de Cmiault; — de J^nwrette ; — de Bonnes-Nouvelles ; — de La Lenou; — de Rivière, etc.
Nou, nœud : t Un nou gregeoys ».
NouDZ, nœuds.
Noi-RRissEMENT, nourriture.
NoCRRm, élever.
No\TAU, nouveau.
Novelleté, nouveauté.
Noyer (B.\lth.\z.\r), un des condisciples de Rabelais à Montpellier.
NUBILEUX, nébuleux.
Nuisance, action de nuire.
NvLLUY, NrxLY, aucun, personne.
Nliierale (science), science des nombres, arithmétique.
Nliierecx, nombreux.
NttMERosiTÉ, grand nombre.
NrRXBERG, Nuremberg.
Nyctimf.ke, transformée en chouette. — ■ Voyez les Métamorphoses d'Ovide, livre II.
NYMPH.3EA, lis d'étang, plante aquatique.
Nymphal, de nymphe.
Obédience, obéissance.
Obelie, oublie, petite pâtisserie.
Obelisce, obélisque. — Voyez la Briefve Déclaration.
Obeliscolychnie, obélisque ayant une liunière à son sommet, et servant de phare.
Obelon, houblon.
Obfcsqué, offusqué.
Object, objecté, mis devant, opposé à, interposé.
Objecter (s'), se mettre devant, s'interposer.
Objection, interposition.
OBLiErR, marchand d'oubliés.
Objus, omis.
Obrizê. alïîné, épuré par le feu.
Observance, observation, pratique.
Obsister, s'opposer, résister.
Obstant, empêchant, mettant obstacle.
OBTEMPERER, Consentir, obéir.
Obtenir, remporter.
03TESTER. attester, prendre à témoin.
Obti-rber, troubler, renverser, interrompre.
Occasion, a tous ses cheveulx au front.
Occire, tuer.
OcÉANE (la mer), l'Océan.
Ocieusement, oisivement, sans rien faire.
OciEUX, oisif.
Octante, quatre-vingts.
OcTA\x\N. OcTA\^A^I Auguste, l'empereur Auguste.
Odoré, senti.
CEdipodicql'e (jambe), jambe enflée, comme celle d'CEdipe.
CEiLZ, yeux.
GLOSSAIRE EX NOTES
Œstre junonicque, un taon, dit junonique. parce que Junon en envoya un pour tourmenter la nymphe lo changée en vache par Jupiter.
CEuvRÉ, travaillé.
Offendre, attaquer.
Office, devoir : a Contenir en oifice », contenir dans son devoir.
Official, pot de chambre.
Officl-^l, juge ecclésiastique.
Officlu-Ement, officieusement.
Officiers de gueule, officiers de bouche, cuisiniers, etc.
Offot, nom d'un géant.
Og, roi de Basan, géant mentionné dans la Bible.
Ogier le D.\nnoys, héros des poèmes carolingiens.
Ogvgies, bacchantes.
OGY\TES (isles), îles placées entre la France et l'Angleterre, d'après Plutarque.
Oh.\bé, roi de Gebarim.
Oignonîî.uje, sauce aux oignons.
O1NCE, lynx.
OINCES, les phalanges des doigts, les os que présente le poing fermé.
OlxDRE, frotter comme d'un onguent :
« Oignez villain, il vous poindra ».
Oingnement, onguent.
OiNSESTRE, Winchester, en Angleterre.
OlRE, GYRE, vase, vaisseau, mesure de liquides. — Voyez Aire.
OiSE.\u de maçon, sorte de chevalet qui sert à porter du ciment, du mortier.
OiziLLET, oiselet, petit oiseau.
OiziLLEURS, oiseleurs.
Olary (Saint-), monastère de Montpellier.
Olif, huUe : t N'y avoit plus d'olif en ly cacaleU ». — Vo3-ez Caleil.
OLiirpicoLES, habitants de l'Olympe, les saints, dans le langage de l'écolier limousin.
