‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 435 sur 458 · SAINT A MOI · texte numérisé non relu

SAINT A MOI

J'ai gardé* cner époux, des fruiii d- Choit i / le* plu* beaux ï

GoÛleZ ; ton! rsl | \,,ii- . [ j, VOU Cfl

D i rieui • i de* dou veaux.

utriuu Simple, humble, solitaire >-i louj n do m

Ell présents délirais, en c .u. •*•,,■-, |. . onde,

Par un aoin iromei tel,

L'ép us • qui d'un Dieu su les ma< Et de d( u\ t; -i .1 iik nta I > m h En pai >' -n ai leL

Eprise des beau léi de la simple na ure Su- les fruits, sur les Oeui I, elle Vt il !a ,

D • son do le pinceau :

A l'aspect des trésors de la saison noinr< Il , Elle adm re les Uail> d'une main étemelle

Dai s son riche tableau.

Quede variétés, son jardin nous enfant Dans ses fertiles plants tout répond a i i

D'un soin industi iem :

Les racines, les jets, ce que li terre cache, Ce ou'eJle montre au ciel égalai eut attache

Les désirs curieux.

Croissez, humbles vertus, en secrel élevé»1*

Et lorsqu'à votre point vous serez ai rivées

Par un parfum charmant

Qui perce malgré vous le sein qui vous enserre Vous serez notre joie et du sacré parterre Le plus bel ornement.

Ainsi, dans le désert le zélé solitaire

Qui ne sait que gémir, se cacher el se taire.

El, malgré sa pudeur, Sous les yeux de l'époux, la vierge retirée, Dans sou humble clôture à jamais enterrée

Répandent leur odeur.

Quis mihi de! te fralrem meuni, etc. ICr.nl. mu, l.)

Jésus-Christ enfatt. — Tendit victime. — On l' écoute i . son Eglite.

Cher frère, cher époux, dans ion aimable enfance,

Que je te trouve beau !

El qu'il me sera doux d'apprendre l'innocence

Au pied de ton Ivreeau !

Je ne le cher» ne pas dans le vin de ton Teie

A m s yen* refusé ; Sorti de ce secret el devenu mon frère,

Cent fois je l'ai lu:

Qu'on i.e méprise plus mon ardeur enflamm le te trouve en un lieu

O.'i trop heureuse sœur du même van- formée Je contente mon feu.

Si ton père est le nôtre el qu'ainsi je l'appelle

Par un semblable aurait, A la mère attachée ru pressant *a manie'

J'en nuire le la i.

An dedans Lut à coup .l'un doux transport saMe Je le prends dans mes bras p h,' . bei (•• Ile à « n i ï j i" dois la vie, Où m m'enseigneras.

.'<• promène mon coeur an milieu dos mystères, Partout l'entends la voix, île, h. parcourant ces objets salutaires, J'y \ois toujours ta croix.

Je te vois, tendre agneau devenu la victime

De tout le genre humain :

Vu clou perce déjà pour expier mon crime

Ton iiuion nie main.

Pendant qu'avec douleur en secret je l'admire

Dans ton sacré tombeau, Je le nuls sur mon sein comme un bouquelde myrrhe

Ornement tout nouveau.

Je vois cliiceler de la face éclatante

Les rayons glorieux, M is la chair empourprée cl de sang dégoûtante

Me frappe aussi les yeux.

De la cliasie blancheur, de ton rouge admirable Egalement saisi,

Mon cœur a pour objet l'Epoux incomparable

Entre mille choisi.

Mon amant altéré reçoit de ma tendresse

Les vins réjouissants, I.i de mes grenadiers sur ses lèvres je presse

Les grains rafraîchissants.

RLFLCXION.

Par cent bouches l'Epoux fléchit les âmes dures; Il en emploie autant qu'il ouvre de blessures;

Son exemple est ma loi.

11 aime la douceur de ce divin langage, (.'. st le vin de l'Epoux et l'agréable gage

D'une immortelle foi.

I e martyre est ma gloire et la croix est ma vie, .S tuffrir pour mon Epoux est toute mon envie :

C'est un Epoux de sang :

Ei porter de sa mort la glorieuse empreinte, C'est as ce les martyrs, parmi sa troupe sainte,

Prendre le premier rang.

