LA TOSCANE
Quelques notions sur l'histoire de la Toscane pendant la première moitié du dix-huitième siècle sont nécessaires pour bien comprendre certains passages de la Vie et des écrits du bienheureux Léonard.
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Cosine Ili de Médiris , dont il est le plus souvent parlé dans la 17e , régna sur le grand-duché pendant l'espace de cinquante-trois ans (1670-1723). Il nous apparaît comme un prince équitable et doué d'une piété éclairée , constamment occupé de procurer le bonheur de ses sujets et surtout de faire fleurir la religion dans ses Etats. Telle est l'idée que nous en donnent le Bienheureux lui-même et son historien. Il n'est pas étonnant que de pareilles qualités lui aient attiré l'animad version des écrivains philosophes. César Cantu ! , à leur suite , en porte un jugement aussi défavorable que mal fondé : il s'attache spécialement à tourner sa piété en ridicule ; on voit que c'est la le grand crime de ce prince aux yeux de ses adversaires. Bouillet 2 et Moroni 5 lui-même ne se sont pas assez mis en garde contre ce jugement inique.
Cosme III eut la douleur de voir mourir son fils aîné Ferdinand sans postérité. Il avait épousé la princesse Violante-Béatrix (ou Yolante) de Bavière , qui lui survécut.
Jean-Gaston , son second fils, lui succéda et régna de 1723 à 1737 , année de sa mort. Il ne laissait qu'une fille , dernier rejeton de l'illustre famille de Médicis , mariée a l'Electeur Palatin , et qui ne put lui succéder. En vertu d'un traité entre les grandes puissances , la Toscane fut donnée au duc de Lorraine dépossédé, en échange de ce qu'il avait perdu , et elle fut occupée à la mort de Jean-Gaston (1 737) au nom de François , époux de Marie- Thérèse. L'électrice palatine l'institua a sa mort son légataire universel. Le grand-duc François étant devenu em-
(1) Histoire univ. tom. 9. p. 68. Ed. Biux. 1848.
(2) Diction. V.° Médicis.
(3) Dizion. d'erud. V. ° Firenze.
pereur en 17i-> , la Toscane cjui avait aspiré à l'indépendance, gémit de se voir réduite en province d'un souverain éloigné. Cependant les potentats convinrentqu'elle ne pourrait jamais être réunie à l'empire, mais qu'elle appartiendrait à une branche cadette de la maison d'Autriche- Lorraine. En conséquence Pierre-Léopold (1765) vint régner sur le pays. Telle est l'origine de la dynastie qui y régne encore aujourd'hui.