SAINT A MOI
J'ai gardé* cner époux, des fruiii d- Choit i / le* plu* beaux ï
GoÛleZ ; ton! rsl | \,,ii- . [ j, VOU Cfl
D i rieui • i de* dou veaux.
utriuu Simple, humble, solitaire >-i louj n do m
Ell présents délirais, en c .u. •*•,,■-, |. . onde,
Par un aoin iromei tel,
L'ép us • qui d'un Dieu su les ma< Et de d( u\ t; -i .1 iik nta I > m h En pai >' -n ai leL
Eprise des beau léi de la simple na ure Su- les fruits, sur les Oeui I, elle Vt il !a ,
D • son do le pinceau :
A l'aspect des trésors de la saison noinr< Il , Elle adm re les Uail> d'une main étemelle
Dai s son riche tableau.
Quede variétés, son jardin nous enfant Dans ses fertiles plants tout répond a i i
D'un soin industi iem :
Les racines, les jets, ce que li terre cache, Ce ou'eJle montre au ciel égalai eut attache
Les désirs curieux.
Croissez, humbles vertus, en secrel élevé»1*
Et lorsqu'à votre point vous serez ai rivées
Par un parfum charmant
Qui perce malgré vous le sein qui vous enserre Vous serez notre joie et du sacré parterre Le plus bel ornement.
Ainsi, dans le désert le zélé solitaire
Qui ne sait que gémir, se cacher el se taire.
El, malgré sa pudeur, Sous les yeux de l'époux, la vierge retirée, Dans sou humble clôture à jamais enterrée
Répandent leur odeur.
Quis mihi de! te fralrem meuni, etc. ICr.nl. mu, l.)
Jésus-Christ enfatt. — Tendit victime. — On l' écoute i . son Eglite.
Cher frère, cher époux, dans ion aimable enfance,
Que je te trouve beau !
El qu'il me sera doux d'apprendre l'innocence
Au pied de ton Ivreeau !
Je ne le cher» ne pas dans le vin de ton Teie
A m s yen* refusé ; Sorti de ce secret el devenu mon frère,
Cent fois je l'ai lu:
Qu'on i.e méprise plus mon ardeur enflamm le te trouve en un lieu
O.'i trop heureuse sœur du même van- formée Je contente mon feu.
Si ton père est le nôtre el qu'ainsi je l'appelle
Par un semblable aurait, A la mère attachée ru pressant *a manie'
J'en nuire le la i.
An dedans Lut à coup .l'un doux transport saMe Je le prends dans mes bras p h,' . bei (•• Ile à « n i ï j i" dois la vie, Où m m'enseigneras.
.'<• promène mon coeur an milieu dos mystères, Partout l'entends la voix, île, h. parcourant ces objets salutaires, J'y \ois toujours ta croix.
Je te vois, tendre agneau devenu la victime
De tout le genre humain :
Vu clou perce déjà pour expier mon crime
Ton iiuion nie main.
Pendant qu'avec douleur en secret je l'admire
Dans ton sacré tombeau, Je le nuls sur mon sein comme un bouquelde myrrhe
Ornement tout nouveau.
Je vois cliiceler de la face éclatante
Les rayons glorieux, M is la chair empourprée cl de sang dégoûtante
Me frappe aussi les yeux.
De la cliasie blancheur, de ton rouge admirable Egalement saisi,
Mon cœur a pour objet l'Epoux incomparable
Entre mille choisi.
Mon amant altéré reçoit de ma tendresse
Les vins réjouissants, I.i de mes grenadiers sur ses lèvres je presse
Les grains rafraîchissants.
RLFLCXION.
Par cent bouches l'Epoux fléchit les âmes dures; Il en emploie autant qu'il ouvre de blessures;
Son exemple est ma loi.
11 aime la douceur de ce divin langage, (.'. st le vin de l'Epoux et l'agréable gage
D'une immortelle foi.
I e martyre est ma gloire et la croix est ma vie, .S tuffrir pour mon Epoux est toute mon envie :
C'est un Epoux de sang :
Ei porter de sa mort la glorieuse empreinte, C'est as ce les martyrs, parmi sa troupe sainte,
Prendre le premier rang.
