‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 14 sur 459 · L'ÉTOURNEAU · texte numérisé non relu

L'ÉTOURNEAU

l'ordinaire, les cœcums fort petits, et plus près de l'anus qu'ils ne sont ordinairement dans les oiseaux.

En disséquant un jeune étourneau de ceux qui avaient été élevés chez moi, j'ai remarqué que les matières contenues dans le gésier et les intestins étaient absolument noires, quoique cet oiseau eût été nourri uniquement avec de la mie de pain et du lait : cela suppose une grande abondance de bile noire, et rend en même temps raison de l'amertume de la chair de ces oiseaux, et de l'usage qu'on a fait de leurs excréments dans les cosmétiques.

Un étourneau peut apprendre à parler indifféremment français, allemand, latin, grec, etc. a, et à prononcer de suite des phrases un peu longues: son gosier souple se prête à toutes les inflexions, à tous les accents. Il articule franchement la lettre R6, et soutient très-bien son nom de sansonnet ou plutôt de chansonnet par la douceur de son ramage acquis, beaucoup plus agréable que son ramage naturel0.

Cet oiseau est fort répandu dans l'ancien continent : on le trouve en Suède, en Allemagne, en France, en Italie, dans l'île de Malte, au cap de Bonne-Espérance d, et partout à peu près le même; au lieu que les oiseaux d'Amérique auxquels on a donné le nom d'étourneaux forment des espèces assez multipliées, comme nous le verrons bientôt.

Variétés de l'étourneau. '

Quoique l'empreinte du moule primitif ait été assez ferme dans l'espèce de notre étourneau pour empêcher que ses races diverses, s'éloiguantà un certain point, formassent enfin des espèces distinctes et séparées, elle n'a pu cependant rendre absolument nulle la tendance perpétuelle qui porte la nature à la variété, tendance qui se manifeste ici d'une manière fort marquée, puisqu'on trouve des étourneaux noirs ( ce sont les jeunes ), d'autres tout blancs, d'autres blancs et noirs, enfin d'autres gris, c'est-à-dire, dont le noir s'est fondu dans le blanc.

Il faut remarquer que souvent on a trouvé ces variétés dans les nids des étourneaux ordinaires, en sorte qu'on ne peut les considérer que comme des variétés individuelles ou purement éphémères, que la nature semble

a. « Habebant et Cassares juvenes item sturnum, luscinias grœco atque latine- serruone dociles; praeterea méditantes in diem et assidue nova loquentes longiore etiam contextu. » Pline, lib. x, cap. xlii.

b. Scaliger, Exercit.

c. « Sturnus pisitat ore, isitat, pisistrat. » C'est ainsi que les Latins exprimaient le cri de l'étourneau. Voyez Autor Philomelœ, etc.

d. Voyez Kolbe, t. III, p. 159.

1. Les trois étourneaux , énumérés ici : le blanc , le noir et blanc et le gris cendré , ne sont en effet , que des variétés de l'étourneau commun.

L'ÊTOURNEAU. 2»

produire en se jouant sur la superficie, qu'elle anéantit à chaque génération pour les renouveler et les détruire encore, mais qui, ne pouvant ni se perpétuer, ni pénétrer jusqu'au type spécifique, ne peuvent conséquemment donner aucune atteinte à sa pureté, à son unité. Telles sont les variétés suivantes dont parlent les auteurs :

I. L'étourneau blanc (TYIdrovande" aux pieds couleur de chair et au bec jaune rougeàtre, tel qu'il est dans nos étourneaux devenus vieux. Aldrovande remarque que celui-ci avait été pris avec des étourneaux ordinaires, etRzaczynski assure que, dans un certain canton de la Pologne b, on voyait souvent sortir du même nid un élourneau noir et un blanc. Willughby parle aussi de deux étourneaux de cette dernière couleur, qu'il avait vus dans le Cumberland.

II. L'étourneau noir et blanc. Je rapporte à cette variété : 1° l'étourneau à tête blanche d'Aldrovande b : cet oiseau avait en effet la tète blanche , ainsi que le bec, le cou, tout le dessous du corps, les couvertures des ailes et les deux pennes extérieures de la queue; les autres pennes de la queue et toutes celles des ailes étaient comme dans l'étourneau ordinaire; le blanc de la tète était relevé par deux petites taches noires, situées au-dessus des yeux, et le blanc du dessous du corps était varié par de petites taches bleuâtres; 2° l'étourneau-pie de Schwenckfeld, qui avait le sommet de la tête, la moitié du bec du côté de la base, le cou, les pennes des ailes et de la queue noirs, et tout le reste blanc d ; 3° l'étourneau à tête noire, vu par AYillughby", ayant tout le reste du corps blanc.

III. L'étourneau gris-cendré d'Aldrovande I. Cet auteur est le seul qui en ait vu de cette couleur, laquelle n'est autre chose, comme nous l'avons dit, que le blanc fondu avec le noir. On conçoit aisément combien ces variétés peuvent être multipliées, soit par les différentes distributions du noir et du blanc, soit par les différentes nuances de gris, résultant des différentes proportions de ces couleurs fondues ensemble.

a. Tome II, pa:e G3I.

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