‹ Œuvres compl`etesChapitre 134 sur 214 · PRIÈRE A MARIE, REINE DE TOUTES LES CRÉATURES · texte numérisé non relu

PRIÈRE A MARIE, REINE DE TOUTES LES CRÉATURES

Auguste Reine du ciel, Mère du Fils unique du Père éternel, sanctuaire de l'Esprit-Saint, ô Marie, Vierge très-pure, pleine de grâce et bénie entre toutes les femmes, me voici humblement prosterné à vos pieds; je vénère vos chastes entrailles qui ont porté le fruit de vie, et procuré le salut et la bénédiction au monde. C'est

à VOUS que recourent les pécheurs, comme à leur Médiatrice ; c'est vous que réclament les misérables, comme la Mère de miséricorde. 0 heureuse Mère, exaltée au-dessus de tous les Saints, au-dessus de tous les chœurs des Anges et qui, après votre divin Fils et Seigneur, possédez le trône le plus éminent de la cour céleste ! ô lune resplendissante, qui illuminez les ténèbres de notre profonde nuit! ô compatissante Mère, notre consolatrice ! qui jamais vous a invoquée, et s'est vu rejeté de vous? qui jamais a espéré en vous, et s'est vu confondu ? Tournez donc vers nous ces yeux miséridieux, semblables aux piscines d'Hésebon : de même que ces précieuses sources ne manquaient jamais d'eau, ainsi vos regards bienfaisants sont toujours pleins de miséricorde et de compassion pour nos misères. Tendez, ô douce et tendre Mère, une oreille bienveillante à nos ferventes prières. Souvenez-nous, ô glorieuse Mère de Dieu, des choses glorieuses qui ont été dites de vous, et faites par vous. Vous êtes cette Vierge ravissante figurée par Rébecca qui présenta de l'eau, non-seulement au serviteur d'Abraham qui lui en demandait, mais même à ses chameaux : ainsi, Vierge bénie, vous vous montrez bienfaisante, non-seulement envers les justes, c'est-à-dire envers les hommes qui se conduisent selon les lumières de la raison et de la foi, mais vous répandez même les eaux de la grâce sur les pécheurs, qui, semblables aux animaux sans raison, se laissent entraîner aux convoitises de leurs passions. Vous êtes cette Reine chérie figurée par la belle Ester, à l'intercession de laquelle le grand roi Assuérus sauva ceux qu'il avait condamnés ; c'est ainsi qu'ayant charmé le cœur du Roi des rois, vous en obtenez la vie éternelle en faveur d'un grand nombre de malheureux, qui par leurs péchés méritent d'être condamnés. Vous êtes cette prudente Abigail, qui empêcha la vengeance que David voulait

tirer de Nabal, son mari ingrat et déloyal. Vous êtes, comme Judith, la gloire de Jérusalem, la joie d'Israël et l'honneur de tout le peuple chrétien. 0 bienheureuse Vierge, auguste Souveraine, la joie, les délices des Anges ! daignez, par un de vos regards, fortifier et vivifier nos esprits, afin que tous un jour nous puissions contempler à découvert les grandeurs du Père éternel, et partager la gloire de votre Fils unique. Ainsi soit-il.

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