‹ Œuvres compl`etesChapitre 190 sur 214 · COMMIS DES FAUTES GRAVES · texte numérisé non relu

COMMIS DES FAUTES GRAVES

Préparation à la Confession.

Celui qui, après avoir été longtemps sans se confesser, se trouvera la conscience chargée de péchés mortels, devra, pour se disposer à faire une bonne confession, recourir d'abord au Saint-Esprit : il implorera ses lumières, afin de se rappeler tous ses péchés, et de pouvoir les déclarer avec les circonstances nécessaires ; il lui demandera la grâce d'en concevoir une sincère contrition et de s'en amender à l'avenir. Après quoi il procédera à son examen de la manière suivante.

Il s'examinera sur toutes les espèces de péchés : péchés de sensualité, péchés de haine contre le prochain, de calomnies et de médisances, péchés d'orgueil, etc.

Sur chaque espèce de péchés, il se rendra compte du nombre de ceux qu'il aura commis. S'il ne se souvenait

LE PETIT JAKDIN

pas du nombre juste, qu'il voie combien de temps il a vécu dans l'habitude de tel péché, et combien de fois il succombait ordinairement par jour ou par semaine. Lorsqu'avec toute la diligence requise on ne peut fixer un nombre certain, on indique un chiffre approximatif, en ajoutant plus ou moins.

L'examen terminé, le pénitent excitera dans son cœur des actes de contrition, et un ferme propos de ne plus pécher. Qu'il ait soin de remarquer que la contrition doit être universelle, et s'étendre à tous les péchés mortels ; s'il y en avait un seul dont il n'eût pas la douleur et le propos de s'amender, sa confession serait invalide. Toutefois il n'est pas nécessaire de faire un acte de contrition sur chacun en particulier, et de dire, par exemple, je me repens de tel péché et de tel autre, et ainsi de suite ; il suffit qu'on dise : je me repens de tous les péchés que j'ai commis, et avec la grâce de Dieu, je ne veux plus les commettre.

Après s'être préparé de cette manière, qu'il aille se jeter aux pieds de son confesseur, comme un criminel condamné à mort qui irait se présenter au juge pour implorer sa grâce. Il demandera la bénédiction du confesseur et récitera le Confìteor jusqu'au milieu ; il achèvera le reste à la fin, avant de recevoir l'absolution, qu'il priera humblement le confesseur de lui accorder.

Avis pour la Confession.

1. Il est bon de commencer par déclarer les péchés qui pèsent le plus sur la conscience.

2. Que le pénitent évite, autant que possible, de découvrir ses complices , c'est-à-dire , ceux qui ont commis le péché avec lui.

3. Qu'il ne se confesse pas comme s'il racontait une histoire, mais par mode d'accusation ; ainsi qu'il ne dise pas : J'ai été dans tel endroit, j'ai fait telle chose, etc., mais bien : Je m'accuse d'avoir commis tel péché, de telle espèce, autant de fois.

4. Qu'il évite de s'excuser, en rejetant la faute sur d'autres, ou sur les occasions ; mais qu'il s'accuse simplement lui-même.

5. En s'accusant de péchés sensuels, qu'il use des termes les plus décents.

6. En matière de restitution, s'il croyait avoir de bonnes raisons de s'en dispenser, il pourra les exposer, mais qu'il s'en rapporte au jugement du confesseur.

7. Qu'il ait soin d'expliquer s'il se trouve encore dans l'occasion prochaine du péché.

8. S'il est tenu à des restitutions, ou lié par des vœux, etc., et qu'il n'y ait point satisfait tandis qu'il le pouvait, il doit s'en accuser.

9. Il fera bien aussi de dire s'il avait commis les mêmes péchés par le passé, afin que le confesseur lui indique les remèdes nécessaires et opportuns.

MANItJlE DK SE BIEN CONFESSER POUR LES PERSONNES PIEfSES ET QUI SE CONFESSENT SOUVENT.

Préparation à la Coìifession.

Les personnes adonnées à la piété se laissent quelquefois aller à de véritables illusions sous l'apparence du bien. C'est pourquoi leur examen doit particulièrement rouler sur les points suivants, savoir: si, pour faire des aumônes et prendre part à certaines bonnes œuvres, elles n'ont pas négligé de payer leurs dettes et de satis-

faire à d'autres obligations de justice; car la justice doit aller avant la charité.

Si, en demeurant trop longtemps à l'église et en oraison, elles n'ont pas donné lieu à des désordres et à des scandales daus leur propre maison, ce à quoi il faudrait remédier.

Si, pour les pénitences corporelles et autres dévotions, elles suivent leurs caprices, ou consultent leur père spirituel.

Si elles n'omettent pas sans raison leurs exercices spirituels.

Si elles sont attachées à leur propre jugement, et refusent de se rendre à l'avis de personnes sages et discrètes.

Ce sont là autant d'illusions patentes. On continuera ensuite à s'examiner sur les fautes commises de cette manière. On s'examinera sur les pensées : si l'on a porté des jugements téméraires ou peu charitables; si l'on s'y est arrêté volontairement ; si l'on a eu le désir de faire tort au prochain, si l'on a éprouvé des sentiments de haine, d'aversion, de vengeance, ou entretenu de mauvaises pensées, etc.

On en viendra ensuite aux paroles : propos déshonnêtes, médisances, calomnies, injures, etc.

Puis on passera aux actions, savoir, si l'on a rempli ses obligations de précepte, les devoirs de son état, les promesses faites à Dieu ; si l'on n'a pas causé quelque dommage ou quelque déplaisir au prochain ; si l'on ne s'est pas exposé à l'occasion d'offenser Dieu, si l'on n'a pas donné cette occasion à d'autres, etc.

Avis pour la Confession.

Aux avis donnés plus haut nous ajouterons ceux qui suivent :

1. Il ne faut pas se borner à des accusations générales, comme : je m'accuse de n'avoir pas eu assez d'amour pour Dieu, d'avoir dit des paroles oiseuses, etc. Détaillez vos péchés en disant, par exemple : je m'accuse d'avoir fait un mensonge de telle espèce, d'avoir fait telle injure au prochain, etc., afin que le confesseur ait une matière certaine d'absolution; puis en finissant votre confession, vous pourrez vous accuser en général de tous les péchés de votre vie passée et particulièrement des fautes graves.

2. Ayez soin de vous confesser en vue de vous amender et non par routine, comme on le fait trop souvent.

3. Ne soyez pas trop long et à charge au confesseur, à force de redites inutiles.

4. Accusez-vous simplement de vos péchés , sans chercher à les excuser,

5. Demandez, en finissant, l'avis de votre confesseur louchant la sainte communion.

6. Recevez avec humilité la sentence d'absolution, en excitant dans votre cœur des actes de contrition sur les offenses que vous avez faites à Dieu.

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