Olivier, héros des poèmes carolingiens.
Olkam, Occam, théologien anglais du xiv* siècle, chef des Nominaux.
OLKEG.\>f, musicien contemporain de Rabelais.
Oltroy, action d'accorder, d'octro3'er; — octroy.
Olyjipiade, manière de mesurer le temps entre les Grecs, espace de quatre ans.
Ombrophore, qui prévoit la pluie.
Omniforjie, qui prend toutes les formes.
Omnigene, qui engendre toutes choses.
OaiNijuGE, qui juge et décide de tout.
Omogené, rendu homogène.
On, au, dans le.
On.^grxer, allure de cheval : pas vite et menu comme celui de l'onagre.
Oncq, oncques, ONQtTES, jamais.
Oneraire, destiné à porter des fardeaux: <t Naufz oneraires », vaisseaux de transport.
Oneste, honnête.
OxiRiCRiTE, qui inteiprète les songes.
OxiROPOLE, même sens.
Onocrot.^l, onocrotale, oiseau aquatique dont le cri imite celui de l'âne, d'après Pline. C'est, croit-on, le pélican ; d'autres disent le butor. Rabelais joue souvent sur ce mot : « Un souffiegan et trois onocrotales. » Un suffragant et trois proto-notaires, suivant Le Duchat.
Onojl\tomaniie, divination par le nom du consultant.
Onquel, auquel, dans lequel.
Onymantie, divination par l'ongle de la main enduit de cire et d'huile
Onys, Aunis, province de France.
O O DE Noël, antiennes que l'on chante pendant l'Avent, et qui commencent toutes par l'invocatif O.
Op.\cité, qualité de ce qui est opaque.
Ophiasis, sorte de lèpre de la tète.
Ophite, marbre tacheté comme la peau d'im serpent, et aussi serpent à la peau tadietée.
Ophyre, animal fabuleux.
OPL-iTTE, opiat.
Opignere, enrichi, orné.
Opinion (l'), l'un des jeux de Gargantua, vraisemblablement sorte de jeu de cartes.
Oppiler, boucher, fermer, obstruer.
Opposite, opposé, situé du côté opposé.
Oppression, action de presser, de pousser, de fouler.
Oppugner, combattre, attaquer.
Opter, désirer, souhaiter, choisir.
Option, choix.
Or, ores, maintenant.
Or.\, nymphe scythique aimée de Jupiter.
Or-USON solue, prose.
Orange, oiseau de mer, espèce d'alcj'on.
Orbiculairesient, en rond.
Orche (.4), à gauche; dans le vocabulaire des marins on dirait maintenant : à bâbord.
Orchis le petit. Les orchis sont une plante à qui la ressemblance de ses racines avec les testicules a fait attribuer des vertus aplirodisiaques.
Selon Théophraste (li%Te IX, chapitre six), le phxs grand de ses deux tubercules, pris dans du lait de chèvre, favorise l'acte vénérien, tandis qu'au contraire le plus petit l'empêche.
Ord, sale.
GLOSSAIRE ET NOTES
Ordalies, épreuves que l'on faisait subir aux accusés.
Ordres, rangs : « Reçu entre les ordres «.
Oré-^des, nymphes des montagnes.
Orée, bord, lisière, entrée.
Oreille de judas, espèce d'agaric ou de champignon.
Orer, prier.
ORFEVRERIE, travail de rorfè\Te, ciselure.
Orgeau, pour ayeau, barre du gouvernail.
Orgdes (dire d'), parler comme un oracle. Nous voyons dans un vieil auteur cité par iïabillon : organa (en français, les orgues) prophetarum, expliqués par vaiicinia, oracida, les oracles des prophètes.
Ortbus (pouldre d'), poudre imaginaire, comme la poudre die Perlimpinpin.
Oriflaiibe, oriflanune.
Oriflan, orifl.ant, éléphant.
