IX. — Tapisskhie de Yanines
M. Le Mené a pu])li(i, en 1882, dans le Congres archéologique de France, 48® session, p. 138 et suiv., un mémoire, lu au Congres de Vannes et intitulé; Tapisserie de S. Vincent Ferrier. Je crois utile de le reproduire ici presqu’enlièrement .
Mgr Jacques Martin de Belleassise, évêque de Vannes de 1600 à 1622, voulut enrichir sa cathédrale d’une tapisserie propre à ranimer le culte de Saint Vincent Ferrier, en faisant connaître davantage sa vie et ses
t. Cette locution correspond à riconographie, qui, au moyen âge, donnait au ciel l’aspect d’une forteresse, par exemple sur la mosaïque de l’arc triomphal de l'église Ste Fraxède à Home, au ix® siècle. Elle a été fréquemment employée par les hymnologues.
S. Mauront, Bree. Marchianen., xii® s. (Dreves, XllI, 201) :
« Per pietatis opem cœli pervenit ad arcem ».
Christ, Hymnûr. Severianus, xi®s. (Dreves, XIV, 55) :
« qui régit perfulgidos
In arce Patris ordines angelicos ».
Ibidem (XIV, 63) ;
« Ut frui tandem mereamur omnes Arce polorum ».
Ibid. (XIV, 96) :
« Quatenus sanctis sociemur astris Arce polorum ■>.
Ste Euphémie, Ibid. (XIV, 115) :
« Cœtus in arce poli sociam le diligitalmus ».
Ibid. (XIV, 124);
O His in neterna sociamur arce ».
Christ, Cod. Mellicen., xv' s. (XV, 167) ;
O Qui in cœli sedes ai’ce ».
Epitaphe d’Elisabelh de Ventadour, 1278 (Bull, de la Soc. arch. du Limousin, XI, 305) :
« Illorum precibus ponatur in arce beata ».
2. Le soir de la vie est rappelé ici à cause de l’heure de vêpres.
miracles . Il fit donc broder en lülo, à Aubusson peul-êlre deux grandes tapisseries, longues de 14 mèires chacune, larges de 1™ qq et renfermant chacune sept tableaux, ce qui fait un total de quato’rze tableaux sur une longueur de 28 mètres...
il paraît que ces tapisseries furent assez malmenées au commencement, car dès 1626, il fallut leur faire des réparations. Nous lisons, en effet, dans les comptes de M. Audic, chanoine et procureur de la falrique, ce passage significatif : « Poié à Jean Blouel, tapissier, pour avoir raccommodé et rehaussé de couleurs la grande et haute tapisserie du chœur, donnée à l’église par feu de bonne mémoire Monsieur de Martin, évesque de Vanne.s; et mesme pour avoir raccommodé la tapisserie des hautes chaires donnée par le mesme, où est représentée l’histoire de Saint Vincent Ferrier.. . suivant le marché du 11 décembre 1626».
L’inventaire du 30 juin 1646 mentionne ces tapi.sseries comme il suit e Six pièces de tapisserye qui se mettent à l’entour du grand autel, au dedans du cœur, données par feu M. de Belleassise, vivant évesque de Vannes... Item la tapisserye, où sont les miracles de Saint Vincent, qui se met au dedans du cœur ou sous les chaires, donnée par feu M. de Belleassise... t
Enfin l’inventaire dressé en 1790 cite « deux pièces de tapisserie, représentant l’histoire de saint Vincent Ferrier ». Ces tissus n’ont été ni détruits ni égarés pendant la Révolution; ils ont été exposés à la cathédrale, dans la chapelle de saint Vincent, à son jour de fête, juscjue vers 1860, où leur état délabré les a fait mettre de côté. Depuis, ils ont figuré au Musée archéologique, dans la Tour du Connétable; mais riiumidité les en a fait retirer en 1880.
Maintenant que nous connaissons l’histoire de la tapisserie de saint Vincent Ferrier, voyons-en la description.
La première partie, malheureusement la plus endommagée, coupée aujourd’hui en trois morceaux, comprend sept tableaux, dont six sont tirés de la vie du 'aint.
Le premier tableau porte l’inscription suivante :
HONORÉ 3« APPROVVANT l/OUDRE DES lACORlNS LEUR DONNE SA BÉNÉDICTION, t.AN DE ORAGE 1210 ^
On y voit le pape debout sur son trône, revêtu de la chape, couronné de la tiare, tenant à la main gauche une croix à trois branches et bénissant de la main droite; autour de lui sont des cardinaux et des évêques, et à ses pieds trois frères prêcheurs ou dominicains agenouillés. Celte approbation eut lieu cinq ans avant la mort de saint Dominique.
Le second tableau porte la légende qui suit :