‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 75 sur 152 · En grec : « le marchand, n · texte numérisé non relu

En grec : « le marchand, n

3. \\ y avoit des gens fainéants et désoccupés qui s*as8embloient dans leurs boutiques. {NoU df La Bruyère,)

4. Dans les éditions modernes de Théophraste, faites sur le manuscrit du Vatican, le chapitre de V Impudence se termine par des lignes que La Bruyère a traduites à la fin du chap. xix : u S*il est obligé d'accompagner sa mère, etc. » Le paragraphe que nous trouvons ici parait avoir fait partie d'un autre caractère : du gain sordide, lequel manque à la traduction de La Bruyère, mais qui se trouve dans toutes les éditions modernes. — C'est le chap. xw de la traduction de Stiévenart.

Si quelquefois il vend du vin, il le fait mêler ', pour ses amis comme pour les autres sans distinction. 11 ne permet pas à ses enfants d'aller à l'amphithéâtre avant que les jeux soient commeneés et lorsque Von paye pour être placé^ mais seulement sur la fin du spectacle et quand l'architecte * néglige les places et les donne pour rien. Étant envoyé avec quelques antres citoyens en ambassade, il laisse chez soi la somme que le public lui a donnée pour faire les frais de son voyage, et emprunte de l'argent de ses collègues ; sa coutume alors est de charger son valet de fardeaux au delà de ce qu'il en peut porter, et de lui retrancher cependant de son ordinaire; et comme il arrive souvent que Ton fait dans les villes des présents aux ambassadeurs, il demande sa part pour la vendre : « Vous m'achetez toujours, dit-il au jeune esclave qui le sert dans le bain, une mauvaise huile et qu'on ne peut supporter; » il se sert ensuite de l'huile d'un autre et épargne la sienne. 11 envie à ses propres valets qui le sutvent la plus petite pièce de monnoie qu'ils auront ramassée dans les rues, et i7 ne manque point d'en retenir sa part avec ce mot : Mercure est commun ^. Il fait pis : il distribue à ses domestiques leurs provisions dans une certaine mesure dont le fond, creux par-dessous, s'enfonce en dedans et s'élève comme en pyramide; et quand elle est pleine, il la rase lui-même avec le rouleau le plus près qu'il peut *... De même, s'il paye à quelqu'un trente

i. C*est-à-dire : il y fait mettre de Peau. Voyez le Lexique.

2. L'architecte qui avoit bâti Tamphithéâtre, et à qui la République donnoit le louage des places en payement. {Note de La Bruyère.)

3. Proverbe grec, qui revient à notre je retiens part. {Note de La Bruyère.)

4. Quelque chose manque ici dans le texte. {Note de La Bruyère.) — « Le manuscrit du Vatican... complète la phrase que La Bruyère n'a point

mines * qu'il lui doit, il fait si bien qu'il y manque quatre dragmes *, dont il profite. Mais dans ces grands repas où il taut traiter toute une tribu ^ il fait recueillir par ceux de ses domestiques qui ont soin de la table le reste des viandes qui ont été servies, pour lui en rendre compte * : il seroit fâché de leur laisser une rave à demi mangée.

[Xll], DU CONTRE-TEMPS.

Cette ignorance du temps et de l'occasion est une manière d'aborder les gens ou (Vagir avec euxy toujours incommode et embarrassante. Un importun est celui qui choisit le moment que son ami est accablé de ses propres affaires pour lui parler des siennes ; qui va souper chez sa maltresse le soir même qu'elle a la fièvre ; qui, voyant que quelqu'un vient d'être condamné en justice de payer pour un autre pour qui il s'est obligé, le prie néanmoins de répondre pour lui ; qui comparolt pour servir de témoin dans un procès que l'on vient de juger ; qui prend le temps des noces où il est invité pour se déchaîner contre les

traduite. Il en résulte le sens suivant : « H abuse de la complaisance de « ses amis pour se faire céder à bon marché des objets qu'il revend ensuite « avec profit. » (Schwoighaeuser.)

i. Mine se doit prendre ici pour une pièce de monnoie. {Note de La Bruyère.) — Ce n'était pas une pièce, mais une somme de monnaie équivalant à cent drachmes, et à 90 francs de notre monnaie,

2. Dragmes, petites pièces de monnoie, dont il en falloit cent à Athènes pour faire une mine. {Sote de la Bruyère.)

3. Athènes était partagée en plusieurs tribus. Voyez (ch. xiviu), le chapitre de la Médisance. Théophraste parle ici, non de tribu, mais do phratrie, c'est-à-dire d'une simple section de tribu. (iVote de la Bruyère.)

4. Le sens est : u Sur le service il demande une portion pour ses enfants. » ( Stlévenart.)

femmes; qui entraîne à la promenade des gens à peine arrivés d'un long voyage et qui n'aspirent qu'à se reposer; fort capable d'amener des marchands pour offrir d'une chose plus qu'elle ne vaut, après qu'elle est vendue; de se lever au milieu d'une assemblée pour reprendre un fait dès ses commencements, et en instruire à fond ceux qui en ont les oreilles rebattues et qui le savent mieux que lui ; souvent empressé pour engager dans une affaire des personnes qui, ne l'affectionnant point*, n'osent pourtant refuser d'y entrer. S'il arrive que quelqu'un dans la ville doive faire un festin après avoir sacrifié •, il va lui demander une portion des viandes qu'il a préparées^. Une autre fois, s'il voit qu'un maître châtie devant lui son esclave : « J'ai perdu, dit-il, un des miens dans une pareille occasion : je le fis fouetter, il se désespéra et s'alla pendre. » Enfin il n'est propre qu'à commettre de nouveau deux personnes qui veulent s'accommoder, s'ils l'ont fait arbitre de leur différend. C'est encore une action qui lui convient fort que d'aller prendre au milieu du repas, pour danser*, un homme qui est de sang-froid et qui n'a bu que modérément '.

i. Le sens est : « Ne se souciant point de cette affaire.

2. Les Grecs, le jour même qu'ils avoient sacrifié, ou soupoient avec leurs amis, ou leur onvoyoient à chacun une portion de la victime. C'étoit donc un contre-temps do demander sa part prématurément, et lorsque le festin étoit résolu, auquel on pouvoit môme être invité. {Note de la Bruyère,]

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