‹ Œuvres complètesChapitre 179 sur 215 · Ibid., t. VIII · texte numérisé non relu

Ibid., t. VIII

(1res, « enleva l’ordure et la jeta dans les latrines de la maison. Cepondant le bon saint trépasse. On s’aperçoit que les rideaux et les draps. | ensanglantés rendent une odeur très suave. On fait conscience de les laver et on appelle les religieux pour leur faire remarquer celte merveille. | Le frère infirmier, sentant alors son irrévérence, descend promptement (| aux fosses immondes, trouve le bienheureux sang entier, vermeil, odorant, il le recueilleavec respect et le fait voir aux religieux et au peuple ». Voyez '\ l’abrégé de sa vie compilée par quatre théologiens et le père Ribadéneira ^ au 20 mars. Ce saint sang s’estconservé longtemps àSienne, oùl’on assure qu'il est encoie. 11 guérit les hémorro'ides et autres maladies de même nature (Collin de Plancy, 1, 14). |

S. Am.\>d. — L’Inventaire des reliques de l’abbaye de S. Amand en 1513 cite la chronique qui rapporte <{ue, lors de son élévation en 810, environ cent ans après sa mort, le sang coula de ses cheveux et de ses dents : « Anno 810, apud cœnobium Elnoncnse, S. Amandus aLothario, ejusdem ccclesiæ ædituo, elevatur, adepositione ejus anno circiter cenlesimo, cujus crines concisi et dentes forcipe exlracti sanguinem emittunt qui adliuc servabatur tempore nostri scriptoris Guisiani » {Rev. de l'art chrét., 1894, p. 322).

S. AiNDRii Aveli.i.n. — BenoîtXlV rapporte que, quatorze ans après sa mort, son sang était encore rouge et qu’il entra en ébullition à son anniversaire. Jean-Baptiste Pampbili, nonce à Naples et depuis pape sous le nom d’innocent X, le trouva solide et non effervescent.

Ctim très Sacræ Romanæ Auditorcs... in suam insererent relationem, sanguinem ejus post annos quatuordecim incorruptum ac rubicundum in ampulla permanere, quin et octavopost obitum die atque ilerum triennio post, nempe die 10 novembris 1611 anniversarioobitusetalias etiam liquescere et ebullire atque spumare visum fuisse..., negotium commiserunt Joanni Baptistæ Pamphilio, Neapoli tune Sedis apostolicæ uuntio, et postea ad summum pontificatum eveclo nomine Innocentii X, sanguinem custodiendi et an illo anno, récurrente obilus die rursus ebulliret observandi. Nuntius paruit et in epistola... dixit sanguinem ampulla contentum esse verum sanguinem, odorem habere et colorem sanguinis, durum tamen persistere, ut ipse eum tangens ferro aculeato deprehenderat; addidit se ampullara sub clavi tideliter custodivisse... nec ullam die anniversario beati in sanguine mutationem vidisse.

S. Antom.n. — Dans le IJreviarium Placentinum du xiv® siècle (Üreves, XXII, 40) :

Urceolum cum sanguine,

Caput abscissum corpore,

Saviiius, doclijs somnio, lavenit in puleolo.

Dura diicilur ad turaulura,

Conspicitur rairaculura,

GuUa profluxit sanguinis Ut daiet fîdera populis.

S. Baldéiuc. — « Flodoard raconte le miraclede sa translation dans son Histoire de l'Eglise de Reims : Lorsque les Normands commencèrent à ravager le royaume, les chanoines, effrayésà leur approche, tirèrent lecorps de leur patron du tombeau et le déposèrent sur l’autel de S. Laurent. Eu ce moment, il tomba de sa tête trois gouttes de sang, aussi chaudes ét aussi vermeilles que si elles fussent sorties d’un corps vivant » (Pagnon, Hist. de Montfaucon d'Argonne, p. 36).

S. Barthélemy, apôtre. — Le trait suivant est extrait par Collin de Plancy, t. I, p. 81, des Mh'acula Cæsarii, lib. YIII, cap. 40 ;

Une recluse des environs d’Aix-la-Chapelle, au xii« siècle, possédait une dent de S. Barthélemiet quelques autres reliques. Un prêtre, qui lui disait des messes, lui demanda cette dent qu’elle refusa. Eh bien! dit le prêtre, si vous ne m'en donnez au moins la moitié, je ne^viendrai plus vous voir. La recluse embarrassée hésita un moment entre cette menace et l’amour qu’elle portait à sa dent. Il paraît qu’elle n’aimait pas moins le prêtre, car elle finit par consentir à lui en donner la moitié. Mais le prêtre n’eut pas plutôt essayé de couper la dent avec son couteau qu’il en sortit du sang, comme si S. Barthélemi eût vécu encore dans sa dent. Le pauvre prêtre épouvanté laissa à la recluse son joyau entier et se contenta de le toucher quelquefois en venant lui dire la messe. Gésaire de Cîteaux assure qu’il a vu de ses yeux cette miraculeuse dent du saint apôtre écorché.

S. Benoit, abbé. — Les Nouvelles fleurs des Vies de Saints rapportent ce trait bien connu de la tentation vaincue par un acte héroïque :

Assuré de la vertu du ciel, il se dépouilla et entra dans un champ plein d’épines et de chardons, il se jeta dessus et s’ÿ roula jusqu’à ce qu’il eût tout lecorps si meurtri et déchiré qu’il seignoit de tous côtés. Ainsi il éteignit le feu et l’ardeur que Satan avait allumé dans ses membres par la violence de la douleur excessive. Dieu eut ce sacrifice si agréable que depuis, comme il le dit à ses disciples, il ne sentit aucune tentation de cette sorte.

