‹ Œuvres compl`etesChapitre 14 sur 214 · AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

AU TRAVAIL

L'homme est né pour travailler, dit l'Esprit saint. Adam encore innocent devait s'occuper à divers travaux, à plus forte raison l'homme pécheur y est-il tenu. L'oisiveté, mère de tous les vices, est interdite à toute condition de personnes. Tous doivent s'occuper selon leurs moyens et leur état, s'ils ne veulent pas encourir la condamnation du serviteur inutile, réprouvé par son maître.

Dans les travaux et les occupations de la vie, il faut, \° rapporter toutes ses actions à la gloire de Dieu; 2" se garder de s'embarrasser tellement dans les affaires temporelles, qu'on n'ait plus de temps pour vaquer aux pratiques de la vie chrétienne ; S** s'exercer à la patience, et offrir à Dieu ses fatigues et son travail, en union avec les mérites du Sauveur, pour l'expiation de ses péchés.

Pour vivre, se conserver et travailler, l'homme a besoin de boire et de manger. Mais que le chrétien prenne garde de porter préjudice à l'esprit et à l'âme par la nourriture et la boisson ; Dieu ne les a ordonnées et ne les lui accorde chaque jour que pour entretenir les forces du corps. Loin de lui la gourmandise, les intempérances, les excès, les ivrogneries ; loin de lui les dépenses disproportionnées à sa fortune, ainsi que les licences dans les manières et les discours, à l'occasion des banquets. Celui qui satisfait le corps au préjudice de l'âme, maltraite, dit saint Bernard, une bien digne maîtresse pour favoriser un vil esclave. Qu'on boive et qu'on mange avec plaisir, mais non par plaisir : qu'on restaure le corps, afin que, sain et vigoureux, il serve Dieu conjointement avec l'âme dans l'accomplissement de nos devoirs.

En conséquence, au commencement de chaque repas qu'on prie Dieu de bénir la nourriture qu'on va prendre, afin d'en faire un bon usage : et avant de quitter la table, qu'on lui rende les actions de grâces qui lui sont dues.

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