Orme (Philibert de l'), célèbre architecte du temps de François I*', lié avec Rabelais comme on le voit par ce qui est dit au chapitre lxi du li\Te IV.
Orob.anche, herbe teigne, ers.
Oromedon, nom^ d'un géant.
Orque, grand bateau.
ORRiPiL.'i.Tlox, pour horripilation.
Ortie, poème que l'on chaintait dans les combats.
Ortigl'E. ortie de mer, petit poisson.
Ortuinus, auteur d'un prétendu livre Ars honesie petandi in societate. Rabelais veut parler sans doute d'Ortuinus Gratins (Hardouin de Graetz), docteiu' de Cologne, ardent ennemi d'Érasme, de Reuclilin, etc. ^Morellet voit là ime allusion à im fait relaté dans les EpistoliB obscuroruni virorum. Maître Ortuinus, à qui elles sont adressées, voulant un jour étrangler un vent, conchia vilainement ses chausses. Il est plaisant de lui prêter un li\Te sur un art qu'il entendait si mal.
Oryge, animal d'Afrique de l'espèce des licornes. — Voyez Pline, li^Te VIII, chapitre lxxes.
Os.\XNTERE. — Voyez la Briefve Déclaration.
OsciNE, oiseau dont on consulte le chant
pour en tirer des augures. OsT, OUST, armée.
OST.ARDE, outarde; oiseau aquatique.
Otacuste, espion, délateur.
Othe, nom d'un géant.
Otieus, oisif.
Ou, au, dans le.
Ouailles, brebis : « Aux ouailles, ma.s tins! »
Ol^liance, oubli.
Oum, entendre : « Je oy », j'entends; t j'oyois », j'entendais; t j'oiray, nous oyrons », j'entendrai, nous entendrons; t oyant », entendant; t oy, ouy », entendu.
OuLTR.\GE, outrage.
OuLTRAGER, outrager.
OuLTRE, enflé comme ime outre.
OrLTRECUIDAXCE, OULTRECUYDANCE,
présomption, témérité.
Olxtrecuidé, oultrecuydê, présomptueux, téméraire.
Oultrepasser, outrepasser, commettre
une faute.
OuLTROY, action d'accorder, d'octroyer,
— octroy.
Oultroyer, octroyer, accorder^ OuQUEL, auquel, dans lequel.
Ous, os.
OrsT, OST, armée.
OusTER, ôter.
OusTRE (plus) ! Passons outre, n'arrêtons pas.
Outre (passasmes). Rabelais se sert de cette expression : « passer outre », pour faire de ce dernier mot le nom d'une île, et, continuant de jouer sur les mots, il fait des habitants de cette île des gens outrés, enflés, crevant de graisse.
Ou\^RT, pour découvert: « Chef ouvert »,
tête découverte.
Ouvert, locution proverbiale : t Toujours ouvert, comme la gibbessière d'un advocat ».
Ox-VROIR, atelier, boutique, comptoir.
OuvROUorR, ouvToir.
OUY.ANT, oyant, entendant.
OUYR. entendre. Voir : Ouïr.
OuzEAULX, pour houzeaux, bottes.
Oxidraces, peuples de l'Inde dont il est question dans Philostrate et dans Quinte-Curce.
Oye (petite), l'abatis d'une oie; par extension, en appliquant ce mot à un homme ou à une femme : bras, jambes, tête, poumons et râtelle.
Oyes, poissons.
Oysox bridé, oison dans le bec duquel on a passé xme pliune pour l'empêcher de traverser les haies et les clôtures des jardins.
OziLLOXS, petits oiseaux.
GLOSSAIRE ET NOTES
Pacolet, cheval de bois enchanté qui sen-ait de monture au héros du roman populaire de Valentin et Orson.
Paction, pacte, accord.
Pactol, fleuve de Lydie, roulant des paillettes d'or.
Padres, pères.