L’histoire est ainsi devenue légende. S. François étant au Sacro

Speco de Subiac.o, cueillit une Heur de ces ronces, qui aussitôt se changèrent en rosiers, portant depuis lors des roses parsemées de tâches rougeâtres h

S. Brrtin. — Sa prose, dans le Mi'^sale Morinmse, du xvi® siècle, parmi scs miracles, indique le sang qui coule de son vêtement (Dreves, X, 145) ;

Surdiim, mutura, claudum sanat Et de veste sanguis manat.

Stc Catiirrine de Bologne. — Voir à Odeur.

Ste Claire DE Montefalco {Œuvr. compL, IX, 312-320).

Après que Ste Claire (ut morte, on voulut visiter son cœur, qui se trouva fendu en deu,x parties. On le montre ainsi fendu dans une petite châsse à Montefalco. D’abord il en sortit du sang très vermeil, que l’on conserve dans une fiole et que l’on vit bouillir à la naissance de l’hérésie de Calvin. Eièsuite on trouva dans ce cœur une croix et tous les instruments de la passion, qui semblaient sculptés en chair et qui avaient été rais là par un miracle de .Icsus-Christ (Collin de Plancy, 1, loi).

S. CoLMANN. Au commencement du xi® siècle, une bande de pèlerins passant par l’Autriche pour se rendre à Jérusalem, l’un d’entre eux, nommé Coiraann et qui se disait écossais, fut arrêté à cause de son extérieur sinistre. On soupçonna que ce pouvait être un agent des Esclavons, alors en guerre avec l’Empire et on le pendit comme un espion. Or c’était un saint. La potence où il était pendu prit racine et poussa de la verdure. La corde (pii l’étranglait se couvrit de feuillages. Cependant les chrétiens allemands furent assez endurcis pour laisser le saint au gibet pendant dix-huit mois. .Ses ongles et son poil poussaient, comme s’il eût été vivant et il rendait du sang quand on le saignait (Collin de Plancy, 1, 165).

B. Diego Joseph de Cadix, capucin, mort en 1801.

Lors de la reconnaissance juridique de ses ossements, en 1838, c’est-àdire 37 ans après sa mort, un sang frais et vermeil jaillit tout à coup de ses os et mouilla plusieurs linges. — 11 y a trois ans le même miracle se renouvela à Rome en présence de médecins, de professeurs et d’ecclésiastiques, et fit évanouir tous les doutes [Semaine du fidèle).

S. Eloi, évêque deNoyon. La reine Stc Batliilde baisaitson corps, en plein hiver, quand il sortit du nez une grande quantité de sang qui fut recueillie avec des linges.

1. « Tout auprès de la crypte, sur un terre-plein bien restreint, S. Benoît cultivait ces roses aux pétales blanches tachetées de rouge, dont on retrouve encore sur place quelques échantillons et qui ont conservé son nom «(Clausse, Les marbriers romains, p. 437).

Detecto ejus vultii, ciim muUis -lacrymis osculataest eum, ilernqne pec- (iis et manus ; hæc aulem dum sic palpat sacrum corpus, tametsi erat iiivernuin tempus et jamdiu illud tuissct exanime prorsusque frigidurn, copiosus sanguis ex ejus naribus manavit. Id ubi viderunt episcopi et regina chrislianissima, confestim admoverunt linlea, summo studio sanguinem colligentcs, eum pro magno munere in reliquiis servandura reposiluri (Surius, Vit. S. FJ.igii, t. VI, p. 26).

Ste Bathilde voulut transporter son corps à Paris ; mais à peine eut-on ouvert son tombeau qu’il se mit à saigner du nez. La reine fit recueillir ce sang dans des mouchoirs et laissa le corps du saint à Noyon, où il resta jusqu’en 1792 (Collin de Plancy, I, 274).

S. Etienne, diacre. Lors de son Invention, le corps fut lavé avec de l’eau qui se changea en sang. Ce fait, qui ne se trouve pas dans la Légende d'or, est reproduit deux fois par la liturgie, dans cette strophe d’une prose, qui existe dans un missel des frères prêcheurs de Toulouse, du xiv® siècle et dans un Bréviaire de Toulouse, imprimé à Paris en loo3 :

Abbas fundit fontis rorem, Infundenti dat cruorem

Corpus vero contra raorem Rubescente spongia.

Il sortit, dit-on, de ce dernier bras (à Besançon) une chopine de sang vermeil, quoique ce bras fut très sec, lorsque Chélidoine, évêque de Besançon, le cassa, ayant eu l'imprudence ou la malice de le laisser tomber à terre, devant une grande multitude de fidèles. On conserve précieusement ce sang saint qui fit beaucoup de miracles. On montre aussi à Besançon une fiole pleine du sang que versa S. Etienne lorsqu’on le lapida. — On a des bouteilles pleines du même sang dans beaucoup d’églises et principalement à Naples dans l’église de S. Gaudiose. Gaudiose l’apporta lui-même d’Afrique, ne sachant pas plus que les autres où il l’avait pris et ce sang, qui est congelé toute l’année, se liquéfie et devient frais pendant la messe que l’on célèbre le jour de l’invention du corps de S. Etienne. Mais ce miracle n’est pas rare à Naples, où le sang de S. Janvier fait mieux encore. — On voit aussi à Besançon la tunique que portait S. Etienne Ifl jour qu’il fut lapidé; elle est déchirée et sanglante. Il est malheureux que cette même tunique soit à Rome dans le Saint des Saints de S. Jean de Latran; elle est pareillement rompue par les cailloux et tigrée de taches de sang ^ ((Collin de Plancy, 1, 288-289).

