‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 55 sur 325 · ILS DE BOSSU LT · texte numérisé non relu

ILS DE BOSSU LT

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Quin tu igitur expergiseeris , Prince ps, nique intueris summum virum parenlem muni, regum maximum? bic pace belloque iuxta bonus, rébus omnibus praeest, cônsilia omnia moderatur; ad exterorum priuci- I um mandata respondet; suis -ipse legalis quid fieri velit, ostendit, au rerum tractandarum arcana dotwt; optimislegibus constijuit rempublicam ; alios alio dirigit, suos ipseductat exercitus, ae summanj rerum mente complexus, singulis quoque curis adjicit animum. Atque ille quidem avet te- ( um communicare ccnsilia, ac teneram œtatem regnandi artibus ipformare. Finge modo animum tantis rébus parem. Neque quantum imperium a majoribus acceperis, sedquanta vigilantia relinere illu<l au tuoii valeas, fae cogites ; ne(]ue occupatissimam ac negotiosissimam vitam tuam ab incogilanlia atque desidia inchoatara velis. His quippe initiis omnem animi lucemexstinxeris,ac prœclaro iicet nalus ingenio, lanlum Dei munus aut ipse ultroamiseris, aut rébus gerendis prorsus inutile éffeceris. Quo enim tibi arma, quamvis affabie farta, nisi ad manum habeas? aut quo tibi aiiimus atque ingenium, nisi eo diligcnter utaris, ejusque aciem intendas? Sci Iicet ea tibi bona omnia peri- Imnt : utque si a saltando aut scribendo désistas, ipsa desuetudo inimperitiamdesinat; iia plane nisi animum exerceas et adlendas, is turpi veterno torpidus corrumpetur, neque cum maxime velis larçguentem excitare «ut erigerc jacentem , ulla iiuiustria poleris.

l'ambitieux, il soulèvera l'entreprenant, il aigrira le mécontent. A peine trouverez* vous quelqu'un à qui vous puissiez vous fier : tout sera factions, artifices, trahisons. Au milieu de l'orage vous croirez qu'il n'y a qu'à demeurer tranquille dans votre cabinet, espérant, comme dit un de vos poètes, que les dieux feront vos affaires pendant que vous dormirez. Vous seriez loin de la vérité, si vous le pensiez. « C'est en veillant, » disait sagement Caton, ainsi queSallusle l'a rapporté, «c'est en agissant, c'est en prenant bien son parti, qu'on a d'beuv rcux succès. Mais livrez-vous a une lâche indolence, vous implorerez en vain les dieux; ils sont en colère et disposés à vous nuire. » Voilà en effet ce qui arrive. Dieu ne nous a pas donné, pour n'en pas faire usage, le flambeau qui nous éclaire sans discontinuation, cette faculté de nous rappeler le passé, de connaître le présent, do prévoir l'avenir. Quiconque ne daignera pas mettre à profit ce don du ciel, c'est une nécessité qu'il ait Dieu et les hommes pour ennemis. Car il ne faut pas s'attendre, ou que les hommes respectent celui qui méprise celui qui le fait homme, ou que Dieu I rotége celui qui n'aura fait aucun état do ses dons les plus excellents.

Que tardez-vous donc, Monseigneur, à prendre votre essor? que ne jetez-vous les yeux sur le plus grand des rois, votre auguste père, dont la paix et la guerre font également briller la vertu; qui préside à tout; qui donne lui-même aux ministres étrangers ses réponses, et aux siens les lumières dont ils ont besoin pour exécnlerses ordres ; qui établit dans son royaume lesplus sages lois ; qui décide la marche de ses armées, et souvent les commande en personne; qui enfin, tout occupé des affaires générales, ne laisse pas d'embrasser les détails? Rien qu'il souhaite avec tant d'ardeur que do vous faire entrer dans ses vues, et de vous apprendre de bonne heure l'art de régner. Formez-vous un esprit qui réponde à de si hauts projets. Ne songez point combien est grand l'empire que vous ont laissé vos ancêtres ; mais quelle vigilance il faudra que vous ayez pour le défendre et le conserver. Ne commencez pas par l'inapplication et par la paresse une vie qui doit être si occupée et si agissante. De tels commencements feraient qu'étant né avec beaucoup d'esprit, vous ne pourriez que vous imputer à vousmême l'extinction ou l'inutilité de cette lumière admirable, dont le riche présent vous vient du ciel. A quoi, en effet, vous serviraient des armes bien faites, si vous ne les avez jamais à la main? A quoi, de même, vous servira d'avoir de l'esprit, si vous ne l'employez pas, et que vous ne vous appliquiez pas? C'est autant de perdu. Et comme si vous cessiez de danser ou d'écrire, vous viendriez, manque d'habitude, à oublier l'un et l'autre ; de même, si vous n'exercez votre esprit, il s'engourdira, il tombera dans une espèce de léthargie; et quelques efforts quo vous eussiez alors envie de faire pour 1 culircr, vous n'y serez plus à temps.

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Inleraa fœdœ cupidité les «xsurgenl: libido,

irncundi., perniciosissimi priocipum con-

Millorcs. te ad pessiuium quodiiue facinus stimulabunt, atque obruta semel ingenii luce, ad cas pestes compriniendas niliil tibi auxilii reliqueris. Quod quam alienum ah imferio sit, tuleipse per te facile intelligas. Qui enim >-uis cupiditatibus r.ipitur, ismerilo vocatur impotent. Nuque valere quidquam ille putandusesl qui, eu m cœteris iœperet, ipse sui potens non est. Cujus sane eo est gravior ae tristior servitus, quod ea parle serviat, quam omnino sui juris Deus osse voluit : ea est animus, ac mens. Igitur qui potens esse et haberi vult, is à seimperandi ducat inilium ; modutn imponat ira?; voluptales quamvis blandientes coerceat, et castiget ; animum denique suuui habeat in polestate. Quod neuiosibicomparaverit, nisi serio agere, alque ad rationis normam vitam exigerejam inde a puero instituerit.