Invincible docteur qui, dans la solitude, Me fait sentir sa grâce et mon ingratitude;

11 me parle en amant :

JYcoute en sûreté dans le sein de l'Eglise, Lt soit qu'il me corrige, ou qu'il me favorise,

Je l'aime également.

Qua? est isla quae ascendil? {Canl. vni.Sseq.) les épreuves. — L'amour épuré.

Que vois-jc? du ,!(>cri heureuse elle s'élèv",

A.i comble des plaisirs : L'épreuve la soutient; la solitude achève D'épurer ses désirs.

De son divin Epoux avec quelle assurance

Elle en f.iit son appui !

Dans son bras elle a mis louie son espérance

El ne connaît que lui.

D'un arbre malheureux le fruit t'a corrompue,

Ta mère en a péri :

Un arbre a du péché la course interrompue,

El le mal est guéri.

Sur ton bras, sur ton cœur, mets-moi comme une A loi seul attaché, [empreinte :

Mon cœur rompra plutôt que par une aucune atteinte Il en soil arraché.

Pour loi je souffrirai d'un chaste amour saisie

Et les feux et le fer Plutôt que d'offenser ta sainte jalousie

Plus dure que l'enfer.

Les eaux n'éteindront pas une flamme si pure,

Et les flots soulevés Qui font frémir les sens et trembler la nature

Tout à coup sont crevés.

S'il faut abandonner et les biens et la vie,

Je bénirai mon son :

S'il faut dans les lourmenls voir la mort en furie

Mon amour est plus fort.

KÉFLEXÎON.

Insatiable Epoux qui jaloux de votre ombre

Me causez des langueurs et des peines sans nombre,

11 faut vous contenter ; Cruel, pour égaler votre délicaiesse El de vos mouvements seconder la vitesse

Que ne dois-je tenter?

Preste à tous vos moments; à vous seu e attentive De. votre volonté l'éternelle captive,

Je ne suis point pour moi :

Dans vos secrels sentiers, à moi-même inconnue, De tous secours humains je marche dépourvue

El ne vis que de foi.

L'âme dans sa carrière un long temps exercée, Qui voit par cent combats à la gloire avancée,

Les vices abattus; De ses propres efforts à la lin se délie, Et craint pour son ; mour qu'il ne se glorifie

Des dons et des venus.

Quae habitas in hortis, etc. — Vox tua dulcis et faciès Lua décora. (Canl. vm, 15; u, 14.)

Chant de l'Epouse. — Elle craint les excessives douceurs

Toi qui de ces jardins l'hôtesse et la merveille,

De tes doctes chansons Fais entendre aux amis qui le prêtent l'oreille

Les célestes leçons.

Ainsi que ton bel œil, ta belle voix les louche* Et les airs ravissants,

f51 POESIES. - l/ÀMOl R INSATUB1 i:

Tes doux accords pousses de la savante Loi; Vont enchanter les sens.

Ecoutez : mon amante enfin rompt le silence

De ces aimables lieux ; Heureux qui peut goûter la sainlc violence

De ses chants amoureux

Fuyez, mon bien-aimé : je hais la multitude

Qui m'ôle mon Epoux ; Je ne puis vous parler que dans la solitude,

Ni chanter que pour vous.

Fuyez ; j'irai partout, à vos pas attachée

Par de pieux efforts; Après vos doux attraits sans en être empêchée

Par mille et mille morts.

Dans tes embrassementi de pla \h iuon \ée, Moi-même je m'j perdit

Plus vite qu'un chevreuil, i - i » nom >

D'où viennent les odi-urs Qui d'un parfum céleete embaument les

El soutiennent les cceui

Belle eo les vérités, en les chants merveilleuse D.His Un Bolenniti i grande et majettuea

Autour de les autels, Sainle Eglise, le ciel repond a ta mUSlqUe

I i l'accompagnement du concert angélique Ravit tes immortels.

De péchés accablé, de vos chastes caresses

Qui peut porter l'excès?

Dans ces malhcureuxjours, voire croix, vos détresses

Ont un meilleur succès.

Fuyez ; je n'en puis plus : d'un amant possédée, Jalouse de mes fers,

Oh ! de l'amour divin élrang * destinée ! Dans ce bannissement une âme infortunée

N'en peut porter le poids, Il faut que, séparé de tout attrait sensible, Un Dieu dans sa lumière auguste, inaccessible,

Se cache quelquefois.

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