‹ Œuvres compl`etes (volume 3)Chapitre 90 sur 154 · AUX HABITANTS DE FABRIANO · texte numérisé non relu

AUX HABITANTS DE FABRIANO

Exhortation à la pénitence à l'occasion d'un tremblement de terre. Piperno , le \ 2 mai 1 74 1 .

A mon bien-aimé peuple de Fabriano.

Que la grâce de l'Esprit- Saint soit dans vos cœurs, mes bien-aimés fils en Jésus-Christ.

Ah ! de quelle amertume mon cœur a été rempli en apprenant que votre ville vient d'être en butte à la colère de

(i; 60e de i-édit. ita».

Dieu ! Consolez-vous cependant au milieu de votre malheur ; car vos désastres eussent été bien plus considérables si l'auguste Mère de Dieu et saint Vincent, mon Patron , n'avaient retenu le bras du Sauveur courroucé : c'est que vos infidélités depuis la mission ont dépassé les bornes ; vous êtes retombés dans vos anciennes fautes et vous avez foulé aux pieds les saintes résolutions que vous aviez prises. Et ce que je vous dis , je devrais le dire aussi aux populations de Camerino , de Jesi et de Pesaro ; mais je m'adresse à vous parce que vous êtes les plus affligés. Ah ! mes chers enfants , que ce châtiment serve à. vous faire comprendre une bonne fois qu'il existe un Juge équitable, que ce juge suprême , quoique la bonté et la miséricorde même , quand il ne rencontre de notre part qu'obstination , permet tôt ou tarda la justice de suivre son cours ; et s'il voit que, bravant les traits de sa colère, nous persévérons dans nos révoltes et notre endurcissement , il en vient alors au dernier et au plus terrible des châtiments , je veux dire la damnation éternelle.

Afin donc de ne pas attirer sur vous de plus grands maux , et surtout , ce qui me remplirait de la plus profonde douleur , le châtiment d'une perte irréparable , faites pénitence, mes chers frères, faites pénitence ; pleurez vos péchés , faites souvent des actes de contrition ; faites tous , je vous le conseille , une neuvaine en l'honneur de l'aususte Mère de Dieu , de saint Vincent et de saint Jacques de la Marche , en récitant chaque jour neuf fois le Salve Regina , neuf Pater et neuf Ave , avec neuf Actes de contrition. Mais que ces prières soient dites du cœur , avec un ferme propos de ne jamais plus , jamais plus pécher. Et soyez certains que la très-sainte Vierge notre Reine , que saint Vincent , mon patron , et le glorieux saint Jacques vous obtiendront de Dieu le pardon de vos

péchés et lui feront remettre dans le fourreau l'épée de sa colère. Vous n'en pouvez plus douter , Dieu est indigné de tant de péchés commis dans le lieu saint. Combien de fois la maison de Dieu n'a-t-elle pas été profanée par vous ? Faut-il donc s'étonner que dans son juste courroux il ait jeté par terre et sa maison et les vôtres ?

Malgré cela , mes très-chers frères , ayez confiance dans son infinie bonté , et soyez assurés que si vous vous repentez au fond du cœur , que si vous vous amendez , sans nul doute il vous pardonnera. Et comme je vous porte dans mon cœur , je pleure pour vous et pour tous les autres peuples mentionnés plus haut ; je veux m'offrir comme victime àia justice divine, en la conjurant de décharger ses foudres sur moi , et de vous pardonner. A partir de ce moment jusqu'au jour de l'assomplion de notre auguste Reine , toutes les pénitences que je ferai , quelles qu'elles soient, les disciplines , les jeûnes et les autres travaux que j'aurai à supporter, j'offrirai tout à Dieu pour vous , et par-dessus tout je pleurerai vos péchés et les miens. Mais pleurez aussi vous-mêmes , repentez-vous du fond du cœur , et soyez certains que Dieu ne méprisera pas un cœur contrit et humilié : Cor contritum et Immillatimi Deus non despiciet.

Après cela , ce que je désire de vous , c'est une réforme de mœurs complète. Mettons fin une bonne fois a ces haines, a ces rancunes, à ces dissensions; qu'on renonce aux mauvaises habitudes, aux liaisons coupables et criminelles, aux fréquentations et aux réunions dangereuses, au cabaret, au jeu de cartes; surtout qu'on sanctifie les fêles , qu'on ait le plus profond respect pour les églises, et qu'on fréquente les sacrements; qu'on voie régner parmi vous une véritable charité: qu'on se garde bien de pressurer les pauvres et d'usurper le bien d'auìrui ; que chacun