P.VELE, PAELLE, pelle, poêlc : « H croyoit que nues sont paeles d'airain, d
Paellox, p.\esi,on', poêlon.
Paffdz, nom d'une arme nommée pafurttim en basse latinité. Paftirtum ferreum : e Un grand paffus à taillans «, dans Du Cange.
Page, jeune domestique : « Hors de page », ayant passé l'âge où l'on était page.
Pageau, pagre; poisson de mer semblable à la brème.
P.^GiNE, page d'un livre.
Pacxier, musicien contemporain de Rabelais.
P.\iLLARD, paillarde, SU propre, qui se roule sur la paille de son lit, sur sa paillasse; figurément, débauché, vicieux.
Paillarder, au propre, se rouler sur sa paillasse; figiuément, faire la débauche.
P.\ill.\rdise, débauclie, libertinage.
Paille, comme pacle, poêle.
Paillier, grenier à la paille : « Vous aurez mauvais hyver, le feu est en vostre paillier ».
P.iix, locution proverbiale : « Faire de tel pain telle souppe ».
P.iiN B.\LLiî, pain grossier où le son est mêlé.
Painctre, peintre.
PAiNCTtJRE, peintiu-e.
Paixexsac (le seigneur de), nom forgé par Rabelais.
Pair, paire : « Une pair de chausses est bon »; — couple : « Un nouveau pair d'amitié ».
P.-viR, égal.
P.4IR Err SÉQUENCE, uu des jeux de cartes auquel jouait Gargantua.
Pair ou non, c'est le jeu, encore en usage de « pair ou impair ».
PAIS.4NT, paysan.
Paistre, nourrir.
Pal, pieu.
Pal.amides, sorte de poissoo.
PvUAT, palais.
Palatin, paladin.
Pales, pelles.
P.\LEFROY, cheval à l'usage des dames, richement harnaché; cheval de parade et de cérémonie.
Palerée, pelletée.
Palet (le), l'un des jeux de Gargantua.
Palingenesie, itérative génération.
Palixtocie, enfantement renouvelé.
Palladin, de PaUas.
Pallatins, gens du palais, des tribunaux
Pallatins, gens du palais, des tribunaux.
Palle, manteau; pallium.
P.\LLE, pauche-cuiller; oiseau.
P.\LLE, arquebuse de cliasse.
Palle, cliaton d'une bague.
Palletocql:é, enveloppé d'un palletocq. ou comme d'un palletocq, vêtement en forme de jaquette devenu le paletot moderne.
Palme, palmier.
P.\LODES. KaTa -Ji rTaÀtoosç. dit Plutarque. Amyot traduit ces mots par « à l'endroit des basses », comme s'il lisait T:T|Àfoo;ç. vaseux, boueux; mais il y avait en Épire iin port nommé Pelades ou Palodes (les Épirotes permutant dans leur dialecte Vr^ et l'a), nom qui du reste a probablement la racine que nous indiquons plus haut. Or Épitherses, venant de passer auprès des îles Échinades et Paxos se trouvait précisément à la hauteur des côtes de l'Épire.
Palombe, pigeon ramier.
Palourde, sorte de coquillage bivalve.
Palude tritonique.
[sîe viros lama est in Hypcrborea Pallcne, Qui sûleant levibns veiari corpora plumis, Quiiia iriinniaoum novies sabie!-e paludem ; Dadilequiilemcreilo.
(Ovide, Mét.^\ïv. XV, v. 356 & s..
Palus, marais.
Palys, palissade, piquets, pieux : « Saulter le palys ».
Pampillettes, brins, paillettes.
Pamyle. L'auteur a pris de Plutarque, au traité d'Isis et d'Osiris, tout ce qu'il raconte de cette femme, chapitre l du livre III; de laquelle a pris son nom la teste des Pamyliens en Egypte, où l'ou sacrifioitaudieu Osjris, qu'aucuns
GLOSSAIRE ET NOTES
disent cstre le dieu Bacchus; car on monstroit le Priape, et le portoit on en pompe durant tels sacrifices. (.4/phabet de l'auteur français.)
