REMARQUES TOUCHANT LES CONFESSIONS DE PECHES VENIELS
Remarquez que la Confession est un sacrement de miséricorde ; par conséquent, il faut s'en approcher avec le cœur rempli d'une douce et affectueuse confiance.
Nous ne sommes pas tenus, comme le dit fort bien saint François de Sales, de confesser les péchés véniels ; mais si nous les confessons, il faut avoir le ferme propos de s'en amender ; sans quoi la confession qu'on en ferait serait un abus^
(1) s. Franc, de Sales, Inirod. à la vie dév. Part. 2, oh. 19. y. DU PAR. 23
Remarquez qu'il }• a beaucoup de personnes qui, • grâce à Dieu, ne commettent pas de péchés mortels ; mais qui ne se gardent pas assez des péchés véniels délibérés, et ne prennent aucun soin de s'en corriger.
Elles se confessent, et même fréquemment; mais elles retombent toujours dans les mêmes fautes, sans aucun amendement. Il y a grandement sujet de craindre que de pareilles confessions ne soient invalides, faute de douleur et de bon propos. Or, afin d'éviter ce danger d'invalidité, les Docteurs recommandent à ces sortes de pénitents de faire, avant de se présenter au tribunal de la pénitence, un acte de contrition en général sur tous les péchés de la vie passée, notamment sur les péchés mortels, et d'ajouter à la fin de leur confession la déclaration d'un de ces péchés déjà confessés, en disant, par exemple : « Mon père, je m'accuse encore d'un péché de haine, ou de médisance, d'impureté, de sacrilège de ma vie passée, dont je me suis déjà confessé et que je déteste de nouveau. »
Que si ces personnes ont eu le bonheur de ne jamais commettre un seul péché mortel de toute leur vie, qu'elles fassent un acte de contrition sur quelque péché véniel en particulier, et qu'elles disent, par exemple, en terminant leur confession : « Mon père, je m'accuse de certains mensonges, ou de certaines colères, impatiences, vanités de ma vie passée, dont je me suis déjà confessée. »
Remarquez cependant que le parti le plus sur, lorsqu'on n'a à confesser que des péchés véniels, est de s'exciter à une douleur sincère sur quelques péchés véniels commis des plus notables, en formant le ferme propos d'être attentif à s'en amender.
Ces observations vous prémuniront contre le danger de confessions nulles et invalides.