MISSIONNAIRE
Témoignages d'estime, de confiance, de reconnaissance et d'amitié.
Rome , 12 février 1735.
Mille remercîments a mon très-estimé Père Léonard , pour sa lettre du premier de ce mois. J'avais toujours intention de vous écrire depuis la perte que j'ai faite, mais le temps m'a constamment fait défaut. Cependant je n'ai pas omis de brûler , sans la lire , une de vos lettres qui fut trouvée avec d'autres papiers sous l'oreiller de la Reine , quand elle est morte.
Tout ce que vous m'en dites me procure une grande consolation. Elle était sans nul doute mûre pour le ciel , où j'espère qu'elle obtiendra de Dieu ce que son âme désirait. J'aurais beaucoup de choses a vous dire , et sur elle , et sur moi , mais je n'aime pas de confier quoi que
ce soit, au papier, d'autant plus que j'éprouve beaucoup de peine à écrire de ma propre main. C'est pourquoi je suis vraiment impatient de vous revoir , tant pour recevoir consolation et secours de vos renseignements et de vos bonnes paroles , que pour vous informer moi-même de quelques circonstances qui sont pour moi et seront aussi pour \ous un sujet de consolation en ce qui concerne la Reine. Je vous prie de me faire savoir quand je puis espérer de vous revoir dans nos parages.
Je vous suis très-obligé des prières faites pour l'âme de la Reine et de la part que vous voulez bien me donner aux vôtres , dans lesquelles j'ai une grande confiance , comme j'aurai toujours pour votre personne la plus sincère amitié.
Jacques, Roi.