DÉ BOSSUET AU CARDINAL ALT1EBI
Monseigneur, La lettre que Votre Eminenee m'a fait l'honneur de mécrire en confirmation de ce que M. l'abbé Lauri m'avait fait voir dans les deux dépêches que Votre Eminenee lui avait adressées sur le sujet de mes affaires, m'oblige y une éternelle reconnaissance, et je ne puis tarder davantage à lui en faire mes remercîments très-humbles et très-sincères.
Gomme j'ai écrit il y a longtemps qu'on acceptât avec respect l'a grâce que le sacré collège voudrait bien me faire par l'entremise de Votre Eminenee, et qu'on fît les offres que Votre Eminenee et monseigneur le cardinal d'Eslrëes ordonneraient, j'attends mes bulles dans peu, et je me prépare, Monseigneur, à aller bientôt travailler dans le diocèse de Meaux. Cependant, comme je crois devoir principalement aux bontés du roi celles que Votre Eminenee me fait l'honneur de me témoigner en cette occasion, j'ai cru être obligé d'en rendre compte à Sa Majesté qui a paru savoir bon gré à Voire Eminenee des offices dont elle appuie la grâce qu'un si grand roi a bien voulu demander pour moi. Reste que je rende grâces très-humbles a Votre Eminenee du jugement favorable qu'elle daigne faire du dernier ouvrage que j ai pris la liberté de lui présenter; ce serait
pour moi, M nseigneur, le plus haul dcgr*J de satisfaction, de mériter I approbation de Votre Eminenee, dont toute l'Eglise révère le génie, le savoir et la piété.
Je suis avec un profond respect et une reconnaissance sincère, Monseigneur, de Votre Eminenee, Le très-humble et très obligé serviteur, Jacques Bénigne, év. de Condom.
A Paris, î) août 1681.
LETTRE CCCXXXÏI