Dieu ! Consolez-vous cependant au milieu de votre malheur ; car vos désastres eussent été bien plus considérables si l'auguste Mère de Dieu et saint Vincent, mon Patron , n'avaient retenu le bras du Sauveur courroucé : c'est que vos infidélités depuis la mission ont dépassé les bornes ; vous êtes retombés dans vos anciennes fautes et vous avez foulé aux pieds les saintes résolutions que vous aviez prises. Et ce que je vous dis , je devrais le dire aussi aux populations de Camerino , de Jesi et de Pesaro ; mais je m'adresse à vous parce que vous êtes les plus affligés. Ah ! mes chers enfants , que ce châtiment serve a vous faire comprendre une bonne fois qu'il existe un Juge équitable , que ce juge suprême , quoique la bonté et la miséricorde même , quand il ne rencontre de notre part qu'obstination . permet tôt ou tard à la justice de suivre son cours ; et s'il voit que, bravant les traits de sa colère, nous persévérons dans nos révoltes et notre endurcissement , il en vient alors au dernier et au plus terrible des châtiments , je veux dire la damnation éternelle.

Afin donc de ne pas attirer sur vous de plus grands maux , et surtout , ce qui me remplirait de la plus profonde douleur , le châtiment d'une perte irréparable , faites pénitence, mes chers frères, faites pénitence ; pleurez vos péchés , faites souvent des actes de contrition ; faites tous , je vous le conseille , une neuvaine en l'honneur de l'auguste Mère de Dieu , de saint Vincent et de saint Jaccjues de la Marche , en récitant chaque jour neuf fois le Salve Regina , neuf Pater et neuf Ave , avec neuf Actes de contrition. Mais que ces prières soient dites du cœur , avec un ferme propos de ne jamais plus , jamais plus pécher. Et soyez certains que la très-sainte Vierge notre Reine , que saint Vincent , mon patron , et le glorieux saint Jacques vous obtiendront de Dieu le pardon de vos

péchés et lui feront remettre dans le fourreau l'épée de sa colere. Vous n'en pouvez plus douter , Dieu est indigné de tant de péchés commis dans le lieu saint. Combien de fois la maison de Dieu n'a-t-elle pas été profanée par vous ? Faut-il donc s'étonner que dans son juste courroux il ait jeté par terre et sa maison et les vôtres ?

Malgré cela , mes très-chers frères , ayez confiance dans son infinie bonté, et soyez assurés que si vous vous repentez au fond du cœur , que si vous vous amendez , sans nul doute il vous pardonnera. Et comme je vous porte dans mon cœur , je pleure pour vous et pour tous les autres peuples mentionnés plus haut ; je veux m'offrir comme victime àia justice divine, en la conjurant de décharger ses foudres sur moi , et de vous pardonner. A partir de ce moment jusqu'au jour de l'assomption de notre auguste Reine , toutes les pénitences que je ferai , quelles qu'elles soient, les disciplines , les jeûnes et les autres travaux que j'aurai à supporter, j'offrirai tout àDieu pour vous , et par-dessus tout je pleurerai vos péchés et les miens. Mais pleurez aussi vous-mêmes, repentez-vous du fond du cœur , et soyez certains que Dieu ne méprisera pas un cœur contrit et humilié : Cor contritum ci humiliation Deas non despiciet.

Après cela , ce que je désire de vous , c'est une réforme de mœurs complète. Mettons fin une bonne fois a ces haines, à ces rancunes, à ces dissensions; qu'on renonce aux mauvaises habitudes, aux liaisons coupables et criminelles, aux fréquentations et aux réunions dangereuses, au cabaret, au jeu de cartes; surtout qu'on sanctifie les fêtes , qu'on ail le plus profond respect pour les églises, et qu'on fréquente les sacrements; qu'on voie régner parmi vous une véritable charité: qu'on se garde bien de pressurer les pauvres et d'usurper le bien d'autrui ; que chacun

réfléchisse d'un autre côté que le jour fatal du jugement dernier approche toujours de plus en plus ; et si la simple secousse d'un tremblement de terre vous a causé tant de dommages et de frayeurs , que sera-ce , mes bien-aimés frères, lorsque le monde entier tombera en ruine? Il faut donc vivre en ce monde comme si nous n'appartenions pas au monde, mais que nous fussions tout à Dieu, entièrement consacrés au service de Dieu. Oh ! alors notre bon Sauveur vous embrasserait comme ses enfants, et les fléaux s'éloigneraient de vous ! Je vous promets de prier pour vous à cet effet.

Je vous en dirais davantage , mais les occupations de la mission ne me le permettent pas J'ai dû dérober le temps pour vous écrire. — Je vous embrasse tous dans le Seigneur en finissant, et je vous place dans le côté percé de notre bon Jésus. Que Dieu vous bénisse !

Votre très-humble serviteur dans le Seigneur ,

Fr. Léonard, pauvre pécheur.

LÉONARD DE PORT-MALIUCF.. iï'l

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