Pan, pour empan, mesure.
Panace, fille d'Esciilape.
Panacée, sorte de plante, remède à tous maux.
P.VNDECTES, recueil des lois romaines.
Pane, panne, aile d'une voile enflée en bouline.
Panem-i, tout sanglant; nom de champs de l'île de Samos.
Panerée, plein panier : « Panerées de diables ».
Panerot. petit panier.
Panes, satires, égipans.
PANic\tiLT, chardon à cent tètes dit aussi eryngium.
Panice, panique.
PANOiiPHtE, qui convient à tous les pays, à toutes les nations.
Panoriie, canon iste, jurisconsulte, qui est le même sans doute que le suivant.
P.\NOJiiRT.«*, Nicolas de Tudeschis, archevêque de Palerme, auteur de commentaires sur les Décrétales.
P.ANOUERE, hotte, corbeille pour la vendange.
Pans, panneaux, pour paons, paonneaux.
P.\NSE, proverbe : « De la panse vient la danse ».
Pantagruel, l'étymologie de ce nom est donnée par Rabelais au chapitre n du livre II.
Dans un mystère de la Vie de saint Louis, remontant au delà de 1742 et conserv-é à la Bibliothèque nationale,il y a, parmi les démons qui entourent Lucifer, un diable nommé Penthagruel (sic), qui raconte ainsi ses exploits : a Si tu savais d'où je viens, dit il, tu me tiendrois homme de bien. Je viens de la grande cité de Paris : j'ai été toute la nuit — oncques je n'eus telle peine — autour de ces galants qui, hier soir, avaient bu jusqu'à Hebraos. Tandis qu'ils étaient au repos, je leur ai subtilement bouté du sel dans la bouche, doucement, sans les réveiller. Aussi, par ma foi ! au réveil ils ont eu plus soif que devant ! » On voit d'où venait le fameux héros rabelaisien. Près de cent ans avant Rabelais, nous le découvrons dans nos vieux mystères dramatiques.
PANTAGRUELiCQtTE, adjcctif formé du nom précédent.
Pantagrvelion, le chanvre, comme cela ressort assez de la description très
exacte que Rabelais en donne. Rabelais en fait en outre le symbole de la discipline sociale et de l'activité et de l'industrie humaine, une sorte de talisman positif, de Saint-Graal matériel, qu'il oppose aux mythes des vieux romans.
Pantagrueliser. suivre l'exemple et la doctrine de Pantagruel.
Pant.\gruelis.me, c'est, suivant Rabelais, « certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites ». — Voyez Prologue du livre IV.
Pantagrueliste, qui pratique le Pantagruelisme.
Pantarches, pant.\rques, pancartes, paperasses.
Panth.\rbe. Suivant Philostrate, dans sa Vie d'Apollonius, le pantarbe était une pierre précieuse de l'Inde, ayant de l'analogie avec l'aimant. — Voyez Philostrate, livre III, chapitre xiv.
Panthéologie, mot forgé pour exprimer l'universalité de la théologie, qui embrassait toutes les autres science-;.
Pantofle, p.^ntophle, pantoufles.
Paniolfe, Paudolfo, nom italien.
P.\nurge. « Un factotum, un maistre Aliboriuu, qui de tout se mesle. Item un matois, fin et malicieux. Jupiter, au 2" Dialogue des Dieux de I^ucian, reproche à l'Amour qu'il est y^otov v.tX ~avrJ■J^Yoç. vieux, fin et trompeur. Panurge est un homme qui met toute pièce en œuvre. » (Alph.).
Panurge entre en scène en parlant divers langages. Voici la traduction de ces discours :
1° « lunker, Gott geb, etc. » En allemand.
« Jeune gentilhomme. Dieu vous donne joie et prospérité avant tout.