Ste Eüphémie, vierge et martyre de Calcédoine, au iv® siècle. Son tombeau se mit à suer continuellement des gouttes de sang incorruptible et d’une odeur si agréable que toute l’église en était embaumée. L’empereur

1. Cette relique n’est pas mentionnée dans les catalogues de reliques du Latran que j'ai publics nu tome 1.

Maurice, qui doutait que ce sang fut naturel, voulut le voir de près et se mit en mesure pour n’être pas trompé. Il soupçonnait donc qu’il pouvait l’ëtre. On ajoute qu’il avoua que ce sang était un grand miracle. Mais les critiques prétendent qu’il vit mal ou qu’il ne prit que des précautions insuffisantes, car s’il est évident qu’on a trompé neuf fois dans ces sortes de choses, il est clair qu’on peut encore tromper une dixième fois. — Quand le très impie Constautin Copronyme se fut méchamment résolu à abolir le culte des reliques et des images, il témoigna le dessein de faire anéantir le corps de Ste Euphémie, que les fidèles adoraient avec plus de zèle qu’ils n’en montraient pour Dieu même. On lui objecta le saint sang qui sortait du tombeau; et comme il n’en tenait compte, le corps de la sainte jeta incontinent une huile de parfum, qui guérissait les malades et chassait les démons. Copronyme n’en eut pas moins la sacrilège audace de faire jeter le corps d’Euphémie dans la mer (Collin de Plancy, I, 296- 207).

Voir Du Gange. Cahier.

Fleury, dans son Histoire ecclésiastique, raconte la manière dont on retirait du tombeau de Ste Euphémie, pour l’offrir aux lidèles, le sang qui y coulait :

Dans l’église de Ste Euphémie, près de Calcédoine, était le tombeau de cette sainte. Quelquefois l’évêque de Constantinople y venait avec l’empereur, les magistrats et le peuple. Alors l’évêque entrait dans le sanctuaire et par une petite ouverture qui était au côté gauche du sépulcre, il y faisait entrer une baguette de fer avec une éponge qu’il retirait pleine de sang et le distribuait aux fidèles; en sorte que l’on en portait des gouttes par tout le monde (t. VI, llvr. 28, p. 273).

Ce trait expliquerait peut-être un tableau, peint sur bois à fond d’or et de style italien du xv® siècle, qui est au musée de Cluny, à Paris et que l’on a interprété dans le sens de la récolte de la manne de S. Nicolas : voir plus haut p. 73.

S. François d’Assise et le miracle des roses.

En traversant la sacristie de la basilique (de la Portioncule), puis une galerie couverte, on se rend au jardin des roses. Ce jardin occupe l’emplacement des buissons de ronces, où S. François se roula, durant une nuit d’hiver. Ou connaît le gracieux miracle et l’on sait que, maintenant encore, les rosiers, conservés religieusement en ce lieu, n’ont plus d’épines et que leurs feuilles sont tachetées de sang (La voix de S. Antoine, t. 11, p. 316).

Les rosiers de la Portioncule ont des feuilles qui, à chaque printemps, poussent encore teintes du sang du bienheureux. Les feuilles de ces rosiers en avalent été imprégnées un jour où le saint, en se roulant sur elles,

demandait à leurs épines de chasser une tentation {Bull, de la Soc. ardu de Tarn et Garonne, 1899, p. 77).

S. Françoisde Paule. — « On le voit en présence du roi de Naples, Ferdinand I, auquel il reproche ses exactions. Ce prince ayant voulu faire accepter une grosse somme d’argent au serviteur de Dieu, le saint prit une des pièces d’or qu’on lui présentait, la brisa et fit voir qu'il en coulait du sang, le sang des pauvres. Act. SS. April., t. I, pp. 204, 218 » (Cahier, Caract., p. 709).

Ce fait a été représenté deux fois à Rome dans les cloîtres des Minimes au xvii® siècle, par des peintures à fresque, ainsi expliquées par des inscriptions, k S. j^iidré delle fratfe se lit ce distique :

« Corda hoiiiinum latro fere semper sustulit aurum,

Francisci et manibus sanguine reddit ea »

A la Trinité du Mont: « Glorificavit eum in conspectu regum. Eccles. 95 » *.

S. François Xavier. — Une pieuse femme, voulant avoir de ses liques, seize mois après sa mort, mordit un de ses doigts de pied et aussitôt il en sortit du sang, comme le raconte sa bulle de canonisation :

Cura raulier quædam, alYectu devotionis incitata, specie osculanlis pedis, digitum ut ilium abscinderet morsu apprehendisset, statim sanguis effluxerat. Sed Altissimi benignitas non bis modo mirabilibus Sanctum suum in conspectu omnium populorum mirificaverat, sed omni tempore ingentia præstabat bénéficia bis qui ejus intercessionem tideliter implorabanf .

S. Georges. — La Revue de l'art chrétien, 1891, p. 210, rapporte, d’après Pachyinère, 11, 82, 6, qu’à Constantinople, au xii® siècle, « de nouveau le sang jaillissait abondamment de l’image de S. Georges dans la porte de Charisius ».

