‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 39 sur 180 · JÉSUS DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS ET ABREUVÉ DE FIEL · texte numérisé non relu

JÉSUS DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS ET ABREUVÉ DE FIEL

Voici, dit Jésus, voici que par amour pour toi je me dépouille même de mes vêtements, me laissant arracher la peau avec datroces douleurs ; vois avec quelle cruauté on ni'òte pour la troisième fois la couronne d'épines, pour me l'enfoncer de nouveau sur la tête. Vois avec quelle confusion je me laisse exposer nu et les chairs en lambeaux à la vue de tout le monde, par amour pour toi. Contemple-moi bien des pieds à la tète sillonné de larges blessures et couvert de sang. Vois dans quelle affliction je suis plongé, abreuvé de fiel, de vinaigre et de myrrhe, et comme je supporte tout pour sauver ton âme. Veux-tu donc persévérer dans ces divertissements et ces vanités, qui sont cause de mes souffrances'? dans cet orgueil et ces pensées indignes, qui me percent comme des épines? dans cette sensualité et ces voluptés, qui m'abreuvent d'amertume ? — Que réponds-tu à ton Dieu ? que dis-tu ? — Ah! non, non, mon bien-aimé Jésus, nous ne voulons point nous endurcir dans le mal. Vos horribles plaies nous apprennent a mortifier nos sens, à abhorrer le vice, à fuir toutes les occasions du péché. Nous en prenons la résolution irrévocable. Ah! pardon, mon doux Jésus, pardon pour le passé, grâce pour l'avenir, et persévérance dans le bien jusqu'à la mort.

DU CHEMIN m; la choix. 83

XI« STATION

JÉSUS CRUCIFIÉ

Les barbares qu'ils sont ! plus ils boivent du sang de Jésus, plus ils en sont avides. Le corps du divin Sauveur était labouré des pieds à la tête, et voilà qu'ayant fait à peine quelques pas il est rudement renversé sur la croix, et ses bourreaux, comme des enragés, armés de marteaux, lui enfoncent, ô douleur! d'énormes clous dans les pieds et les mains, puis retournent la croix sens dessus dessous pour recourber la pointe des clous, de telle sorte que toutes les plaies s'élargissent, et que ce corps adorable est comme broyé. Contemplez, si vous en avez le cœur, Jésus étendu la face contre terre et cloué a sa croix, essoufflé, palpitant, presque évanoui ; et sachez qu'il n'y a rien qui le tourmente autant que la dureté de votre cœur. Au plus fort de ses souffrances, Jésus ne vous demande qu'un soupir. Et vous le lui refuseriez? Ah ! non, mon frère. Que tardez-vous donc à la vue d'un si cruel spectacle, que tardez-vous à fondre en larmes de compassion? Dites-lui de tout cœur, avec la plus grande ferveur : 0 mon Dieu crucifié, mon Dieu crucifié, faites-moi la grâce de clouer mon cœur a la croix avec vos pieds sacrés, et que pénétré de votre divin sang, il se convertisse tellement, que désormais il ne sache plus faire autre chose que compatir tendrement à vos souffrances, vous aimer et pleurer amèrement les ofTenses commises contre Vous, par le seul motif que vous êtes le souverain bien.

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XII" STATION

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