LXVII
AU PERE JEAN-BAPTISTE DE VARALLO, RÉCOLLET, GARDIEN DU COUVENT DE SAINTE -M ARIE, A PONTICELLI.
Le Bienheureux est demandé de toutes parts pour donner des missions. — Son amour pour la retraite.
[tiologne?] 24 décembre [1746].
Mon bien cher père en Jésus-Christ,
Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous.
Je vous remercie de l'avis , et vous saurez de plus que, non-seulement notre Reverendissime Supérieur, mais le Saint-Père lui-même s'est inquiété des vives instances qui lui sont faites pour ces missions, et a écrit a l'Eminentissime Crescenzi que finalement je n'étais pas un être nécessaire; il a jugé bon aussi que, pour me débarrasser, je renvoyasse les solliciteurs à ses pieds, quoique depuis il ait accédé aux demandes des Evêques d'Ancóne, de Spolète et de Todi; ces messieurs de Terni ont atteint leur but , grâce a l'intervention de l'Eminentissime Cardinal Protecteur, et enfin le Reverendissime Supérieur lui-même a dit à monseigneur Belmonte qu'après la mission de Terni nous pourrons facilement aller à Civita-Castellana ; l'évêque de Narni m'a déjà
(1) 22e de J'edit. ita).
LÉONARD IH. l'OKT-M.M Rl( I o89
envoyé son vicaire-général , je suppose bien qu'il ne manquera pas de faire encore d'autres démarches; enfin notre Provincial m'écrit qu'il satisferait volontiers /es religieuses de Riéti , lesquelles demandent que je leur donne les exercices spirituels. — Je me laissé ballotter ça et la par la divine Providence , et si elle dispose que je n'aille pas à Rome, je m'en réjouirai, car j'en ai de la répugnance pour plusieurs motifs, quoique je sois tout prêt à obéir. Cependant j'irais bien plus volontiers à Saint-Ange pour vaquer en repos aux saints exercices , et si vous êtes rétabli, comme je le crois, nous nous y reverrons. Je ferai à Rome toutes les diligences possibles pour obtenir celte consolation ; étant entré dans ma soixante-douzième année , je voudrais me préparer de plus près au grand passade.
Priez pour moi.
Fr, Léonard.
LXVIIl1.
Al PÈRE PIERRE DE VICOVARO , RÉCOLLET, A ROXE.
Occupations du Bienheureux.
[>u couvent du Saint-Esprit de Ferrare, \p li mars 1747.
Mon rif.n cher père es Jésis-Christ ,
Que la paix de notre bon Jésus soit avec vous.
Je reçois le brevet en question pour consoler ce pauvre
(!) 5e de redît, ital.
religieux ; je vous en remercie ; n'omettez pas de remercier monsieur l'abbé Masotti , que je ne manquerai pas de recommander à Dieu en môme temps que monseigneur le Cardinal. •
Hier matin, je suis allé chez notre Eminentissime Archevêque ' , qui m'a prêté votre ouvrage; pour lui, il n'a pas le temps de le lire, étant surchargé d'occupations dans les commencements de son administration. Quant à moi, je le lirai pendant la Semaine-Sainte, que je passerai en retraite dans la Chartreuse pour y faire les exercices spirituels, après quoi je vous écrirai. Maintenant je fais le tour des monastères ; il s'y fait beaucoup de bien, mais c'est une besogne plus fatigante que celle des missions. Dieu soit loué en tout !
Quant à mon retour, il est suspendu par le Pape; je vous en dirai davantage après ma retraite; entre temps recommandez-moi au Seigneur afin qu'il me détache de tout , et que je ne désire autre chose que la bienheureuse vision de Dieu et de notre très- sainte Mère. Vive Jésus!
Fn. Léonard.
I Le cardinal Crescenzi , Marcel . d'abord lc-gat de Ferrare , et devenu , en 1746 , archevêque de la même ville.
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