Invincible docteur qui, dans la solitude, Me fait sentir sa grâce et mon ingratitude;
11 me parle en amant :
JYcoute en sûreté dans le sein de l'Eglise, Lt soit qu'il me corrige, ou qu'il me favorise,
Je l'aime également.
Qua? est isla quae ascendil? {Canl. vni.Sseq.) les épreuves. — L'amour épuré.
Que vois-jc? du ,!(>cri heureuse elle s'élèv",
A.i comble des plaisirs : L'épreuve la soutient; la solitude achève D'épurer ses désirs.
De son divin Epoux avec quelle assurance
Elle en f.iit son appui !
Dans son bras elle a mis louie son espérance
El ne connaît que lui.
D'un arbre malheureux le fruit t'a corrompue,
Ta mère en a péri :
Un arbre a du péché la course interrompue,
El le mal est guéri.
Sur ton bras, sur ton cœur, mets-moi comme une A loi seul attaché, [empreinte :
Mon cœur rompra plutôt que par une aucune atteinte Il en soil arraché.
Pour loi je souffrirai d'un chaste amour saisie
Et les feux et le fer Plutôt que d'offenser ta sainte jalousie
Plus dure que l'enfer.
Les eaux n'éteindront pas une flamme si pure,
Et les flots soulevés Qui font frémir les sens et trembler la nature
Tout à coup sont crevés.
S'il faut abandonner et les biens et la vie,
Je bénirai mon son :
S'il faut dans les lourmenls voir la mort en furie
Mon amour est plus fort.
KÉFLEXÎON.
Insatiable Epoux qui jaloux de votre ombre
Me causez des langueurs et des peines sans nombre,
11 faut vous contenter ; Cruel, pour égaler votre délicaiesse El de vos mouvements seconder la vitesse
Que ne dois-je tenter?
Preste à tous vos moments; à vous seu e attentive De. votre volonté l'éternelle captive,
Je ne suis point pour moi :
Dans vos secrels sentiers, à moi-même inconnue, De tous secours humains je marche dépourvue
El ne vis que de foi.
L'âme dans sa carrière un long temps exercée, Qui voit par cent combats à la gloire avancée,
Les vices abattus; De ses propres efforts à la lin se délie, Et craint pour son ; mour qu'il ne se glorifie
Des dons et des venus.
Quae habitas in hortis, etc. — Vox tua dulcis et faciès Lua décora. (Canl. vm, 15; u, 14.)
Chant de l'Epouse. — Elle craint les excessives douceurs
Toi qui de ces jardins l'hôtesse et la merveille,
De tes doctes chansons Fais entendre aux amis qui le prêtent l'oreille
Les célestes leçons.
Ainsi que ton bel œil, ta belle voix les louche* Et les airs ravissants,
f51 POESIES. - l/ÀMOl R INSATUB1 i:
Tes doux accords pousses de la savante Loi; Vont enchanter les sens.
Ecoutez : mon amante enfin rompt le silence
De ces aimables lieux ; Heureux qui peut goûter la sainlc violence
De ses chants amoureux
Fuyez, mon bien-aimé : je hais la multitude
Qui m'ôle mon Epoux ; Je ne puis vous parler que dans la solitude,
Ni chanter que pour vous.
Fuyez ; j'irai partout, à vos pas attachée
Par de pieux efforts; Après vos doux attraits sans en être empêchée
Par mille et mille morts.
Dans tes embrassementi de pla \h iuon \ée, Moi-même je m'j perdit
Plus vite qu'un chevreuil, i - i » nom >
D'où viennent les odi-urs Qui d'un parfum céleete embaument les
El soutiennent les cceui
Belle eo les vérités, en les chants merveilleuse D.His Un Bolenniti i grande et majettuea
Autour de les autels, Sainle Eglise, le ciel repond a ta mUSlqUe
I i l'accompagnement du concert angélique Ravit tes immortels.
De péchés accablé, de vos chastes caresses
Qui peut porter l'excès?
Dans ces malhcureuxjours, voire croix, vos détresses
Ont un meilleur succès.
Fuyez ; je n'en puis plus : d'un amant possédée, Jalouse de mes fers,
Oh ! de l'amour divin élrang * destinée ! Dans ce bannissement une âme infortunée
N'en peut porter le poids, Il faut que, séparé de tout attrait sensible, Un Dieu dans sa lumière auguste, inaccessible,
Se cache quelquefois.