Cher gentilhomme, je dois vous apprendre que ce que vous voulez savoir est triste et digne de pitié. J'en aurais loag à vous conter, et ce ne serait pas plus amusant pour vous d'écouter que pour moi de narrer, bien que les poètes et les orateurs d'autrefois aient soutenu, dans leurs adages et sentences, que le souvenir des peines et de la pau\Teté endiu-ées soit un vrai plaisir. »
2° « Al barildim gotfano, etc. •« Incompréhensible. M. Burgaud des Jlarets fait cette remarque qu'on peut décomposer en monosyllabes anglais tout ce passage.
i Ail bar iU dim god Fan o deck mine brine ail ado adoor din fall brot zing van ail bar as. Nine pork adit kin ail
GLOSSAIRE ET NOTES
mug at In mllh o prime ail em him, etc. »
3" <i Signor m io, vo i vcdete per essempio... » En italien.
« Monsieur, vous voyez, par exemple, que la cornemuse ne sonne jamais si elle n'a pa5 le ventre plein. Ainsi moi pareillement, je ne puis vous raconter mes aventures si mon ventre affamé n'a pas auparavant sa réfection accoutumée; il lui semble que les mains et les dents ont perdu leurs fonctions naturelles, et sont entièrement anéanties. »
4° « I/)rd, if you be so vertuous... » En anglais.
« Si vous aviez, seigneur, les sentiments aussi élevés que votre stature, voxis auriez pitié de moi : car la nature nous a faits égaux, mais la fortime en a élevé quelques-uns et rabaissé d'autres. Néanmoins la vertu est souvent avilie et les hommes vertueux sont souvent méprisés, car avant le terme filial, personne n'est bon ».
s" « Jona andie, guaussa goussy etan... » C'est du basque défiguré :
L. Urhersigarria {Examen critique du Manuel de la langue basque) le rétablit ainsi :
« Jaun handia, gauza gucietan behar da erremedio; bebar da, bercela icer lan da. Ambatez othoyez nauzu, eguin ezazu gur, aya proposatia ordine den.
Xon izanen baita facheria gabe, ginaraci bada zadazu neure asia. Arren horen hondoan, galde zadazu nahi duzuna; eztut hutcic eguinen zuri nie, erten derauzut eguia arimaz, Jaincoac placer badu. »
C'est-à-dire, littéralement :
0 Alon grand monsieur, à toute chose il faut un remède; il en faut un, autrement besoin est de suer. Je vous prie donc de me faire connaître par signe si ma proposition est dans l'ordre; et si elle vous par^t sans inconvénient, donnez-moi ma subsistance. Puis après cela, demandez-moi tout ce que vous voudrez, je ne vous ferai faute en rien; je vous dis la vérité du fond du cœur, s'il plaît à Dieu. »
f « Prug frest frinst sorgdmand... »
Ce sont des mots forgés à plaisir.
7° 0 Heere, ik en spreeke anders... »
En hollandais.
a Monsieur, je ne parle point une langue qui ne soit pas chrétienne : il me paraît toutefois que, sans que je vous dise un seul mot, mes haillons vous décèlent assez ce que je souhaite.
Soyez assez charitable pour me donner de quoi me restaurer. »
S" « Segnor, de tanto hablar yo soy cansa<lo... » En espagnol.
« Monsieur, je suis las d'avoir tant parlé; aussi je vous supplie d'avoir devant vos yeux les préceptes de l'Évangile, pour qu'ils émeuvent votre conscience : s'ils étaient insuffisants à exciter votre charité, j'invoque la pitié naturelle, et vous n'y serez point insensible. Sur ce, je me tais. »
ij" <( Jlin lierre, endog ieg med ingen... 11 En vieux danois.
