‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 42 sur 180 · JÉSUS DÉPOSÉ DANS LE TOMBEAU · texte numérisé non relu

JÉSUS DÉPOSÉ DANS LE TOMBEAU

Le douloureux cortège est arrivé au sépulcre. Considérez avec quelle poignante affliction la Mère inconsolable dépose dans ce sépulcre neuf les restes adorables de son bien-aimé Fils. Ah ! elle ensevelit dans le linceul sacré et son âme et son cœur, et elle l'arrose dun tel torrent de larmes que, tombant évanouie sur la pierre, peu s'en fallût qu'elle ne descendit avec son Fils dans la tombe. Ame pieuse, imitez les tendres affections de Marie, et imprimant mille baisers sur la pierre de ce tombeau, adressez à la sainte Vierge cette prière avec toute la ferveur dont vous étt'S capable.

0 très-sainte Mère, plongée dans la peine la plus intense, daignez graver dans mon cœur votre incomparable désolalion et la mort ignominieuse de votre Fils, afin que partageant vos larmes, je meure au monde et au péché pour ressusciter à la vie nouvelle de la grâce.

Le dites-vous sincèrement, mon pauvre frère? Je vous félicite si de si beaux sentiments sortent véritablement votre cœur. Maintenant donc , mes frères , confirmons de tous ici les suintes résolutions que nous avons formées dans le cours de ce pieux exercice, savoir, de rctrundicr

toutes les occasions du péché, c'est le premier pas, de faire une bonne confession, et de recommencer une vie nouvelle en tout. Que chacun se retire en emportant avec lui ces précieux sentiments, et puis qu'il ait condance en Jésus-Christ , qu'il ail confiance qu'en vivant dans la grâce ici-bas, il ne manquera pas d'arriver à la gloire éternelle.

I" STATION

JÉSUS CO.MJ.VMNÉ A MORT.

Cœur humain, sois attentif à l'alTligeant spectacle que présente cette première station. On avait déchargé, avec une barbarie inouïe, une grêle de coups sur le corps du Sauveur ; on avait couronné sa tête adorable d'épines aiguës, dont quelques-unes pénétraient jusqu'au cerveau, d'autres traversaient le front, en s'ouvrant un passage à travers les chairs si tendres et si délicaies de Jésus. En outre, on voyait ses mains sacrées garrottées avec des cordes et des chaînes, et son corps recouvert d'un vil lambeau de pourpre. C'est dans cet état si humiliant que Jésus parait, les yeux baissés et avec l'expression d'une ineffable douceur, en présence du président du prétoire ; ce juge inique, préférant au Roi de gloire un a.*sassin de grand chemin, l'infume Barabbas, prononça contre Jésus la sentence de mort. 0 cœur humain, que réponds-tu? Dismoi : Qui est-ce qui a écrit la sentence déicide? qui est-ce qui a promulgué cet affreux sacrilège ? Quelles ont été les

88 QUATRIÈMi; KXERCir.Ir:

preuves à l'appui des fausses accusations? Le sais-lu? Ce sont tes péchés, ce sont les sentiments coupables que tu nourris dans ton sein. Or, voilk ce que tu dois pleurer dans tout le cours de cette voie douloureuse, afin que l'aimable Sauveur, ayant pilié de toi, te délivre de la sentence de mort éternelle que méritent tes iniquités.

II« STATION

JÉSUS K.MBK.\SSl!; SA CHOIX.

Dans cette seconde station, ces juifs inhumains chargent Jésus d'une énorme croix , et Jésus l'embrassant avec un amour indéfinissable, te la montre, ò mon pauvre pécheur : « Contemple , le dit-il, contemple, ingrat, cette croix que tu as fabriquée par tes paroles, par tes pensées, par tes actions criminelles... Ah! quelle est pesante pour mes faibles épaules, à cause qu'elle est surchargée de tous les péchés du monde. Cependant je lembrasse de bon cœur pour ton amour et je ne l'abandonnerai pas que tu ne m'aies vu cloué sur elle, victime volontaire de tes péchés. » Touchantes paroles de mon Jésus, pénétrez nos cœurs ce soir , et animez notre faiblesse a embrasser aussi la croix. Qui serait assez lâche pour ne point se déterminer k aimer les souffrances à la vue de Jésus chargé de sa croix? Nous y sommes tous résolus, ô mon Jésus! Mais vous qui donnez la bonne volonté, donnez aussi la force de l'exécuter et d'y persévérer jusqu'à la mort.

m» STATION.

PREMIÈRE CHUTE DE JÉSUS

Voilk le Roi des cieux, Celui qui par sa loute-puissance peut anéantir tout ce qui existe, et tirer du néant mille mondes nouveaux, le voilà, dis-je, gisant par terre, accablé sous le poids de sa croix ; que dis-je? foulé aux pieds par ses infâmes bourreaux, et tout couvert de sang et de poussière, comme s'il était l'opprobre de toutes les créatures. Gomment à la vue d'un spectacle si lamentable, ne te rends-tu pas, ô mon cœur? Gomment mes yeux ne se changent-ils pas en deux fontaines de larmes ? Ah I mon aimable Rédempteur, que la flamme de voire divine charité s'empare enfin de mon âme, et la remplisse d'une amoureuse douleur. Puisse cette douleur être telle que je passe toute ma vie à pleurer mes ofTenses , et que je meure en embrassant votre sainte croix, et en détestant mes péchés qui furent la cause de votre douloureuse chute. J'espère que , par celte chute, vous m'accorderez ce que je demande pour votre gloire, afin de vous bénir de plus en plus en cette vie et de vous glorifier en l'autre.

IV« STATION

Page 1