Un manuscrit du siècle dernier, publié par la Revue Poitevine, 1896, p, 275, et relatif à la ville de Chinon, raconte d’après « une tradition locale» un fait « attribué à l’an 1200, ce qui est une erreur

1. S. Antoine de Padoue disait d’une façon analogue: « O quoi induuntnr hodie panno intincto sudore et sanguine pauperis, quia induuntnr rapina, l'urto, usura, illicito lucro » {Serin, pro fer. V Dom. Il Quadrages .). « Vio-

lenta prædatio erit cum tumultu, scilicet pœnæ et vestimentum inistum sanguine erit cum sanguine in combustioneni et cibus ignis » {Ibid).

T. XIV

puisqu’à cette époque le château deChinon appartenait encore aux Anglais qui l'ont gardé jusqu’en 120o ».

Du temps de Philippe second, roy de France, il y eust un anglois, qui, en haine de ce que les francois faisoienl la garde du chasleau de Chinon, donna un coup de couteau ou d’espée contre l’image de Saint Georges, parce que, disoit-il, qu’il esloit de la nation des Anglois etqu’il les laissoit sans defïences; duquel coup il sorlist du sang, dont plusieurs furent estonnez.

S. Grat, évêque d’Aoste. — En 1390,1a princesse BonnedeBourbon, comtesse de Savoie, obtint de l’évêque d’Aoste une dent de S. Grat. La leçon du Bréviaire, au 27 mars, relate que le sang coula de la mâchoire; lo peuple jugea que S. Grat exprimait ainsi qu’il était « outragé » : « Ex cujus videlicet dentis, ut qui ibi tune aderant rnulti fide digni et videraut testati sunt, excerptione, nonnullæ processerunt sanguinis guttæ ».

Guy de Larun. Geoffroy du Vigeois, p. 289, rapporte que Guy de Larun, évêque de Limoges, étant mort, il fut enterré au monastère de S. -Etienne par les chanoines, « cum in ilia urbe nullius cadaver defuncti jacuerit ». L’abbé de S. -Augustin, appuyé par le comte de Poitou Guillaume IX, l’enleva peu après pour le transporter dans son église, « apud S. Augustinum recondit », mais une pierre ayant été lancée par un des spectateurs, elle atteignit la tête du cadavre, d’où sortit du sang, au grand étonnement de tous: « Uuus tamen de turba, lapide jacto, caput sacerdotis mortui percussit, unde sanguis non sine admiratioue multorum exivit ».

S. Grégoire. — M. Wickham Legg, dans un opuscule anglais sur le Pallium {The blessing of the épiscopal ornament called the pall, p. 134) rapporte la formule usitée à Rome, au xvii® siècle, pour la bénédiction des palliums. On y lit:

Secutis deinde temporibus Sanctorum Patrum, te. Domine, inspirante,

antiquissimæ mos Iransmissa vel tradila pleuitudinein pontificalis

Iribuerent poteslalis ac pro consecralionibus allarium basilicarumque per universum orbem terrarura pro devotione fldelium millerentiir. Curaque supra hoc a quibusdam minus credulis fuisset aliquando dubilalum, Sanctissimi, libi Domino Deo noslri (uostro?) grati, ponlifices Léo alque Gregorius, hujus sacræ Apostolicæ summæque Sedis a tedirecli pastores, coram universo populo qui adstabat pannos hujus modi pupugerunt, ex quibus vivus protinus sanguis, singulari duplicafo merito, te, Domine, opérante, protluxil.

Le P. de Bralion, qui rapporte ce texte dans son Pallium archiépiscopale, Paris, 1648, ajoute en marge:

Omissa sunt hicquædam verba, quibus, ut conjicio, notatur in originali anliqua missio palliorum, simul et pannonira sive velorum quorumdara quæ sumrai pontiflcescontactu primum sacrarum reliquiarum aliquomodo sanclificata railtere solebant loco ipsarum tidelibus qui ab ipsis aliquas reliquias petebanf, de qua consuetudine nienlio fit in vifa S. Leonis Magni et in vita S. Gregorii etiara raagni dicti.

Le mot qui manque dans l’original ne peut être que brandea, ou peut-être, en raison du culte, pignora et palrocinia, comme l’attestent les plus anciens documents. Mais l’oratorien fait ici erreur, car il confond dans la même destination les pallia ei les brandea. Ceuxlà étaient réservés comme insignes, tandis que ceux-ci se distribuaient aux fidèles et aux évêques qui, les considérant comme reliques, les employaient à la consécration des autels.

Leur sanctification venait du contact indirect avec le corps de S. Pierre dans sa confession du Vatican ; en preuve, il en jaillit du sang quand les papes les percèrent. On ne l’a jamais dit des palliums.

Le miracle se serait reproduit deux fois sous S. Léon et S. Grégoire, quoiqu’on ne mentionne généralement que ce dernier. Mais, à S. -Pierre du Vatican, où le fait se serait passé, on croyait à un double miracle, comme en témoigne Grimaldi , qui, dans le manuscrit de X Ambrosiana de Milan, pp. 2o7, 2o8, a deux chapitres ainsi intitulés: « Brandeum ad corpus B. Pétri positum a S. Leone papa primo incisum, ex ipsa incisione sanguis effluxit. — S. Gregorius brandei particulam, super a:ltare S. Pétri positam, cultello pupugit; decujus punctione sanguis protinus emanavit » (Muntz, les Sources de l'archéologie chrétienne, p. o3).

