DÉDICACE. XVII
leur est si utile; vous ave: prescrit avec une sage discrétion le choix des auteurs à adopter dans les écolesi afin d'y maintenir l'unité d'enseignement, toujours très-avantageuse ; vous ave: introduit de nouveaux moyens d'exciter une noble et précieuse émulation entre les esprits. Mais que dirai-je d'une autre institution vraiment grande et digne d'éloges? Je veux parler du Collège des missions indigènes dans chaque province. Si la malice des hommes ou les vicissitudes des temps n'entravent pas son action , dans peu d'années l'Ordre Séraphique se glorifiera d'avoir des hommes qui le soutiendront et lui feront honneur , non moins par l'empire de la science que par l'ascendant de la vertu, et l'Eglise de Jésus-Christ y trouvera toujours à sa disposition un contingent de valeureux combattants , prêts à livrer la guerre au vice, à déraciner les scandales, et à sanctifier les peuples , aussi bien qu'à remplir de l'esprit sacerdotal les jeunes lévites qui sont l'espérance du sanctuaire ; en un mot , capables de se mettre en rapport avec tous les besoins de la société et de les soulager. C'est donc avec raison que vous pouvez dire comme notre Bienheureux : « Le zèle de votre maison, Seigneur, m'a dévoré : » Zelus domus tuaecomedit me (I).
Enfin , Très-Révérend Père , vous ave: procuré un autre bienfait signalé à l'Ordre Séraphique, et spécialement aux Collèges des missions récemment établis, en leur choisissant pour
(I) Psalm. 68, v. 12.
XVlIl DEDICACE.
protecteur céleste le bienheureux léonard : à ce titre encore il est évident que c'est à vous seul qu'était due ma dédicace. Car en effet, qui veut la fin doit vouloir les moyens; or quel moyen plus propre que les Œuvres de ce saint missionnaire à former les jeunes élèves du sanctuaire, soit à l'esprit de l'Institut , soit à la prédication de l'Evangile? Ceux qui puiseront leurs inspirations à ces sources pures y trouveront de précieux modèles à imiter , des exemples éclatants à suivre ; c'est là qu'ils apprendront l'art véritable de se rendre habiles dans le ministère apostolique ; s'ils en font l'objet de leur étude, ils remporteront des fruits certains et abondants quand ils annonceront la parole de Dieu ; on ne les verra point profaner leur divine mission, comme le font parfois ceux qui montent dans la chaire de vérité : les uns , ou dépourvus de la science sacrée, ou enflés de connaissances vaines et superficielles , au lieu de donner à la parole divine ce caractère de majesté, de dignité sévère qui lui convient, sont trop prodigues des pompes et des fleurs de l'éloquence; les autres s'engagent dans des raisonnements subtils et des théories plus ingénieuses que solides, ne recourant à l'Ecriture et aux saints Pères, que pour leur emprunter de brillantes images, ou de stériles ornements , mais non pour en pénétrer l'esprit , et aplanir aux fidèles les sentiers ardus de la vertu , afin de les sauver. En sorte que, loin de prêcher Jésus-Christ crucifié , l'orateur se prêche luimême, et tire vanité de ce qui devrait précisément le rendre humble. C'est un reproche que le Dante faisait déjà à certains déclamateurs de son temps: « Chacun, dit-il, à parai-