C'est plutôt caractères moraux, t)ÔixoI xaipaxTvip
3. Èthiqties. Par ce mot La Bruyère désigne sans doute les petits traités de morale d'Aristotc {Morale à Nicomaque, Morale à Eudème)^ quHl oppose aux grandes Morales, Le mot grec *H9txà est en réalité un titre commun à tous les traités de morale d*Aristote.
4. « Théophraste reproduit en partie, sous une forme plus élégante et plus vive, les ingénieuses analyses des vices et des travers du genre humain dont son maître A ristote avait rempli plusieurs livres de sa Morale. On reconnaît la manière d'Aristote, mais un peu agrandie et comme égayée
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Les excellentes définitions que l'on lit au commencement de chaque chapitre sont établies sur les idées et sur les principes de ce grand philosophe, et le fond des caractères qui y sont décrits est pris de la même source. 11 est vrai qu'il se les rend propres par l'étendue qu'il leur donne, et par la satire ingénieuse qu'il en tire contre les vices des Grecs, et surtout des Athéniens.
Ce livre ne peut guère passer que pour le commencement d'un plus long ouvrage que Théophraste avoit entrepris. Le projet de ce philosophe, comme vous le remarquerez dans sa préface, étoit de traiter de toutes les vertus et de tous les vices; et comme il assure lui-même dans cet endroit qu'il commence un si grand dessein à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, il y a apparence qu'une prompte mort l'empêcha de le conduire à sa perfection. J'avoue que Topinion commune a toujours été qu'il avoit poussé sa vie au delà de cent ans ', et saint Jérôme, dans
par les traits d*une imagination plus vive. C^est le même tour dans les définitions et dans ce qu*on pourrait appeler la mise en scène de chaque caractère, mais avec un coloris et un mouvement de style que se permet bien rarement Aristote. Ou croit voir un auteur déjà moins préoccupe d*observer que d'écrire, comme si Aristote lui eût épargné la peine d'analyser nos vices et nos travers, et ne lui eût laissé que le plaisir de les peindre. C'est bien là Timage riante et douce que les anciens nous ont tracée de Théophraste; c'est bien cette élégante distinction de Tatticisme qu'ils ont tant admirée. » (Egger, Histoire de la critique chez les Grecs, p. 193 et 231.)
1. Les chiffres indiqués ici par La Bruyère sont très-controversés; cette chronologie est presque impossible à établir rigoureusement ; on croit généralement que Théophraste n'a vécu que quatre-vingt-sept ans : il est né vers 374 et mort vers 287 avant J.-C. — On peut consulter sur Théophraste, outre ce Discours de La Bruyère, Fabricius, Bibliotheca grœca, t. ni, p. 408, édit. Harles; Rochefort, Observations sur les Caractères de Théophraste, dans les Mémoires de V Académie des inscriptions (t. XLVI) ; Stiévenart, Introduction à sa traduction nouvelle des Caractères de Théo-phraste; Léo Joubert, art. Théophraste dans la Biographie générale, etc.
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une lettre qa'il écrit à Népotiea, assure qu*il est mort à cent sept ans accomplis^ : de sorte qae je ne doute point qa*il n'y ait en une ancienne erreor, on dans les chiflires grecs qui ont ser\i de r^le à Di(^ne Laêrce*, qui ne le lait vivre que quatre-vingt-quinze années, ou dans les premiers manuscrits qui ont été faits de cet histraîen, s'il est vrai d'ailleurs que les quatre-vingt-dix-neuf ans que cet auteiu" se donne dans cette préface se lisent également dans quatre manuscrits de la bibliothèque Palatine, où l'on a aussi trouvé les cinq derniers chapitres des Caracttret de Théophraste qui manquoient aux anciennes impressions *, et où l'on a vu deux titres*, l'un : du Goâl quon a pour les vicieuxj et l'autre : du Gain sordidey qui sont seuls et dénués de leurs chapitres^.
Ainsi cet ouvrage n'est peut-être même qu'un simple fragment, mais cependant un reste précieux de l'antiquité, et un monument de la vivacité de l'esprit et du jugement ferme et solide de ce philosophe dans un âge si avancé '.
" « C*cBt là que Ton a trouvé les cinq deraiers chapitres... et que Ton a vu deux titres. » (Édit. l''-3'.)