« Monsieur, même au cas que, comme les enfants et les bêtes brutes, je ne parlasse aucune langue, mes vêtements et la maigreur de mon corjjs montreraient clairement les choses dont j'ai besoin, ce qui est vraiment de quoi manger et de quoi boire. Ayez donc pitié de moi et ordonnez qu'on me donne de quoi maîtriser mon estomac aboyant, de même qu'on met une soupe devant Cerbère. En ce cas, vous vi\Tez longtemps et heureux. »
10° « Adoni scholom lecha... » C'est de l'hébreu altéré. M. Carmoli le rétablit ainsi :
« Adonai, schalôm. lacliêm. Im ischar hatob aal aabdecha, bimherali thithên li kikar lechêm, chachatub :
malveli adonaï chonèn dal. »
« ilonsieur, la paix soit sur vous. Si vous voulez faire du bien à votre serviteur, donnez-moi tout de suite une miche de pain, ainsi qu'il est écrit : Celui-là prête au Seigneur, qui a pitié du pauvre. » (Proverbes, xix, 17.)
II" « Despota tynin panagatlie. . . »
En grec.
<c Pourquoi donc, excellent maître, ne me donnez- vous pas de pain? Vous me voyez bien mourir misérablement de faim; et vous êtes pour moi sans pitié, et vous me faites des questions inutiles. Pourtant tous ceux qui aiment et cultivent les letlreï n'avouentils pas qu'il n'est nul besoin de recourir aux mots et aux harangues quand la chose elle-même est claire pour tout le monde? Les discours ne sont nécessaires que là où les choses sur lesquelles nous discutons ne se montrent pas à point. »
I,' orthographe du grec de Rabelais, comme le fait remarquer M. de Moutaiglon, se rapporte non pas à la prononciation réglée par Érasme et adoptée jusqu'à nos jours, mais à la prononciation qu'on lui substitue maintenant d'après celle qui s'est conservée tradi-
GLOSSAIRE ET NOTES
tionnellement en Grèce. Rabelais, ami de Lascaris, la connaissait.
12" € Agonou dont oussys vou denaguez... » Inintelligible.
1 3» « jam toties vos, per sacra. . . » En latin.
€ Je vous ai déjà bien des fois conjuré, par ce qu'il y a de plus sacré, par tous les dieux et par toutes les déesses, si quelque pitié peut vous toucher, de me soulager dans mon indigence; mais mes cris et mes lamentations ne servent à rien. Permettez, je vous prie, permettez-moi, hommes impitoyables, de m'en aller partout où les destins m'appellent, et ne me fatiguez point davantage de vos vaines interpellations, vous souvenant de l'ancien proverbe qui dit que veiiire affamé n'a point d'oreilles. »
Panzoust, village du Chinonnais.
P.\ouR, peur.
PAorrvRE, pao\tœ:, pau\Te.
Paou\tiet, paovset, pauvret.
PAOtrvTŒTÉ, p.iioVRETÉ, pauvreté.
Papefigues, qui font la figue au pape, qui se moquent du pape; ce sont les protestants.
P.iPEFiGuiÊRE, pays des Papefigues.
L'anecdote du diable de Papefiguière a été contée par La Fontaine.
P.^PEFiL, la partie supérieure d'une voile.
P.tPEGAUT, PAPEGESSE, nomS gTOtCSqUCS
formés du mot pape.
Pagegay, papeguay, perroquet.
P.\PEL.\RD, hypocrite, faux dévot.
Papeligosse, pays où l'on se gosse du pape, comme celui de Papefiguière.
Paperasser, manier, consulter des paperasses.
Paperat, papier, paperasse.
Papillettes, brins; diminutif de paillettes.
Papiixox, raie bouclée; poisson.
P.-vpiM.\XE, ayant la manie, la folie du pape. D'où Papimanie, pays des Papimanes, et l'adjectif papimanique.
Papinian, Papinien, célèbre jurisconsulte romain.
P.\PPE, duvet qui enveloppe certaines fleurs, comme celle du chardon.
Papver, commencer à parler comme les enfants, bégayer, babiller.