S. Grégoire le Grand raconte, dans sa lettre à Constantin, que S. Leon leGranddonna de semblables souvenirs (linges, brandea, de la confession de S. -Pierre) à un seigneur grec, qui se montra peu satisfait, parce qu’il n’avait pu obtenir des reliques plus insignes; alors le souverain pontife les découpa avec des ciseaux et il en sortit du sang rouge. Epist. 30, iib. IV. * Romanis consuetudo non est, quando sanctorum reliquias dant, ut quidquam tangere præsumant de corpore, sed tantummodo in pyxide brandeum mittituratquead sacratissima corporasinclorum ponitur'.Quod

l.Je crois plutôtqu’il s’agit de corporaux. considérés alors comme reliques, à l’instar de ceux envoyés par le même pape à la reine Tbéodelindc.

levatum in ecclesia quæ est dedicanda débita cura veneratione recondltur et tanfæ per hæc ibidem virtules fiunt ac si illuc specialiter eorura corpora deferantur. Unde contigit ut bealæ recordationis Leonis papæ temporibus, sicut a raajoribus Iraditur, dura quidam græci de talibus reliquiis dubitarent, prædictus pontifex hoc ipsum brandeum allatis foriicibus inciderit et ex ipsa incisione sanguis eflluxerit ».

Chose semblable arriva pour S. Grégoire, selon ce que dit Jean Diacre, son historien. Dans une autre occasion, il avait donné à certains ambassadeurs du nord une cassette de reliques scellée; ceux-ci, en s’en retournant, voulurent l’ouvrir et n’y trouvant que ces pallium revinrent à Rome pour obtenir d’autres reliques. Ils se présentent au pape qui célébrait la messe; en les apercevant, il leur demanda la cause de leur retour; il se fait apporter la cassette de l’autel, en tire les reliques, les déchire avec )in couteau et montre au peuple le sang qui en découlait. Ce fait est le sujet du tableau d’André Sacchi, qui est reproduit en mosaïque sur l’autel dédié à S. Grégoire dans la basilique Vaticane ‘ {Anal, juris pont., 18%, col. 500-501).

S. Honoré. — Marchand de bœufs, il fut assasiné par ses domestiques et canonisé par Eugène IV, en 14H.

«Près ïhénezay (Deux-Sèvres), Honoré, ayant soif, entra chez une paysanne solliciter un verre d’eau ; mais la bonne femme, occupée à pétrir sa pâte, venait de verser sa dernière provisionet ne put, en s’excusant, (ju’indiquer une fontaine proche où le saint se rendit, suivi de ses serviteurs. Pendant qu’il sedésaltérait, ceux-ci, trouvant le lieu désert et l’heure propice, lui tranchèrent la tête — Au moment où s’accomplissait le crime, la paysanne vit tout à coup sa pâte devetiir sanglante. Effrayée de ce prodige, elle se précipita au dehors en jetant des cris. Au loin, un cortège en larmes s’approchait. C’étaient descullivateursqui venaient de trouver et de reconnaître le corps de leur bienfaiteur et 1e transportaient à l’église de ïhénezay » {Le Pays Poitevin, 1899, p. 54).

S. Janvier. — Le miracle de S. Janvier est trop connu pour que je m’y arrête autrement (jue par cette citation de Benoît XIV, qui réfute longuement toutes les objections soulevées par les incrédules à ce sujet :

De sanguine S. Jànuarii, qui iiquefit et ehullit cumadcaput ejus admovclur. Ingens et verum miraculum est illud quod non unura aiit alterum

1. Voir aussi Collin de Plancy, I, 375, parlant ici des « linges qui avaient touché les corps saints ».

teslern habet, sed totara Italiam et (ut ita dicamus) toturn chrislianum orbem, sanguinis S. Januarii raartyris. Sub Diocletiano principe, Puleoiis in Gampania, S. Januarius, civitatis Beneventauæ episcopus, inarlyriuin passus est; ejusque corpore Neapolim deinde delato atcjue honorifice in Ecclesia tumulato, sanguis reposilus est in ampuila vilrea in qua adhuc servatur idemque adhuc raanet concretus ac durus; sed cum primum ad capul marlyris admoveretur, quasi exoptet eo recurrere unde fluxit illudque iterum animare feslinet, veluti moræ resurreclionis impatiens, protinus liqueficri, mox fluere et ebullire raaxima omnium admiralione conspicitur *.

S. Jean-Baptiste. — Benoît XIV alTimic l’exactitude du fait (De serv. Dei beatif.^ lib. IV, p. I, I, 31) :

Licelus, De secundo quæsitis per epistolas, cap. 46, miraculo adscribit quod in eadem urbe (Neapoli) sanguis concretus S. Joannis Baplislæ, qui in templo monialium quæ vulgo Donne Romite dicunlur,asservalur, liquéfiai si super altare exponatur et in eo raissa celebretur in honorem prædicti S. Joannis Baptistæ.

On expose à Naples une fiole pleine de sang de S. Jean-Baptiste. Ce sang est dur toute l’année; mais le 29 d’auguste, jour de la fête de la décollation du saint, son sang est liquide par toute la messe. Le miracle s’opère par le procédé qui fait bouillonner le sang de S. Janvier (Collin de Plancy, II, 19).

