VII. — Pai.n bénit
Ce pain, qui a la forme de la parjnotle romaine, est rond, d’un diamètre de deux centimètres. Les pains sont réunis par groupes de sept, un au centre et six autour. Chacun porte une empreinte, qui varie ainsi : l’étoile, qui caractérise S. Nicolas ;le saint, nimbé, à micorps, tenant d’une main trois pains, posés un et deux, et de l’autre une branche de lis; le saint, représenté de même façon et accosté de ses initiales : S N; enfin, le même motif avec cet exergue : S NICOLAÜ TOL.
Le pain est bénit d’une manière privée à S. -Nicolas de Tolcntin, où on le distribue toute la matinée et solennellement à S. -Augustin, où la distribution aux fidèles suit la bénédiction.
1. L’église de Brou (Ain) «a été bâtie sous le vocable de S. Nicolas de Tolentin par Marguerite d'Autriche, fille de l’empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne et veuve de l’hilibert le Beau, duc de Savoie. Ses architectes furent le lyonnais Jean Perréal, dit Jehan de Paris (150ü-lol2), et le llamand van Boghem (1513-153G). .. La façade est décorée de statues et de statuettes, parmi lesquelles il faut signaler celles de S. André et S. Nicolas de Tolentin... Le jubé est orné de nombreuses statuettes; celles qui couronnent la galerie sont un Ecce homo, avec, à sa droite, S. Nicolas de Tolentin, Ste Monique et b. Antoine » {Ballet, mon., 1898, pp. 487-488).
T. XIV
Dans la journée du 10 septembre, le prieur du couvent de S.-Augustin est reçu en audience par le pape, à qui il remet des pains, bénits le matin même*.
On le garde précieusement dans les familles comme une sauvegarde et on le prend dévoiement, en cas de maladie, en invoquant S. Nicolas. Le Messager des fidèles, publié par les Bénédictins de Maredsous, 1887, p. 364, écrit : « Les petits pains bénits de S. Nicolas de Tolentino sont aussi en usage dans notre pays (la Belgique), notamment dans les Flandres. On les emploie contre la lièvre et contre les maladies du bétail. »
Le Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, 1807, p. 242, a édité, pour la première fois, le « Livre de notes de B. Cabrol, prêtre desservant la paroisse de Hiols » (1397-1620). Or il s’y trouve cette indication précieuse :
Benedictio punis SU Nicolay de Tolentino, gui est bon à toutes les maladies. — Faut prendre ung pain, ou bien une moitié et la faut bénir et en doner au malade, en quelle maladie que" ce soyt; ou bien sj une maison brulle, faut mettre un pain dans ce feu; ou bien sy l'on se trouve en naufrage de mer, jetter ce pain dans la mer, toujours en bonne dévotion.
Himnus. Te canunt omnes Nicolas gentes; Te pii patres simul atque maires, etc.
Oratio. Poslea aspergatur aqua benedicta et distribuât cantando liimnus • devole sancti Nicolay.
L’éditeur, M. Saliuc, ajoute en note : « Etant souffrant, la Vierge lui conseilla, pour le rétablissement de sa santé, d’envoyer demander à une femme fort charitable, voisine du monastère, un morceau de pain qu’elle avait fait cuire ce même jour, de le tremper dans un peu d’eau et d’en user eomme d’un souverain remède. Le saint le lit et, à l’heure même, il se trouva sans fièvre. C’est probablement à ce fait qu’est dû la vertu miraculeuse du pain de S. Nicolas ».
Le P. Jacques de la Porte, de l’ordre des Augustins, mort à Tournai en 1636, est auteur d’un livre assez rare, qui a pour titre : « Le Pain bény, à l’invocation du glorieux sainct Nicolas de Tollcntin, son institution, ses merveilleux elfecls eonlirmez par plusieurs histoires et le moyen d’en user. Avec l’abrégé Je la vie dudict sainct
L Mgr Ballandier, Annales Romaines, 1890, p. 1786. 2. Sic j)Our himnum ou himnos.
et quelques oraisons pieuses. Mis au jour par ordonnance du 11. P. Melcliior Reydais, docteur en la S. Tli. et provincial des Pères Augustins au Pays-Bas. A Douay, de Pimprimerie de Ballazar Bellère, au Compas d’or, 1647». L’ouvrage est dédié ((A Révérend et illustre Seigneur Monsieur Jacques Albert Roose, licencié ès loix, prévost de l’église collégiale de SainctBavon à Gand, protlionotairc apostolique et prévost de la noble et illustre confrérie de sainct Nicolas de Tollentin, canoniquement instituée au couvent de la ditte ville ».