‹ Œuvres compl`etesChapitre 106 sur 214 · Acte de Remerciment · texte numérisé non relu

Acte de Remerciment

Voilà tous mes désirs satisfaits, toutes mes ardeurs rassasiées : mon Dieu est enfin venu me visiter ; Jésus est au dedans de moi ; je ne suis plus à moi, mais à Jésus; je ne vis plus en moi, je vis en Jésus et Jésus vit en moi : je suis tout à Jésus, et Jésus est tout à moi. Oh ! Bonté infinie ! Un Dieu descendre sur la langue, dans la poitrine, dans le cœur d'une créature aussi vile, aussi indigne que je le suis ! Mon âme, à quoi penses-tu?

Te voilà en possession du trésor après lequel tu soupirai : te voilà toute sanctifiée par Jésus, toute transformée en Jésus. Jésus et toi ne faites plus qu'un. Oh ! la douce et admirable union ! Mais quoi ! si étroitement unie à Jésus, mon âme, tu ne lui dis rien? tu ne t'entretiens pas avec ton Dieu qui est entre tes bras, dans ton sein, au millieu de ton cœur? Recueille-toi donc tout entière en lui, concentre toutes tes affections, pour te serrer étroitement sur le cœur de ton Jésus, l'adorer et lui dire :

Soyez le bien venu, ô doux Jésus, dans la maison de mon âme. Oh! depuis combien de temps je soupirais après cette heure fortunée ! Mais combien je suis touché de compassion maintenant que je vous vois résider dans ce cœur, beaucoup plus dur et plus froid que l'étable où vous êtes né, beaucoup plus douloureux que le Calvaire

même : puisque ce n'est pas une fois, mais cent, mais mille fois que j'ai renouvelé votre passion et votre mort par mes péchés ! Seigneur, que trouvez- vous en moi, sinon indifférence à votre égard et aff'ections pour les créatures? Ah! mon Dieu, comment êtes- vous venu habiter dans ma maison? Je voudrais vous dire, comme saint Pierre : Sortez de moi, Dieu de majesté, sortez de celte âme souillée par le péché, et qui n'est pas digne de loger un hôte tel que vous : Eœi a me, quia homo peccator sum. Domine. ^ Allez vous reposer dans ces âmes pures et ferventes qui vous accueillent si tendrement. — Mais non, mon aimable Sauveur, qu'il n'en soit pas ainsi : ne me quittez point, parce que si vous vous éloignez, je suis perdu. 0 Dieu, mon espérance, je ne vous laisserai point aller ; mon Bien suprême, je vous serre sur mon cœur, et je veux vivre et mourir dans vos ineffables embrassements.

Vierge sainte, Anges et Saints, âmes justes qui aimez Dieu, prêtez-moi tous ensemble vos cœurs, afin que je tienne dignement compagnie à mon Jésus.

Aimable Trinité, je vous remercie du plus intime de mon cœur de m'avoir donné Jésus ; je vous remercie de m'avoir, par un excès d'amour, laissé Jésus dans le trèssaint Sacrement: je vous remercie de m'avoir permis de le recevoir. Je vous remercie, ô mon Jésus, d'avoir daigné me visiter. 0 mon Dieu ! que puis-je vous rendre pour un si grand bienfait ? Comment vous témoigner assez de reconnaissance? Trinité sainte, je vous remercie en vous offrant Jésus, ou plutôt Jésus vous remercie pour moi. Et de la sorte, oui, mon cœur est content, votre majesté est satisfaite ; l'action de grâce est infinie. 0 mon Bien suprême, à vous seul louange, gloire, hon-

(1) l.uc 5. 8.

neur de la part de toutes les nations, et dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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