S. Je\nde la Croix, réformateur des Carmes Déchaussés, mort en 1591. Un an après qu’il fut enterré, on trouva son corps sans corruption, on le porta à Ségovie, où il doit être encore et où il se signala par des prodiges surprenants, que l’on appelait à Rome le miracle des miracles. On voyait par intervalles le corps de S. Jean tacheté de sang ou stigmatisé de diverses figures qui variaient aux yeux des speclaleurs.Les uns voyaient ou croyaient voir sur sa peau des crucifix, des colombes, des anges, des images de la Vierge, des portraits de saints ; et pendant que les uns voyaient tout cela, les autres ne voyaient rien. Les mêmes personnes ne voyaient plus les mêmes choses lorsqu’elles retournaient au corps du saint. Ce miracle cessa lorsqu’on voulut l’examiner de près (Collin de Plancy, H, 39).

SS. Marcellin et Pierre. — Eginliard a. raconté la translation de leurs corps en Allemagne, à Miclielstadt.

Voulant faire fabriquer une châsse plus digne de telles reliques, il or-

1. Joann. Stiltingus, Acta SS. Januarii episcopi, Sosii, Festi et Proculi diaconorum, Desiderii lect., Futychis tel Lutyclietis et Auctii martyrurn, Futeolis in Gampania Felice cornmentario et notationibus illustrata, Antuerpiæ, 1757. — Teoricade' Miracoli esposla con rnetodo dnnostrativa, seyuita da un discorso apologelico sul miracolo di S. Gennaro ; Napoli, 1839, iu-4.

donna à l'un des sacristains d’en prendre les mesures avec une baguette. Quelle fut sa surprise, lorsqu’on souleva le poêle qui couvrait le coffre de le trouver comme baigné d’une sueur de sang! (Rohault de Fleury, leS Saints de la Messe, IV, 38),

M.yrtyrs de Népi. — A Népi^ on fête le 17 juillet, les SS. trentehuit martyrs. La 6® leçon de leur office dit de leur translation (Anal, eccles., 1896, p. 170) :

Horum triginta et octo raartyrum corpora Sabinilla, pia matrona, aromatibus coudienda et in crypta prope murosurbis sepelienda cura vit ; quo in loco templo superextructo, raille et fere quingentis annis quieverunt. Contigit autem, Paulolll pontifice maxirao, ut Sabinillæ crypta seu cœraeterium, cura diu latuisset, lu lucem prodiret; ibique eadem sacra corpora juxta sepulcra SS. Ptolomei et Romani reperta sunt,quædam adhuc incorrupta et vulneribus recenti sanguine madentibus. Eo prodigio motus, pontifex raagnificentius templum intra Nepetara extrui jussit in honorera S. Ptolomei, ac postea, Pauli V auctoritate, una cura saucti episcopi exuviis, triginta et octo inartyrum corpora solemni ritu translata sunt et sub ara principe condita, ubi ad nostra usque terapora pia iidelium veneratione houorantur.

S. Maurice et sescompagnons. — Voir tome XIII, pp. 360 et suiv.

S. Modoald, évêque de Trêves. — Son corps ayant été volé, les habitants de cette ville retrouvèrent les voleurs à la trace du sang que les ossements avaient répandu sur le sol :

Simili enim cum illius extractis artubus, mirura dictu, sanguis copiosus erupit. Qui dura abunde tamquam de patent! vulnere proflueret... Cum plebs ad orandum cepisset ex more concurrere, animadverterunt ecclesiæ paviraentum largo perfusura sanguine... nec visus est labor dihicilis fugitives insequi, cum sanguis a direptis emanans ossibus nusquam locorum reos suos deseret (BoUandist., t. 111 raaii, p. 60).

Moïse. — La première des plaies d’Égypte est l’eau changée en sang et cessant d’être potable pendant sept jours:

Feceruntque Moyses et Aaron sicut præceperal ûominus et elevansvirgam, percussit aquam fluminis coram Pharaone et servis ejus, quæ versa est in sanguinem. Et pisces qui erant in ilumine mortui sunt ; computruitque flTtvius et non poterant Ægyptii bibere aquam fluminis et fuit sanguis in tota terra Ægypti. Feceruntque siraililer malefici Ægyptiorum incantationibus suis; et induralum est cor Pharaonis... Impletique sunt septeru dies, postquam percussit Dominus fluvium (Ezod., VII, 20-25).

S. Nicolas de Tolentin. — Voir plus haut, pp. 2.56, 266.

S. Pancr.vce. — Le Missel d’ütrecht, imprimé à Anvers, en 1540,

contient cette strophe (Dreves, ..Se^wen^. inédit., p. 198), relativement au chef de S. Pancrace, qui répandit du sang pendant l’incendie de la basilique de Latran, à Rome [Œuvres complètes, t. I, p. 41o, n“ 1^2); Collin de Flancy n’est pas exact sur la cause du prodige C

Per 1res aies in ardore Templum Romæ Lateranura

Stillat caput cum cruore, üum cremalur per profanum

Miranduni spectaculuin, Barbarorum populuna.

S. Pantalkon. — Son sang, qu’on expose à Rome, a la Chiesa nuova, pour sa fête, est encore liquide et vermeil, comme je l’ai constaté plusieurs fois.

