LE PIQUE-BOEUF
M. Brisson est le premier qui ait décrit et fait connaître ce petit oiseau, envoyé du Sénégal par M. Adanson. Il a environ quatorze pouces de vol et n'est guère plus gros qu'une alouette huppée : son plumage n'a rien de distingué; en général, le gris brun domine sur la partie supérieure du corps, et le gris jaunâtre sur la partie inférieure. Le bec n'est pas d'une couleur constante, dans quelques individus; il est tout brun, dans d'autres: rougeà la pointe et jaune à la base; clans tous, il est de forme presque quadrangulaire, et ses deux pièces sont renflées par le bout en sens contraire. La queue est étagée et on y remarque une petite singularité, c'est que les douze pennes dont elle est composée sont toutes fort pointues. Enfin, pour ne rien oublier de ce que la figure ne peut dire aux yeux, la première phalange du doigt extérieur est étroitement unie avec celle du doigt du milieu.
Cet oiseau est très-friand de certains vers ou larves d'insectes qui éclosent sous l'épiderme des bœufs et y vivent jusqu'à leur métamorphose : il a l'habitude de se poser sur le dos de ces animaux et de leur entamer le cuir à coups de bec pour en tirer ces vers ; c'est de là que lui vient son nom de pique-bœuf a.
lerat, correspondant de ce même Cabinet. Il serait à souhaiter que tous les correspondants eussent le. même zèle et le même goût pour l'histoire naturelle que M- Sonneiat, et que celui-ci, renchérissant encore sur lui-même, se mit en état de joindre à la peau de chaque animal une notice exacte de ses habitudes et de ses mœurs. a. Voyez l'Ornithologie de M. Biisson, t. II , p. 436. 11 le nomme en latin buphagus.
* Buphaga africana (Linn. ). — Ordre id. , famille des Conirostres , genre Pique-Bctufs ICuvier).
mm
vllmm