Yeniat in inentem, obsecro, Dionis filius, qui cum in Dionysii tjrapni potestate esset, is, parentis odio, acerbissima quaeque in adolescentis perniciem eogitavit. Quidpoero fecerit, lui Cornelii Nrpotis prodit historia. Novum exoogitavit ultionis genus:neque etiim aut t'errum strinxit in puerum, aut in vincula conjecit, aut insontem vexavit famé; veruui, quod lueiuosius, aniuji bona corrupit. ld aulem qua ratione perfecit? nempe induisit omnia, alque inconsultam adolescentiam suis permisitconsiliis vivere. Itaque adolescens, duce voluptate, in omne probrum prosiliit. Nemo regebat œlatem improvidam; nemo vitiis blaudionlibus repugïiabat. Quidquid îlli collibuerat, indulgebant; quid.quid erraveral, collaudabant. Sic animus, fœda adulatione corruptus, iu omne uagilium prœceps ruit. At intuere, princeps, quanto facilius hommes in libidinem proruant , quam ad \irtutis studium revocenlur. Postquain adolescens reslitutus est patri, is custodes adhibuit qui cum a pristino victu dedueerent. Scd id frustra fuit; nain carere luce, quam consuetis voluptatibus maluit, seque ex superiori parte dejeeit asdium. Ex quo duo queedarn intelligis : Primum, amicos eos esse qui nostris c.upiditatibus obsistant, vel inimicissimos qui faveant.— Tum iliud imprimis: si pueris mature cura adhibeatur, patriam auctoritatem et rectam institutionem valere ; ubipravis inslifutis prœoccupatur animus, tum

pi:ha<;. — m. a m..h i.i. pali'Hi.n.

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Alors il s'élèvera en vous de honteuse*

passions. Alors le goût du plaisir, et la colère, qui sont les plus dangereux conseille! s dus princes, vous porteront à toute sorte de crimes ; et le flambeau qui seul aurait pu vous guider, étant une fois éteint, vous vous serez mis hors d'état de compter sur aucun secours- Vous comprenez aisément vousmême combien on serait, dans une pareille situation, peu capable de gouverner. Aussi n'est-ce pas à tort qu'un homme emporté par ses passions est regardé comme n'étant plus maître de rien. Puisqu'il n'est pas son maître, comment le serait il des autres? Esclave d'autant plus à plaindre, que sa servitude tombe sur cette partie de lui même, sur cette raison, par laquelle Dieu a voulu que tous les hommes fussent libres. Qui voudra donc être maître, et tenu pour tel, qu'il commence par exercer sur lui-même son pouvoir: qu'il sache commandera la colère ; que les plaisirs, malgré tout ce qu'ils auraient d'attrayant , ne le tyrannisent point ; qu'il jouisse toujours Je sa raison. Or, voilà ce qu'on ne doit attendre de personne, si ce n'est une habitude prise dans le bas âge.

Rappelez-vous, je vous eu conjure, de quelle manière Denis le tyran traita le fils de Dion, pendant qu'il i'eut en sa puissance. Tout ce qu'on peut imaginer de pi us barbare, c'est ce que la haine qu'il avait pour le père lui fit entreprendre contre le (ils. Vous avez vu dans votre Cornélius Nepos , qu'inventeur d'un nouveau genre de vengeance, il ne tira point l'épée contre cet enfant innocent ;il ne le mit point en prison ; il ne lui tit point souffrir la faim ou la soif; mais ce qui est plus déplorable, il corrompit eu lui toutes les bonnes qualités de l'âme. Pour exécuter ce dessein, il lui permit tout, et l'abandonna, dans un âge inconsidéré, à ses fantaisies, à ses humeurs. Le jeune homme, emporté par le plaisir, donna dans la plus affreuse débauche. Personne n'avait l'œil sur sa conduite ; personne n'arrêtait le torrent de ses passions. On contentait tous ses désirs; on louait toutes ses fautes. Ainsi corrompu par une malheureuse (laiterie, il se précipita dans toute sorte de crimes. Mais considérez, Monseigneur, combien plus facilement les hommes tombent dans le désordre, qu'on ne les ramène à l'amour de la vertu Après que ce jeune homme eut été rendu à son père , il fut mis entre les mains de gouverneurs qui n'oublièrent rien pour obtenir qu'il changeât. Tout fut inutile: car, plutôt que de se corriger, il aima mieux renoncer à la vie, en se jetant' du haut en bas de la maison. Tirez de là deux conséquences, dont la première est, que nos véritables amis sont ceux qui résistent ànos I assions, et que ceux au contraire qui les favorisent, sont nos plus cruels ennemis ; la seconde et la plus importante, que si de bonne heure ou prend bien garde aux enfaits, alors l'autorité paternelle et de bons documents peuvent beaucoup. Au contraire si de mauvaises et fausses maximes leur

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ŒUVRES COllPLï

consuetudinis invictam esse vim, atque inveteratam morbum frustra remediisautarte tentari. Huic igitur raalo, ne tint insanabile, quam primum occurrer. lum. Inid incumbe, l'rinceps, atque ut in te ratio maxime invalescat, ne tu animum hue illuc divagari, aut rébus inanibus pasci sinas; sed eum alas optimis sanrtissimisque cogitai ionibus, luis sectetur, bis adhœrescat, his penitusimbua- Iur, ex bis fructus capere uberrimos assuescat.

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