Les légendaires racontent divers miracles qui eurent lieu au martyre de S. Panlaléon, On ne put le faire mourir qu’en lui coupant la tête et l’olivier auquel il était lié se chargea do fleurs et de fruits, aussitôt que le chef du saint tomba à terre, jetant du lait au lieu de sang. Néanmoins, il faut bien que ce saint ait saigné ailleurs, puisqu’on garde à Ravenneune fiole de son sang, qui est figé toute l’année, mais qui se liquéfie régulièrement le 27 de juillet, jour de la S. Pantaléon. On porte cette fiole en procession pour avoir la pluie, le beau temps et autres grâces. Ribadé-

neira, 27 juillet (Collin de Plancy,

Ste Patkice. — O [fie. ms. S.

ves, XXIY, 250, 251) :

l^. De sicco cujus corpore Vir Romanus intrepidus Dentem traxit cumrobore, Manavit sanguis limpidus; Quod vidit ut vir nobilis Cadit ad terram propere Ut lapis insensibilis Suo punitus scelere.

Integritati prisfinæ Vir seraivivus redditur,

Pro contrectata virgine Dolores mortis patitur.

Patriliæ, sæc. XV, à Naples (Dre-

Dum psallit chorus canticum, Clarumefïudit oleum,

Quod, est dictu mirifîcuni, Durum saxum marmoreum Uduxit instar rivuli,

Cum clarus liquor funditur, Secus structuram tumuli,

Cum sacer hymnus canitur.

S. Pierre Regalati. — Benoît XIV relate, d’après sa cause de canonisation, l’incorruption de son corps, sa bonne odeur et l’ellusion du sang :

1. .1 Celle des tôles de S. Pancrace que l’on montre dans l’église de S. -Jean de Latran saigna trois jours de suite, dans un temps où les hérétiques taisaient de grands maux à la religion (Collin de Plancy, II, 369).

Incorruptionis dotera odorisque fragrantiarn excedit sanguinfs quasi recentis ex eodein Regalati corpore effusio, post tara diuturni lemporis iiilervallum .

S, Quentin. --On montrait à S. Quentin, dans un reliquaire degrandprix» une grosse dent que l’on disait la principale de celles qu’Eloi tira du chef de notre saint. La mâchoire jeta un sang frais et vermeil, que l’on a conservé, et la dent répandit à l’instant une si grande clarté que toute l’église en fut éclairée, quoique ce fût au milieu delà nuit... L’église de S. Quentin célèbre toujours ce prodige et tâche de suppléer aumiraclequi ne s’est fait qu’unefois, par une immense quantité de cierges. Cette cérémonie, qui s’appelle Vallumerie, a lieu le 2 de janvier (Collin de Plancy, 11, 469)'.

S. Rjeule, premier évêque et patron de Sentis. — On ignore absolument son histoire, mais Ribadétieira le fait vivre au 1®" siècle. 11 raconte que des cerfs honoraient tous les ans son tombeau. 11 ajoute que lorsqu’on visita son corps, en 502, le roi Clovis voulut avoir une de ses dents ; qu’on arracha cette dent avec des tenailles; que les os desséchés du saint jetèrent beaucoup de sang ; qu’on mit ce sang dans une fiole d’argent, qui se baisait tous les ans avec dévotion le 25 d’avril... On visita en t793, la fiole qui contenait son sang miraculeux, on n’y trouva rien (Collin de Plancy, 111, 3l).

S. Révérend. — M. Bousrez, dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 18(i8, p. 30, signale ce fait delà dévotion populaire en Touraine : « Une fontaine, dont la source est dans le bourg même de Nouàtre, forme un dépôt rouge que la traditioti prétend être le sang de S. Révérend, vénéré dans la paroisse, où on l’invoque pour la guérison de la folie ».

S. Syre. — De S. Byro Januensi, hymne des laudes (Dreves, XXII, 2G4) :

Dum corpus ad basilicam Gestatur apostolicara. ..

Stillans Syri de naribus Sanguis, quem tersit nauclerus

1. Lorsque S. Eloi rechercha le corps de S. Quentin, les ouvriers avaient fouillé l’église sans rien trouver. « Alors Eloi quitta son marteau et s’étant armé d'un pic, il se mit à la clarté des lampes et des cierges à creuser la terre de ses propres mains... 11 ne tarda pas à mettre à nu la paroi latérale d’un sarcophage antique. Rempli de joie, il perça la pierre et, ayant fait une ouverture à la paroi, il s’en exhala un parfum si ex(|uis que toute l’église en fut embaumée et il en jaillit une lumière si resplendissante qu’Eloi pouvait à peine en soutenir l’éclat. . . Eloi baisa, en versant des larmes de joie, le corps sacré qu’il venait de retrouver, il mit à part quelques reliques qu’il se réservait. Il ôta des dents de la mâchoire et, en les tirant, il en vit sortir une goutte de sang » {Huit, de la Soc. arck. du Limousin, t. XLVI, p. 30).

Quidam devofe linteo,

Id servans magno studio.

Ratem portantem iinteum Rubraturn sacro sanguine Tempus reduxil piosperum Ad terræ lilus propriæ...

Navis accedit propius.

Clamabat lurba promptius :

Syrus mundabit protinus,

Malum nos artans nequius.

Nauta produxit Iinteum,

Cujus languentem populum Tactu sanavit, inclita Declarans Syri mérita.

H. Théophile de Cobte, mineur observantin, mourut en 1740 : deux jours après la mort, le sang sortit, vermeil et limpide, d’une saignée qu’on lui fit au bras [Anal.jur. pont., 1896, col. 406).

Ste Thérèse. — Les Carmélites de San Mateo in Aratri, sur une des collines qui entourent Florence, hors la Porte-Romaine, possèdent une ampoule de sang de leur séraphique Mère sainte Thérèse, toujours liquide et sans corruption (Sem. relig. de Poitiers).

