Acte cC Humilité
L'heure est venue, ô mon Jésus, on vous allez être remis entre les mains d'un grand pécheur : prenez patience, souffrez-moi, je vous en conjure par les entrail-
les de votre miséricorde. Si je ne mérite pas de vous recevoir et de vous aimer, Seigneur, vous êtes bien digne que je vous reçoive et que je vous aime. Préparez-moi donc vous même pour votre honneur ; rendezmoi digne d'une telle faveur, donnez-moi tout ce qui me manque, faites de moi ce que vous voulez que je sois. Il est venu, ô mon âme, cet heureux moment, elle est venue cette heure où tu dois recevoir ton Bien-Aimé. Voici le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs ; voici ton ami, ton père, ton époux; voici Celui qui fait la joie du paradis, les délices des Bienheureux ; voici Dieu même, voici l'adorable Trinité dans la divine Eucharistie : Ecce sponsus venit, exite obviatn. ^ Mais comment se fait-il que tu sois si froide, ô mon âme, et que tu ne brûles pas d'un ardent désir de te nourrir de cette chair sacrée? Ah! tandis que l'abondance des miséricordes divines devrait t'embraser d'amour, tu es toute de glace ! Si tu ne devais communier qu'une seule fois dans ta vie, avec quelle ferveur ne le ferais-tu pas? Et parce que cette infinie Bonté est continuellement à ta disposition, tu seras si tiède, si dissipée, quand il s'agit de recevoir un Dieu si grand ! Les âmes éprises d'amour soupirent avec ardeur et se précipitent, comme le cerf altéré, vers cette source d'eau vive. Réveille-toi donc de ton assoupissement, ô mon âme ; excite en toi le plus ardent désir de recevoir Jésus-Christ. Aspire à ce souverain Bien, désire-le, réclame-le avec larmes, avec soupirs, et surtout avec un cœur brûlant du saint amour.
(1) M;.tth. 25, û.