‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 37 sur 152 · Voyez le Lexique à ce mot · texte numérisé non relu

Voyez le Lexique à ce mot

2. « bcclésiastiques. » {Note de La Bruyère, supprimée à partir de la 4* édition.) — Allusion aux Missions catholiques envoyées dans les provinces pour la conversion des protestants.

qu'ils n'ont pu faire, se comparer déjà aux Vincents et aux Xaviers S et se croire des hommes apostoliques : de si grands travaux et de si heureuses missions ne seroient pas à leur gré payés d'une abbaye.

[23] Tel tout d'un coup, et sans y avoir pensé la veille, prend du papier, une plume, dit en soi-même : « Je vais faire un livre, » sans autre talent pour écrire que le besoin qu'il a de cinquante pistoles. Je lui crie inutilement : (( Prenez une scie, Dioscore^ sciez, ou bien tournez, ou faites une jante de roue; vous aurez votre salaire*. » Il n'a point fait l'apprentissage de tous ces métiers. « Copiez donc, transcrivez, soyez au plus correcteur d'imprimerie, n'écrivez point. » 11 veut écrire et faire imprimer; et parce qu'on n'envoie pas à l'imprimeur un cahier blanc, il le barbouille de ce qui lui plaît : il écriroit volontiers que la Seine coule à Paris*, qu'il y a sept jours dans la semaine, ou que le temps est à la pluie ; et, comme ce discours n'est ni contre la religion ni contre TÉtat, et qu'il ne fera point d'autre désordre dans le public que de lui gâter le goût et l'accoutumer aux choses fades et insipides, il passe à l'examen*, il est imprimé, et à la honte du siècle, comme

i. Saint Vincent de Paul (1576-1660) fit de nombreuses conversions en France, et saint François Xavier (1506-1552) dans les Indes.

2. Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent. Ouvrier estimé dans un art nécessaire.

Qu'écrivain du commun et poète vulgaire.

(BoiLEAU, Art poétique, chant IV, vers 26-28.)

Voyez le chapitre des Ouvrages de Vesprit, n® 3.

3. Allusion, selon les clefs, à Gédéon Ponticr, auteur du Cabinet des grands, où on lisait, de Paris : « L'agréable fleuve de la Seine passe par le milieu et ne fait que serpenter à sa sortie, comme s'il avoit de la peine à le quitter. »

4. C'est-à-dire à l'examen de la censure, en vue de l'impression.

pour rhumiliation des bons auteurs, réimprimé. De même un homme dit en son cœur : <( Je prêcherai, » et il prêche: le voilà en chaire, sans autre talent ni vocation que le besoin d'un bénéfice ■.

[2A] Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, est déclamateur.

Il y a, au contraire, des hommes saints, et dont le seul caractère est eflicace pour la persuasion : ils paroissent, et tout un peuple qui doit les écouter est déjà ému et comme persuadé par leur présence ; le discours qu'ils vont prononcer fera le reste.

[25] L*. DE Meaux * et le P. Bourdaloue me rappellent Demosthene et Cicéron. Tous deux, maîtres dans l'éloquence de la chaire, ont eu le destin des grands modèles : l'un a fait de mauvais censeurs, l'autre de mauvais copistes*».

[26] L'éloquence de la chaire, en ce qui y entre d'humain et du talent de l'orateur, est cachée, connue de peu de personnes et d'une difficile exécution : quel art en ce genre pour plaire en persuadant! Il faut marcher par des chemins battus, dire ce qui a été dit et ce que l'on prévoit que vous allez dire. Les matières sont grandes, mais usées et triviales ; les principes sûrs, mais dont les auditeurs pénètrent les conclusions d'une seule vue. Il y entre des sujets qui sont sublimes, mais qui peut traiter le su-

■ Édition V.

^ Édition 4».

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