S. Thomas, apôtre. — Saint Thomas laissa aux Indiens une croix blanche, qui a beaucoup de vertus. Chaque année, le jour de sa fête, elle changeait quatre fois de couleur, devenant jaune, puis noire, puis azurée, puis reprenant sa couleur blanche à la fin de la messe. A chaque couleur nouvelle que prenait cette croix, qui ne fait plus de si grandes choses, il en tombait des gouttes de sang que l’on avait soin de recueillir. Les années où ces miracles manquaientélaient très malheureuses pour le pays (Collin dePlancy, III, 157).

XXYI.— Stigmatisation.

1. Gomme le nom l’indique, la stigmatisation imprime sur les membres, aux pieds, aux mains et au côté, la trace des cinq plaies du Sauveur en croix. Le premier que Dieu honora ainsi, en mémoire de la Passion, fut S. Franvois d’Assise, en 1224, sur le mont Alverne. Benoît XI en fixa la fête au 17 septembre et Paul V l’étendit à toute l'Eglise. Elle se fait sous le rite double et est intitulée Impressio stigmatum S. Prancisci confessoris. L’office est propre et les trois leçons du second nocturne racontent le fait historique par

la plume de S. Bonaventure, qui affirme que la seule plaie du côté était saignante : « Dextrum quoque latus, quasi lanceæ transfixum, rubra cicatrice obductum crat; quod sæpe sanguinem sacrum elTundens, tunicam et femoralia respergebat ».

Ce sang a été recueilli et on le conserve, à Rome, dans la basilique Yaticane, à Ste-Marie au Translévère, à Ste-Cécile, aux SS. - Apôtres, à la Conception des Capucins, à Ste-Marie in ara cæü, aux Stigmates et à Castel Gandolfo {(/Ouvres, Yll, 582).

A Assise, à la Portioncule, on conserve la « corde à trois nœuds » de S. François. « On y distingue aisément des taches de sang, provenant apparemment de ses stigmates » (Voix de S. Antoine, t. 11,

Benoît XIV atteste, par le témoignage de plusieurs papes, que le^ plaies étaient encore saignantes après sa mort (De serv. Deibeatif., t. IV, p. 224).

S.Francisci de Assisio corpus diu post obitura integrurn inventum est, stans illæsum, oculis aperlis et vulneribus recenti sanguine raananlibus, uli habelur apud Wadinguin, ad ann. 1230, n. 4. Sancti corpus plures Romani Pontifices aspexerunf, Gregorius videlicet IX, innocenlius IV', Alexander IV'’, Cleraens IV'.NicoIaus IV et Xicolaus V. At, evecto ad summum pontilicatum SixIolV^, cum ipse Assisium se conlulisset ann. 1476, horlante S. Jacobo de Marchia, jussit cuniculum, per quem ad a'diculam subterraneam in qua Sancti corpus est, patebat accessus et scalam per quam erat descensus, denso aggere ex lapidibus et cæmentis compaclo rej)Ieri ; alque ila unicuique interdictum fuit prædictum sanctum corpus videre, quemadmodum fuse habetur in llisloria Conventus Assisiensis, scripta a fr. Francisco Maria Angelo a Rivotorto, tit. 42.

2. Le D‘‘ Imbert-Goubeyre, dans les Stigmatisés, a ajouté à la fin du tome II, pp. 2u3-309, la « liste historique des stigmatisés » L C’est la liste la plus complète (jui existe et elle compte 145 sujets, qui se répartissent ainsi : « 20 hommes et 125 femmes » ; 00 dominicains, 14 franciscains, 7 augustins, 7 carmélites, 5 cisterciennes, 2 tliéatins, 2 visilandines, 2 sœurs d’hôpital, une bénédictine, une béguine, une servite et un prémontré.

L'Italie, à elle seule, compte 74 stigmatisés et les plus célébrés ; l’Es-

1. La stigmatisation ne se produit pas toujours de la même façon : elle est perpétuelle ou temporaire, visible ou invisible, externe ou interne, saignante ou simplement couleur de sang.

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pagne, 19; la France, 16; l’Allemagne, 10; le Portugal, 8; la Belgique, 7 ; la Sicile et la Suisse, 4; Naples en a eu 7 ou 8 ; Valence en Espagne, 4; Florence, Foligno.Mantoue, 3, et Paris 2. 11 y a eu 12 stigmatisés qui ont vécu en état de mariage, sur lesquels un seul homme, le B. Robert de Malateste. .. . 35 stigmatisés ont été élevés aux honneurs des autels; en outre, la plupart sont morts en odeur de sainteté; la cause d’un grand nombrea été introduite à Rome pour labéatiticaiion ou se poursuit encore pp. 313-315)

L’auteur, dans un zèle pieux, a composé en laiu les « Litanies des stigmatisés », pp. 316-317, oubliant ces deux grands principes, que cette tonne de prière, tant qu’elle n'a pas reçu une approbation explicite, est condamnée par l’Eglise et que l’on ne peut mêler ensemble, dans une commune invocation, les Saints, les bienheureux et les t’é/iéra6/es, puisque les saints seuls onldroit au culte universel.

J’aimerais reproduire ici le travail si consciencieux du D'’ Imbert: sa longueur me force à n’en citer que de très courts extraits, supprimant les preuves et références, pour me contenter d’une simple nomenclature selon 1 ordre chronologique.

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